vendredi 8 janvier 2016

Mourir pour Assad 1/Harakat Hezbollah al-Nujaba

Harakat Hezbollah al-Nujaba (HHN), né en 2013, est l'un de ces groupes « paravents » mis en place par les « groupes spéciaux » iraniens en Irak (Asaib Ahl al-Haq surtout), pour fournir au régime syrien une infanterie en nombre suffisant. En effet, l'Iran estime, dans le cadre d'un conflit où le régime ne peut engager qu'une partie limitée de l'armée régulière (le reste étant peu sûr politiquement) et n'a qu'une base de recrutement limité, et face à un adversaire qui n'a rien d'une armée régulière, qu'un nombre de combattants suffisants et correctement encadrés peut faire pencher la balance. Les miliciens irakiens aident effectivement le régime à survivre en 2013-2014. Groupe essentiellement militaire, HHN se redéploie en Irak à partir de juin 2014 avec la mobilisation populaire lancée par les autorités religieuses chiites et le Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki, pour combattre ce qui devient alors l'Etat Islamique. Dirigé par le sheikh al-Kabi, issu du mouvement sadriste mais rallié au groupe spécial pro-iranien Asaib Ahl al-Haq, HHN utilise une rhétorique très violente contre ses adversaires, l'EI bien sûr, mais aussi les sunnites de manière plus générale. Au printemps 2015, profitant de la stabilisation en Irak, HHN retourne en Syrie. A l'été, il accélère sa campagne de recrutement pour ce théâtre d'opérations afin de sauver le régime syrien qui bénéficie en septembre de l'intervention russe. Depuis, HHN reste très présent en Syrie (notamment à Alep) mais combat également l'EI en Irak. Ce qui n'était qu'un groupe « paravent » d'Asaib Ahl al-Haq devient une milice puissante qui n'hésite pas à menacer l'Arabie Saoudite de représailles après l'exécution du sheikh chiite Nimr en janvier 2016 (et a peut-être mis ses menaces à exécution). HHN est un bon exemple à observer pour suivre la politique de l'Iran sur le théâtre irakien.




Historique


Harakat Hezbollah al-Nujaba fait partie de ces groupes paravents créés par des organisations irakiennes pro-iraniennes (les fameux groupes spéciaux, dont Asaib Ahl al-Haq et Kataib Hezbollah) pour fournir au régime syrien en difficulté, à partir du printemps 2013, des combattants professionnels encadrant des volontaires chiites irakiens1. L'accent est mis par ces groupes sur le volontariat de leurs membres, pour rassembler une communauté chiite irakienne désordonnée : les grands leaders religieux n'ont pas soutenu l'envoi de combattants en Syrie, qui est alors plutôt le fait de groupes parrainés ou très proches de l'Iran. Ce sont ces groupes comme Asaib Ahl al-Haq ou Kataib Hezbollah qui organisent le transfert de combattants de l'Irak à la Syrie. C'est seulement à partir de mars 2013 que ces groupes font la publicité de combattants tués en Syrie, notamment au moment des funérailles au retour des corps en Irak.

Logo d'Asaib Ahl al-Haq.


Harakat Hezbollah al-Nujaba (HHN) apparaît en juin 2013. Le mouvement naît avec les funérailles de 7 de ses combattants tombés en Syrie et enterrés dans la province irakienne de Maysan. Rapidement, HHN alimente d'autres milices paravents combattant également en Syrie2, comme Liwa Ammar ibn Yasir (LAY). Ce groupe crée sa première page Facebook le 27 mai 2013 et c'est l'une des premières milices chiites nées en Syrie qui combat en dehors de Damas, aux côtés du régime, à Alep. Cette milice a des liens étroits avec Asaib Ahl al-Haq et l'Iran. Bien que combattant à Alep, elle utilise l'argumentaire classique de défense du tombeau de Sayyida Zaynab à Damas. LAY se présente comme une composante d'HHN. LAY, comme HHN, semblent dès 2013 des paravents pour les groupes spéciaux iraniens Asaib Ahl al-Haq (AAH) et Kataib Hezbollah3. LAY est d'ailleurs dirigée par un des fondateurs d'AAH, le Sheikh Akram al-Ka’bi. HHN comprendrait également des hommes des Brigades du Jour Promis, le nouveau nom de l'Armée du Mahdi de Muqtda al-Sadr4. Même situation pour Liwa’a al-Imam al-Hasan al-Mujtaba, une autre milice née en septembre 2013 qui opère dans la banlieue de Damas et qui se rattache à HHN5. Cette milice chiite stationnée l'automne 2013 dans la Ghouta orientale et sur la route menant à l'aéroport de Damas, aurait également été créée par HHN6. A l'inverse, Liwa al-Hamad, une autre milice créée par HHN, reste relativement peu connue en 2013. Cette milice est née semble-t-il en juillet. Le peu de documents mis en ligne à son sujet montre des liens étroits avec AAH7.


