vendredi 2 décembre 2016

Hayya Inghamis-Les inghimasiyyi de l'EI au combat

Hayya Inghamis1-Les inghimasiyyi de l'EI au combat


Comme le rappelle un récent article de Bellingcat2, le concept d'inghimasi renvoie à un combattant armé, muni d'une ceinture d'explosifs : il utilise d'abord ses armes avant de se faire sauter au besoin, s'il est à court de munitions ou dans l'impossibilité d'échapper à l'adversaire. Les inghimasiyyi sont, pour l'EI, des troupes de choc, destinées à percer les lignes adversaires pour les combattants intervenant derrière eux. Ils sont libres de revenir sans s'être fait sauter, du moment que leur objectif a été atteint. Le nom précède le conflit syrien mais a été popularisé par les groupes djihadistes nés durant le conflit, d'abord le front al-Nosra et d'autres, qui les utilisent encore, puis par l'EI, qui a récupéré le terme. L'étymologie du mot souligne que l'objectif de ce combattant est de pénétrer les lignes ennemies pour causer le maximum de dommages. Au sein de l'EI, les inghimasiyyi sont une catégorie de combattants à part entière qui apparaissent d'ailleurs comme tels sur les documents administratifs. Les inghimasiyyi peuvent viser des objectifs civils, comme le font les deux assaillants de l'hôtel Corinthia à Tripoli en janvier 2015 ; ils peuvent agir par petits groupes pour infiltrer et détruire une position ennemie, comme c'est souvent le cas en Irak. Les assaillants du Bataclan, à Paris (novembre 2015) ou ceux de l'aéroport Atatürk d'Istanbul (juin 2016), bien que non qualifiés comme tels par l'EI, renvoient aussi à ce concept. Dans cet article, il sera davantage question de l'utilisation des inghimasiyyi sur le champ de bataille, en Syrie et en Irak. Depuis le début de l'année et l'établissement d'un questionnaire pour renseigner les vidéos militaires de l'EI, j'ai pu traiter 59 productions de l'organisation. Sur ces 59 vidéos, 11 font apparaître le terme inghimasiyyi pour désigner des groupes de combattants. Il est probable que d'autres vidéos montrent aussi des inghimasiyyi mais pour être pertinent, je me suis limité à ceux désignés par l'EI comme tel. Quel est l'emploi de ces troupes de choc en Syrie et en Irak dans les opérations militaires de l'EI ?






Cette vidéo a été mise en ligne le 26 janvier 2016, et montre des opérations se déroulant probablement début janvier ou un peu avant. Le groupe de combat de l'EI qui conduit l'attaque comprend au moins une dizaine d'hommes, avec 2 tireurs PK, 1 tireur RPG-7 portant en plus une AK-47, un tireur SVD. L'objectif de l'attaque est une caserne de l'armée irakienne, protégée par des postes avancés qui la surplombent sur les hauteurs avoisinantes. La caserne est pilonnée avec des mortiers moyens (82 mm), un mortier léger, un canon sans recul SPG-9 et un RPG-7. Elle recèle de nombreux véhicules : des Humvees, et au moins un char T-72 qu'on voit évoluer en dehors de la caserne, puis à l'intérieur de celle-ci. 2 inghimasiyyi interviennent durant l'assaut, qui a lieu à l'aube probablement, après le pilonnage : Abu Muslim Al Shami pénètre dans la caserne mais est tué par le tir du char T-72. Abu Qatada Al Issawi réussit quant à lui à se faire sauter à l'intérieur de la caserne et détruit un véhicule (peut-être le char T-72). La caserne est ensuite mitraillée par une M2HB et une DSHK protégées derrière des sacs de sable. Pour ouvrir la voie au groupe de 7 à 8 fantassins, l'EI engage un bulldozer blindé qui manque d'être détruit par une chaîne d'IED disposée devant la caserne. En désespoir de cause, un VBIED piloté par un Irakien, Abu Sarat al Iraqi, est lancé contre la caserne (camion militaire avec blindage SLAT). Mais les images de positions conquises à la fin de la position ne collent pas avec la caserne vue précédemment ; l'EI n'a probablement pas emporté la position cette fois-là.






















