jeudi 28 juillet 2016

Sébastien ALBERTELLI, Atlas de la France Libre, Paris, Autrement, 2010, 80 p.

Cet exemplaire de la collection Atlas/Mémoires des éditions Autrement est publié pour le 70ème anniversaire de l'appel du général De Gaulle. C'est d'ailleurs plus un ouvrage collectif qu'individuel comme en témoignent les remerciements en première page.

La préface est signée Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui souligne combien l'histoire de la France Libre, qui se déroule à l'échelle mondiale (d'où l'utilité d'un atlas), a rendu en quelque sorte sa place à la France tout en demeurant la grande oubliée face à la Résistance. Action militaire, action coloniale, action administrative, action diplomatique, action informative et clandestine sont pourtant à son actif. Jusqu'en juin 1943, date de sa disparition, elle a incarné une autre voie que celle de Vichy.

Sébastien Albertelli, auteur d'une thèse sur les services secrets de la France Libre, défend l'idée que la France Libre n'a pas été seulement l'épopée militaire dont les anciens se souviennent, mais bien une aventure politique. De Gaulle rejette l'ancien système de la IIIème République : les combats ne sont là que pour permettre à la France de retrouver un rôle politique. C'est chose en fait 1941-1942 quand De Gaulle annonce un régime républicain et démocratique, après la guerre, pour la France, ce qui était loin d'être évident au départ. Défense des intérêts nationaux et démocratie renouvelée sont le programme sur lequel De Gaulle se pose comme prétendant au pouvoir.

Les 4 parties de l'atlas soutiennent l'idée de l'auteur dans l'introduction : les deux premières sont consacrées à l'engagement et à la construction d'un Etat, mais l'auteur ne sous-estime pas la dimension militaire à laquelle sont consacrées les deux dernières parties (Combattre hors de France, combattre en métropole).

L'atlas reprend la forme connue désormais de la collection. Sébastien Albertelli ne cherche pas à renouveler l'histoire de la France Libre mais à la présenter sous un format différent. Dès la première partie, on voit l'utilité des cartes de l'ouvrage dans la remise en contexte, par exemple, de l'appel du 18 juin, ou dans le faible nombre de Français qui restent en Grande-Bretagne après l'armistice. Complété par des grands textes, des notices biographiques et une bibliographie sélective en annees, l'atlas sera très utile aux enseignants, aux chercheurs ou aux curieux de par sa dimension très pédagogique.

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