Ronds rouges : présence d'HHN en 2013 ; ronds jaunes : en 2015.



En 2014, HHN se redéploie en Irak après la chute de Mossoul prise par l'EIIL au début du mois de juin. Le groupe se déplace ce mois-là à Samarra. Avec ce redéploiement, on constate d'ailleurs que les groupes spéciaux iraniens et leurs organisations « paravents » pour leur participation au conflit syrien du côté du régime sont de plus en plus imbriqués avec l'armée et les forces de sécurité irakiennes8. Akram al-Ka’bi, un ancien de l'Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr qu'il a quitté en 2004 pour rejoindre AAH quelques années plus tard, bâtit sa réputation en tant que commandant militaire, même si l'on peut se demander si la milice HHN lui permettrait de jouer un rôle au sein de la politique de la communauté chiite irakienne9. De fait, AAH a lancé sa branche militaire contre l'EIIL en Irak dès la seconde moitié de 2013 ; après la chute de la province d'Anbar en janvier 2014, le Premier Ministre Nouri al-Maliki se repose sur les milices chiites au lieu des forces armées en déshérence. Celles-ci reçoivent armes et équipement de l'armée irakienne ; celles qui sont en plus proches de l'Iran comme AAH obtiennent des acquistions supplémentaires de Téhéran10. HHN a déployé en Irak des drones Yasir fournis par les Iraniens11. Le mouvement a un discours très belliqueux en Irak et pas seulement contre l'Etat Islamique : son porte-parole menace le président du Kurdistan irakien, Barzani, accusé de collaborer avec l'EI et les baassistes12.

Al-Kabi à gauche, avec Qassem Soleimani à droite.
 
Rond rouge : présence d'HHN en 2014, ronds jaunes en 2015.