Dans ce cas, les inghimasiyyi sont engagés dès le début de l'assaut, après le pilonnage initial. L'un d'entre eux est tué par un char mais l'autre actionne sa ceinture d'explosifs et détruit probablement un véhicule (le char T-72?) ou plusieurs. Le VBIED n'est engagé qu'ensuite, en dernier recours, le bulldozer blindé n'ayant pas réussi à dégager un passage pour les fantassins.




Cette vidéo a été mise en ligne le 9 février 2016 et montre les opérations menées par l'EI devant Palmyre, alors défendue face au régime syrien. Une des séquences montre un assaut de l'EI sur une position du régime à al-Dawah, à 5 km à l'ouest de Palmyre. Les positions défensives de départ des combattants de l'EI sont aménagées avec des levées de terre érigées par plusieurs bulldozers pour une meilleure protection. Un char T-55 et un char T-72 stationnent dans ces positions. Une partie des inghimasiyyi embarque dans un véhicule blindé BMP-1 détourellé et muni de blindage SLAT sur l'avant et sur les côtés. Le char T-72 est en avant pour l'assaut : il tire avec son canon et sa mitrailleuse coaxiale sur les deux positions du régime visées par l'attaque. Les inghimasiyyi suivent dans le BMP-1 et en pick-up, débarquent et grimpent l'éminence menant à la première position (on remarque que l'un d'entre eux porte 2 AK-47). Le groupe d'assaut comprend au moins 2 mitrailleurs PK et un tireur d'élite sur Steyr SSG 69. Un Toyota Land Cruiser avec bitube ZU-23 appuie la progression vers la deuxième position du régime. Parvenus sous les sacs de sable de cette position, les inghimasiyyi échangent des jets de grenades et des tirs d'armes individuelles avec les défenseurs, qui demandent un appui d'artillerie (mortiers) dont les obus tombent tout autour des combattants de l'EI. Pris sous un tir de flanc, les inghimasiyyi pénètrent finalement dans la position, utilisant des tirs de RPG-7 pour se couvrir, soutenus à distance par un ou deux mitrailleurs PK.



















































Ici, les inghimasiyyi sont utilisés pour un assaut mécanisé/motorisé assez conventionnel, suivant le char T-72 qui ouvre la voie, appuyé par un technical. L'armement à leur disposition est assez conséquent, avec plusieurs tireurs PK, un tireur RPG-7 et un sniper équipé d'un Steyr SSG 69, arme plutôt rare chez les tireurs d'élite de l'EI. La vidéo montre ici un combat rapproché avec les combattants du régime syrien.




Cette vidéo a été mise en ligne le 9 février 2016 et évoque probablement des opérations du début de l'année. L'attaque de l'EI a lieu dans les environs du barrage de Samarra. Le groupe d'assaut est assez nombreux : au moins une vingtaine d'hommes, dont un tireur PK avec arme individuelle de même qu'un tireur RPG-7. La position visée est pilonnée au mortier moyen et au mortier lourd. Un VBIED piloté par Abu Muwaiya Al Shami (Syrien), un Humvee renforcé de plaques de blindage, se jette sur la position : il est couvert par un ZPU-2 monté sur Toyota Hilux, par une DSHK montée sur un autre véhicule identique, par une mitrailleuse Type 77/85 sur affût, par une KPV sur Toyota Hilux protégée par un bouclier et par un bitube AA de 37 mm monté sur camion ainsi que par un mitrailleur PK. Après l'explosion du VBIED, les inghimasiyyi avancent appuyée par un monotube ZU-23 protégé par un bouclier sur Hilux. L'explosion du VBIED provoque la fuite des défenseurs : la position est prise, et les inghimasiyyi poursuivent à pied ou en pick-up les fuyards, rattrapés et achevés. Dans leur élan, les inghimasiyyi, appuyés aussi par un ZPU-2 monté sur Land Cruiser, enlèvent une autre position tenue par des miliciens du Badr.



























L'assaut prend ici une forme classique : après le pilonnage initial, le VBIED se jette sur la position ennemie et son explosion provoque la débandade des défenseurs. Les inghimasiyyi, toujours ici très bien armés, n'ont qu'à poursuivre et exécuter les fuyards. Leur puissance de feu combinée à celle des technicals permet de prendre la deuxième position face à des miliciens chiites.




