dimanche 28 août 2016

Eye in the Sky (2015) de Gavin Hood

Le colonel Katherine Powell (Helen Mirren) de l'armée britannique apprend qu'un de ses informateurs travaillant pour les gouvernement anglais et kenyan a été assassiné par les Shebab somaliens. Elle prépare une opération contre cette organisation et notamment contre un couple britannique faisant partie du groupe. L'opération pour les capturer et multinationale : un drone MQ-9 Reaper de surveillance et de frappe est piloté depuis le Nevada par le lieutenant Watts (Aaron Paul) ; des agents kenyans sont sur le terrain et observent la demeure qui est la cible de l'opération avec des drones miniatures (oiseau et insecte) ; les forces spéciales kenyanes sont à proximité prêtes à intervenir ; l'identification des suspects est effectué à Hawaï. L'opération est supervisée par le groupe dit Cobra au Royaume-Uni avec le général Benson (Alan Rickman), un ministre et le procureur général. Mais l'opération est remise en question quand les cibles changent de maison et se réfugient dans un quartier contrôlé par les Shebab à Nairobi, et préparent un attentat-suicide...

Eye in the Sky, qui propose une réflexion sur l'emploi des drones en situation de guerre, a été tourné en Afrique du Sud. C'est l'un des derniers films d'Alan Rickman, mort en janvier 2016. Les drones sont reconstituée par images de synthèse.






Le film s'inspire d'éléments réels : on reconnaît dans la citoyenne britannique membre d'al-Shabaab Samantha Lewthwaite. Plus subtil que Good Kill, Eye in the Sky met le spectateur devant le dilemme qui se pose aux militaires et aux hommes politiques : peut-on frapper des cibles importantes des organisations terroristes à distance, pour ici prévenir un attentat-suicide, tout en risquant de tuer des victimes innocentes ? Le réalisateur met en balance la frappe du missile Hellfire contre la vie d'une petite fille dont la maison a le malheur de se trouver à côté de celle où les kamikazes préparent leurs vestes-suicides avec leur artificier. Il montre les multiples allers-retours entre la chaîne de décision politique, qui hésite sur ce qu'il faut faire, et les militaires pressés de tirer un missile pour des raisons tactiques. Le tout non sans une pointe d'humour et d'ironie parfois macabre : le général anglais qui achète une poupée pour enfant avant de venir à la cellule Cobra, le ministre des Affaires Etrangères britannique contacté à Singapour et victime d'une intoxication alimentaire, parlant d'une frappe de drone sur le siège des toilettes... finalement, Gavin Hood, après avoir pesé le pour et le contre, laisse le spectateur se forger sa propre opinion sans trancher véritablement. Le film évoque certes la question des pertes provoquées par l'utilisation des drones, de la précision finalement tout relative des armes comme le Hellfire (il faut tenir compte de l'impact pour déterminer les pertes à proximité, ce que montre bien le film), mais par certains côtés, il relève aussi presque de la science-fiction (les drones miniaturisés ne sont pas encore d'un usage systématique ; l'identification faciale semble très perfectionnée). En outre les effets psychologiques des frappes de drones sur les civils ne sont pas abordés. Eye in the Sky est incontestablement meilleur que Good Kill, mais on peut probablement mieux faire : les drones attendent toujours leur film de référence...




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