Début 2015, HHN s'impose comme une des milices chiites les plus puissantes en Irak. Ses combattants sont aussi bien payés que les hommes de l'armée irakienne et parfois mieux équipés, en raison des dons faits par l'armée et les forces de sécurité et de ce qui est fourni par l'Iran13. Avec la stabilisation de la situation en Irak, et alors que l'armée et les forces de sécurité partent à la reconquête de certaines positions au début de l'année 2015, les milices chiites se redéploient de nouveau en Syrie pour soutenir le régime. HHN est de retour dans le secteur d'Alep dès le mois de mars 201514. Dans une interview accordée à Al-Monitor ce même mois, le sheikh al-Kabi reconnaît que ses hommes sont encadrés par des conseillers iraniens et du Hezbollah et que des armes sont fournies par l'Iran. Il reconnaît aussi l'autorité du wyliat al-faqih et se réclame des enseignements de l'Ayatollah Mohammed Sadiq al-Sadr et de l'Ayatollah Ali Khamenei. Comme d'autres groupes pro-iraniens, al-Kabi loue le rôle de l'Iran dans la lutte contre l'EI mais critique violemment l'intervention américaine. La contradiction, difficile à surmonter pour al-Kabi, est que le mouvement sadriste veut placer Nadjaf comme centre chiite, alors que les Iraniens attribuent ce rôle à Qom. Kabi représente bien l'influence à laquelle l'Iran est parvenue en Irak : il combat aujourd'hui en Syrie non pas pour des motifs religieux ou nationalistes, mais comme tremplin de l'Iran. Ce dernier cherche à parrainer des groupes armés plus capables que les forces régulières de défendre le gouvernement et le pays contre les menaces comme l'EI. L'Iran espère évidemment ensuite récolter les bénéfices politiques de cette opération et se placer en position dominante en Irak15. HHN est essentiellement composé de militants irakiens mais la milice a ouvert ses rangs à des citoyens du Bahreïn ou du Koweït. Comme le fait remarquer un analyste, cette milice est plus spécialement dédiée à l'action militaire que d'autres, en raison de son caractère de paravent pour AAH depuis le départ. Elle est ainsi présente sur de nombreux fronts : elle participe à la reprise de Tikrit en attaquant au nord de la ville en mars 2015, elle est également installée devant Samarra en Irak et donc, aussi, en Syrie, aux côtés du régime16. En février 2015, HHN annonce ainsi la mort de 14 combattants lors d'une tentative pour dégager les enclaves chiites de Nubl et Zahra, dans la région d'Alep, assiégées par les rebelles syriens. En avril, al-Kabi reconnaît la mort de 126 hommes en Irak et en Syrie (38)17. A partir de juillet, HHN, de concert avec une autre milice chiite née en juin 2014, Kataib al-Imam Ali, accélère sa campagne de recrutement sur les réseaux sociaux pour la guerre en Syrie. HHN a été déployé pour tenter de reprendre la ville de Jisr al-Shughour, une localité de la province d'Idlib tombée entre les mains des rebelles en avril. HHN semble porter moins d'attention à ses 3 subdivisions de 2013 et opère davantage sous son propre étendard en soutien du régime syrien. Son commandant à Alep, Alaa al-Musawi, est tué à Alep le 19 septembre18. Le 26 août, la chaîne de télévision d'HHN annonce que ses hommes combattent dans les provinces de Hama, Alep, et Lattaquié ; le lendemain est également annoncée la mort de 5 combattants. L'engagement de cette milice chiite irakienne jusque dans la province de Lattaquié, bastion du régime, montre l'érosion des forces loyales à Bachar el-Assad. Ce renouveau de l'engagement des milices parrainées par l'Iran a pu se faire en concertation avec la Russie, qui intervient en septembre plus directement pour soutenir un régime à bout de souffle. Les combattants recrutés en juillet et en août ont subi un entraînement d'un mois en Iran ou au Liban. Il semblerait par ailleurs que les groupes spéciaux iraniens, les plus anciens historiquement, se réservent désormais davantage pour l'Irak (même si Kataib Hezbollah a fait la publicité d'un déploiement en Syrie en septembre-octobre) alors que les organisations « paravents » créées à cet effet dès 2013 s'impliquent davantage dans la mobilisation pour la Syrie, comme HHN19. En septembre 2015, HHN développe une campagne de recrutement pour la Syrie qui cible les chiites du Pakistan20. En octobre 2015, sur le front d'Alep, les combattants d'HHN reçoivent la visite de Qasseim Soleimani, le chef de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution iraniens, en pointe pour organiser et entraîner des milices chiites en Irak comme en Syrie21. Cette visite fait suite à un redéploiement des combattants d'HHN de la province de Lattaquié vers le sud-est d'Alep, en même temps que l'arrivée dans le même secteur d'un fort contingent du groupe spécial Kataib Hezbollah22. En novembre, al-Kabi en personne vient superviser l'opération visant à dégager les enclaves chiites de Fuaa et Kafriyah dans la province d'Idlib23.

Tir de missile antichar Metis, Syrie, sud d'Alep, image d'HHN, décembre 2015.


En janvier 2016, HNN menace l'Arabie Saoudite de représailles sur son sol après l'exécution du sheikh chiite Nimr. L'attaque à la roquette contre l'ambassade saoudienne en Irak est attribuée par certains à HNN. Le 7 janvier, HHN organise une manifestation en l'honneur du sheikh Nimr.


Propagande


HHN dispose d'un site Internet24, d'une page Facebook25 où sont publiés de nombreux documents (communiqués, photos, vidéos...), d'un compte Twitter26 et d'une chaîne Youtube27. Cette dernière n'est plus alimentée depuis 7 mois environ : à la place, c'est la chaîne Youtube de la chaîne satellite d'HHN qui a pris le relais28. D'autres chaînes Youtube associées relie aussi des vidéos sur HHN.

Un tour d'horizons des documents les plus récents (décembre 2015-janvier 2016) confirment les attendus par rapport à HHN que l'on a pu voir dans l'historique de la formation.