La vidéo a été mise en ligne le 26 février 2016 et montre les opérations de la première quinzaine du mois dans les monts Makhoul, au nord-est de Baiji. Les positions adverses sont pilonnées au mortier moyen et lourd, avec un char T-55, un canon D-30 monté sur camion, un LRM Type 63 sur Hilux et des roquettes artisanales. Pour ouvrir la voie aux VBIED, l'EI engage un bulldozer blindé conduit par 2 inghimasiyyi, Abu Ahmad Al Maqrebi et Abu Yassir Al Hindi. Le groupe de combat couvre l'approche du premier VBIED, piloté par Abu A'az Al Jazrawi (Saoudien) avec des tirs de RPG-7 (le groupe en a au moins 2). 2 autres VBIED suivent le premier, pilotés pari Qutaiba Al A'afr et Abu Adham Al Misri. Un MT-LB détourellé, avec blindage SLAT, et muni d'une KPV protégée par un bouclier, ouvre la voie. Le groupe monte à l'assaut au plus près avec AK-47, M-16, PK, RPG-7 et un tireur d'élite sur SVD Dragunov. La position finit par être abordée.



























Assaut classique ici : le pilonnage est suivi par la progression d'un bulldozer blindé, puis par une vague de 3 VBIED qui se font sauter les uns après les autres sur la même position adverse. Les inghimasiyyi, toujours lourdement armés (on note les 2 RPG-7), attaquent ensuite une position en surplomb qui domine la route où se sont engouffrés les VBIED.




Cette vidéo, mise en ligne début juin 2016, montre la prise par l'EI du village de Kafr Kalbin, le 27 mai. L'assaut, préparé sur vue satellite chargée sur une tablette, est lancé de nuit. Le groupe de combat entre dans le village et élimine la garnison des rebelles syriens dans une partie du village, s'emparant d'armes et de véhicules. Les positions rebelles restantes sont pilonnées par un canon sans recul M40 de 106 mm sur Safir, 2 ZU-23 sur Land Cruiser, des canons de l'enfer et une KPV sur véhicule. Un VBIED (4x4 blindé artisanalement) piloté par un Syrien ouvre la voie au groupe d'assaut. Les inghimasiyyi passent par des trous pratiqués dans les cloisons des habitations, mais sont aussi obligés d'évoluer dans les rues. Un ZU-23 sur Land Cruiser les soutient ; ils sont visés par un A-10. Les rebelles qui s'enfuient sont pris à partie par 2 tireurs PK et un tireur RPG-7 ; un sniper abat l'un des fuyards.





































Les inghimasiyyi sont ici engagés en combats de rue. L'assaut, au départ est nocturne, et couronné de succès. Pour le reste du combat urbain, la bataille prend un tour classique : un VBIED ouvre la voie, puis les inghimasiyyi s'engagent dans les rues en passant par les cloisons percées ou les rues directement. L'armement est toujours conséquent, à noter l'action du sniper sur les fuyards.




Cette vidéo de l'été 2016 montre des opérations de la wilayat Ninive. On peut voir un groupe de près de 15 combattants avec tireur SVD et un autre sur fusil de sniping lourd bricolé à partir d'un tube antiaérien ; des inghimasiyyi s'infiltrent en rampant dans les positions ennemies. L'assaut est lancé avec un Humvee embarquant une DSHK en tourelle et des fantassins. Un VBIED se jette sur les positions averses (pick-up surblindé avec SLAT à l'avant), couvert par 2 tireurs PK.
















Dans ce cas, l'infiltration des inghimasiyyi précède l'assaut : d'ailleurs il est probable que plusieurs ou tous se font sauter à l'intérieur des positions adverses. Le VBIED intervient seulement après.




La vidéo, mise en ligne le 4 juillet 2016, montre la capture par l'EI du champ gazier d'al-Shaer, au nord-ouest de Palmyre, début mai. L'assaut s'ouvre par un bombardement effectué par un canon D-30, un char T-55 avec blindage SLAT de tourelle et un char T-72. Un premier groupe de combat d'une quinzaine d'inghimasiyyi, avec tireur PK et pourvoyeur RPG-7, avance en colonne. Des KPV sur Hilux, un ZU-23 sur Land Cruiser et un ZPU-4 sur Land Cruiser appuient l'assaut. Un deuxième groupe d'inghimasiyyi (une douzaine d'hommes au moins, dont un avec RPG-7 à charge tandem) monte en ligne et court en colonne, couverts par les technicals, et précédés par un BMP-1.


























