mardi 9 août 2016

Mohamed-Reza DJALILI et Thierry KELLNER, L'Iran en 100 questions, En 100 questions, Paris, Tallandier, 2016, 383 p.

Autre volume de la collection "En 100 questions" de Tallandier sur l'Iran, écrit à 4 mains, celles de Mohammad-Reza Djahili et Thierry Kellner. J'étais plus que réservé sur le volume consacré à l'Etat Islamique par Mathieu Guidère. Ce volume-ci me semble de meilleure facture.

L'Iran fascine et inquiète, c'est ce que résume les deux auteurs dans l'introduction. Il fascine par son héritage historique et culturel, et il inquiète depuis 1979 et la révolution islamique. Régime mélangeant le politique et le religieux, la théocratie de Téhéran ne survit que par la fuite en avant, la contestation de l'ordre régional et international, la répression à l'intérieur.

Les 100 questions sont divisées en 8 thèmes. Le premier traite l'histoire du pays. Il y a des questions fort intéressantes, notamment sur les frontières du pays ou sa dénomination (de la Perse à l'Iran). De nombreuses questions sont consacrées à la révolution de 1979 et à ses suites.

Le deuxième thème aborde les questions sociales. Il y est question par exemple de la corruption ou de la place des femmes, de l'homosexualité ou du trafic de drogue. Intéressante aussi la question sur les réfugiés afghans en Iran (recrutés depuis quelques années pour se battre aux côtés du régime syrien) ou celle sur la diaspora iranienne.

La troisième partie renvoie au système politique. On y parle de la nature du pouvoir, du rôle du chef de l'Etat, du poids des Gardiens de la Révolution, du mouvement vert de 2009 ou du président Rohani.

Dans la quatrième partie, les auteurs traitent des questions culturelles. Il y est notamment question du succès du cinéma iranien, de l'évolution de la littérature persane, des grands mythes iraniens.

La cinquième partie évoque le religieux. On y parle de l'importance du chiisme, mais aussi des bahaïs, mouvement religieux totalement réprimé. Plus globalement il est aussi question de la place des minorités religieuses.

La sixième partie sur la géopolitique tourne beaucoup autour de la question du nucléaire. Il y est question des relations avec les nombreux acteurs : malheureusement on peut regretter qu'une ou deux questions ne soit pas spécifiquement dédié à l'implication dans le conflit syrien, certes évoqué au détour de la question 72, mais fondamental. Pour le reste par contre cette partie, assez fournie, est plutôt complète.

La septième partie traite des questions économiques. Outre le pétrole, on y fait le point sur ses ressources et sa situation actuelle et sur les problèmes écologiques.

La dernière partie rappelle les relations avec la France. Beaucoup de questions tournent évidemment autour des relations avec le dernier shah, l'accueil de Khomeyni en France et la perception de la révolution de 1979.

Au final, on se retrouve avec un ensemble assez complet, plutôt bien maîtrisé et à jour (les événements de 2015 et du début de 2016 sont évoqués dans nombre de questions). Point en plus par rapport au volume sur l'EI : une bibliographie indicative (dommage qu'elle ne soit pas classée par thèmes et commentée a minima) de 10 pages en fin de volume.

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