Le 7 janvier 2016, un chant interprété par deux membres de HHN, Mustafa Kanani et Mushtaq Zebra, permet de voir plusieurs véhicules de la police aux mains de la milice dont l'un modifié pour embarquer une mitrailleuse DSHK et une mitrailleuse PK simultanément. Le 6 janvier 2016, une vidéo montre le sheikh al-Kabi se rendant en pèlerinage à Nadjaf, lieu saint pour les chiites. La vidéo du 26 décembre 2015 montre al-Kabi au front parmi ses hommes et met aussi en avant les lieux saints du chiisme, dont Nadjaf. Le 24 décembre 2015, une vidéo montre al-Kabi en visite au QG de l'armée irakienne à Samarra, front sur lequel sa milice est présente. Le 5 décembre, un montage met en scène un chanteur de HHN, Ali Zohr, sur fond d'images rappelant la bataille de Kerbala, la mort d'Hussein et d'Abbas. Cette même exaltation se retrouve sur une autre vidéo du 28 novembre. Dans une autre vidéo postée le 1er décembre, al-Kabi prononce le sermon de la prière du vendredi devant ses hommes, quelque part en Syrie. Sermon très violent où il s'en prend en particulier aux sunnites.

Sur la page Facebook, HHN met parfois en ligne des cartes de ses opérations, comme celle du 4 janvier 2016 montrant le front près de Samarra, en Irak.


Les photos à thème militaire sont également nombreuses au vu de l'importante activité du groupe en Syrie comme en Irak. Le 5 janvier, une photo montre ainsi un groupe d'une dizaine d'hommes, dont deux ont un drapeau de la milice sur le dos, armés d'AK-47 et de RPG-7. Sur une autre photo postée le même jour, on voit un combattant sans visage tenir un M-16 à la main devant une mitrailleuse lourde M2HB de 12,7 mm. Les symboles chiites sont également très présents comme sur cette autre photo du 5 janvier où l'on aperçoit un drapeau avec la figure d'Abbas. Sur une autre photo on voit un milicien armé d'un fusil de sniper SVD Dragunov, portant sur la manche droite l'emblème de la milice. Le 18 décembre 2015, une photo montre le canon bitube de 23 mm monté sur M1117 que l'on voit régulièrement dans les vidéos du groupe (voir ci-dessous). Le 21 décembre, on peut voir le technical armé du même canon déjà observé en Syrie. Le 22 décembre, un cliché montre un lance-roquettes artisanal en train d'être approvisionné par un milicien. Le 23 décembre, une photo montre un combattant servant un lance-missiles antichar Metis. Un autre combattant pose à côté d'un cadavre de rebelle syrien. Sur une photo du 24 décembre, on voit un véhicule léger Safir armé d'un canon sans recul, probablement un B10 de 82 mm ou un M40 de 106 mm. Le même jour, des miliciens sont pris en photo en train de tendre un drapeau de la milice sur un char T-55 probablement fourni par le régime syrien. Un autre char T-55 du régime syrien est également visible sur une photo du 28 décembre. Dans une photo du 29 décembre, probablement prise en Irak, les combattants de HHN opèrent avec des Humvees de couleur sombre (police/forces spéciales irakiennes). Sur un cliché du 3 janvier, 15 hommes sont devant un char du régime syrien. Le même jour, un homme est pris en photo derrière un T-72, tenant une affiche où sont représentés de grands dignitaires chiites.

Devant un char du régime syrien : une quinzaine de miliciens.

Au fond, un T-72 fourni par le régime syrien.


M-16 à la main devant une M2HB.


Tireur SVD Dragunov.



Lance-roquettes artisanal.



Devant un char T-55 du régime syrien.





HHN met aussi en valeur ses morts avec ces images de funérailles régulièrement reprises, commele 5 janvier. Un des « martyrs » de la milice, Khaldoun Heydar Ahmed, est honoré par un poster mis en ligne le 26 décembre. Le 30 décembre, un défilé dans la rue, probablement en Irak, met en avant 5 « martyrs » dont les panneaux sont portés par des miliciens.



Khaldoun Heydar Ahmed, "martyr" de la milice.


Des panneaux pour les morts au combat.