On retrouve ici un assaut mécanisé/motorisé, les inghimasiyyi intervenant après le barrage initial, puis une deuxième vague montant à l'assaut de nuit derrière un véhicule blindé BMP-1. Les groupes de combat sont assez étoffés (12-15 hommes) et supérieurs à la norme standard qui est plutôt de 8-10 hommes ; l'armement est toujours conséquent (RPG-7 avec charge tandem, etc).




Cette vidéo, publiée en août 2016, montre notamment les combats à la centrale thermique de Tishrin, à l'ouest de l'aéroport de Damas, début avril. L'attaque commence de nuit avec des tirs de technicals, dont un Hilux avec une mitrailleuse Type 77/85. A l'aube, un VBIED (BMP-1 détourellé) est jeté contre les positions du régime dans la centrale (Abu Umar ad-Dar'aoui, Syrien). Un ZU-23 sur Land Cruiser pilonne les positions du régime, puis les inghimasiyyi s'ébranlent, avec tireur RPG-7 et son pourvoyeur. Un KPV sur Hilux appuie également la progression. Le groupe de combat comprend un tireur PK et un autre avec RPK. Transportés au plus près par pick-up, les inghimasiyyi investissent la centrale.

































On a encore ici un assaut à l'aube, avec un schéma classique : le pilonnage initial est suivi par l'action de l'unique VBIED, les inghimasiyyi intervenant sans un second temps. Comme toujours l'effectif du groupe de combat est conséquent et l'armement aussi (PK, RPG-7, RPK cette fois).




Cette vidéo, mise en ligne fin août 2016, montre des opérations à l'est et au nord-est de Palmyre en juin-juillet. Une séquence montre un assaut des inghimasiyyi. Ceux-ci embarquent dans un BMP-1 : parmi eux un tireur PK et un tireur RPG-7, chacun avec une AK-47 en plus. La progression est couverte par un canon S-60 monté sur camion. Le BMP-1 s'arrête devant la levée de terre qui protège la position du régime attaquée ; les inghimasiyyi débarquent du BMP-1 et ouvrent le feu dans l'intérieur de la position. Un autre groupe a été débarqué par Toyota Hilux ensuite, probablement. La position est emportée, les fuyards du régime sont massacrés.
























Encore un assaut mécanisé, avec des inghimasiyyi embarqués à bord d'un BMP-1 ou transportés par pick-up et qui attaquent une petite position du régime. Le groupe de combat est toujours étoffé, on remarque comme de coutume que les porteurs d'armes collectives ont des armes individuelles en plus.




Cette vidéo, mise en ligne le 22 septembre 2016, montre des opérations du mois d'août ou du début du mois de septembre. Une des séquences montre l'assaut d'une position irakienne par des inghimasiyyi, ici qualifiés de « noirs ». L'assaut est conduit à bord de véhicules : Humvee avec DSHK en tourelle, M1117 renforcé de blindage SLAT. Le tireur à la M2HB du M1117 ouvre le feu sur la position irakienne, puis abat à l'AK-47 3 fuyards. Un autre inghimasi sort d'une trappe du véhicule et tire aussi à l'AK-47. Les 2 véhicules attaquent ensuite deux baraquements voisins : le Humvee débarque des inghimasiyyi qui investissent la première, tandis que le M1117 tourne en mitraillant autour de la deuxième, puis tire sur les fuyards de la première position.

































Assaut complètement mécanisé ici pour les inghimasiyyi : les 2 véhicules attaquent à distance de petites positions de l'armée irakienne, abattant les fuyards (le M1117 écrase aussi les corps), débarquant ponctuellement des combattants pour prendre telle ou telle position.




Cette vidéo, publiée le 12 octobre 2016, montre notamment l'assaut sur la position dite « brigade d'artillerie » au sud de l'aéroport militaire de Deir-es-Zor, le 17 septembre. L'attaque s'ouvre par un pilonnage : KPV sur Land Cruiser, char T-55, tourelle de BMP-1 montée sur l'arrière d'un Land Cruiser, ZPU-2 monté sur Land Cruiser, sniper avec fusil anti-matériel Zijiang M99, canon sans recul B10 de 82 mm, fusil de sniping lourd bricolé à partir d'un tube antiaérien. 2 ou 3 tireurs PK appuient la charge d'une dizaine d'inghimasiyyi courant dans le sillage d'un char T-72, et suivis par un pick-up surblindé avec plaques et blindage SLAT à l'avant, qui embarque une mitrailleuse PK. Les inghimasiyyi sont au contact rapproché une fois atteintes les levées de terre protégeant la position adverse, qui finit par être prise.




























Assaut très conventionnel, comme souvent autour de l'aéroport de Deir-es-Zor : il est d'ailleurs probable que d'autres vidéos de la wilayat al-Khayr montrent des inghimasiyyi au combat, même s'ils ne sont pas mentionnés explicitement. Il faut noter ici l'abondance des véhicules de soutien, et des moyens d'appui légers. Les inghimasiyyi, toujours nombreux dans le groupe de combat, s'élancent à la suite d'un char T-72 et sont suivis par un pick-up surblindé armé d'une mitrailleuse. C'est à eux que revient de prendre la position visée.


Conclusion


Les 11 exemples analysés montrent la diversité d'emploi des inghimasiyyi sur le champ de bataille et en même temps quelques tendances. Sur les 11 cas, on peut remarquer que les inghimasiyyi apparaissent 3 fois dans la wilayat Homs et 2 fois dans la wilayat Dijlah. Rien d'étonnant à cela : la wilayat Homs est celle où l'EI mène les combats les plus conventionnels, ou presque ; quant à la wilayat Dijlah, elle a un rôle stratégique puisqu'elle couvre l'approche sud de la ville de Mossoul, où la bataille fait rage depuis le 17 octobre dernier. Nous avons donc 8 wilayats représentées, 4 en Syrie et 4 en Irak, ce qui montre que l'emploi des inghimasiyyi n'est pas une spécificité locale ou régionale. L'utilisation des inghimasiyyi est variée : dans deux cas, ils sont envoyés en premier et actionnent leurs ceintures d'explosifs (Falloujah et Ninive). A quatre reprises, ils sont utilisés dans ce que l'on peut qualifier d'assaut « classique » de l'EI : un ou plusieurs VBIED se font exploser sur la position adverse pour ouvrir la voie, parfois précédés ou suivis d'un bulldozer blindé, puis les inghimasiyyi entrent en action. Dans les cinq cas restants, les inghimasiyyi sont employés de manière conventionnelle : ils servent d'infanterie d'accompagnement de choc à des chars et/ou des véhicules blindés, et à trois reprises (dont deux dans la seule wilayat Homs), ils constituent une infanterie mécanisée à bord de BMP-1 ou d'autres véhicules (Humvee renforcé de plaques de blindage-M1117 également « bricolé », avec blindage SLAT et camouflage, à Dijlah). Il n'y a donc pas de schéma d'emploi unique d'utilisation des inghimasiyyi mais plusieurs pratiques que l'on repère assez bien. Sur la forme prise par les inghimasiyyi, on note que leurs groupes de combat ont un effectif généralement supérieur à la moyenne (12-15 combattants au lieu des 7/8-10 habituels) et un armement plus étoffé ou avec des armes plus rares (Steyr SSG 69 à Homs ; RPG-7 nombreux, parfois avec charge tandem, etc). Les inghimasiyyi, comme on l'a vu, n'hésitent pas à mener des assauts nocturnes et à conduire des combats urbains. Au terme de cette étude, on ne peut constater que les inghimasiyyi sont une arme de choix dans l'arsenal de l'EI, au même titre que les VBIED.

Ci-dessous, le nasheed Hayya Inghamis qui m'a inspiré le titre de l'article.







1Du nom d'un nasheed de l'EI, souvent utilisé dans les vidéos militaires, et en particulier quand les inghimasiyyi entrent en action : https://www.youtube.com/watch?v=hao8dPSXHpE

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