La symbolique est également très importante : le drapeau du groupe est omniprésent, comme sur cette photo postée le 24 décembre. Le message de bonne année 2016 du groupe montre un combattant sans visage armé à la fois d'une AK-47 et d'un M-16. Le drapeau apparaît encore seul sur une photo du 2 janvier 2016 ou sur une autre du 3 janvier.






"Nous sommes l'armée d'Abbas". Poster d'HHN, décembre 2015.





L'image de bonne année d'HNN.



Les photos mettent également l'accent sur al-Kabi, le chef de HHN, comme le 6 janvier lorsqu'il est en visite à Nadjaf. Le 2 janvier 2016, une photo le présente avc l'emblème du groupe et une autre seul. Le 22 décembre, un montage l'associe à Mohammad Sadeq al-Sadr, le père de Moqtada al-Sadr, assassiné par Saddam Hussein en 1999 et figure du mouvement sadriste chiite. Le 24 décembre, on voit al-Kabi aux côtés notamment d'Abou Mahdi al-Muhandis, figure historique des groupes spéciaux iraniens en Irak, qui a dirigé Kataib Hezbollah et se trouve maintenant à la tête des fameux Comités de Mobilisation Populaire. Un autre poster du 25 décembre montre al-Kabi les mains jointes en prière et derrière lui, Qasseim Soleimani, le chef de la force al-Qods, dans la même posture. Soleimani apparaît d'ailleurs en photo, seul, le même jour.

Le sheikh al-Kabi, le chef de HHN.



Al-Kabi avec à droite le père de Moqtada al-Sadr.


Al-Kabi avec Qassem Soleimani.



Qassem Soleimani.


Ces derniers jours, HHN s'est beaucoup servi de la figure du sheikh Nimr, exécuté par l'Arabie Saoudite, exécution pour laquelle le groupe a appelé à des représailles contre l'Arabie Saoudite. Le sheikh apparaît sur un poster du 3 janvier.

Portrait du sheikh Nimr.





Manifestation en l'honneur du sheikh Nimr.






Opérations militaires, tactiques et équipement


HHN a une stratégie de communication sur ses opérations militaires. La propagande via la chaîne satellite s'est améliorée dans sa réalisation. On retrouve les caractéristiques traditionnelles des milices chiites : chants de guerre avec combattants et véhicules, exaltation des grandes figures comme Abbas et des grandes batailles comme Kerbala... HHN fait régulièrement du remploi d'images dans ces vidéos mais n'hésite pas, il faut le souligner, à montrer que ses combattants interviennent en dehors de Damas en Syrie pour la défense du sanctuaire de Zaynab. On peut également remarquer que les effectifs,à chaque fois, sont nombreux : plusieurs dizaines d'hommes au moins, parfois plus de 50. Cela s'explique facilement si l'on songe qu'HHN est issu d'AAH, groupe spécial iranien probablement le plus important avec l'organisation Badr ; le vivier de recrutement est donc consistant en Irak. Le groupe possède ses propres véhicules, parfois des technicals bricolés par lui, parfois récupérés sur les forces de sécurité irakienne, parfois prêtés par le régime syrien.

Un montage vidéo mis en ligne le 26 décembre 2015 par la chaîne TV de HHN montre la milice en opérations en Irak et en Syrie (les images souvent souvent mélangées). Des escouades opèrent avec l'armement individuel et collectif classique sur le théâtre : AK-47, mitrailleuses PK, lance-roquettes RPG-7. Les combattants de cette milice opèrent en formation plus nombreuses que d'autres : les images montrent souvent plusieurs dizaines d'hommes simultanément, soit au moins l'effectif d'une section. Comme souvent chez les miliciens chiites, de nombreux combattants arborent le fanion du groupe dans le dos. HHN dispose dans cette vidéo d'un véhicule blindé M1117 de la police fédérale armé d'un canon bitube ZU-23 de 23 mm protégé par un bouclier. On voit également un lance-roquettes IRAM monté sur pick-up à deux tubes faire feu. HHN utilise aussi un mortier de 82 mm et un autre de 120 mm. Un canon ZU-23 bitube est aussi monté à l'arrière d'un pick-up. Un autre de ces montages apparaît aussi avec un pick-up blindé de manière artisanale, comme a pu le faire la milice chiite Kataib Imam al-Ali (véhicule de couleur sombre). Un véhicule léger iranien Safir avec canon sans recul de 106 mm apparaît également dans la vidéo, ainsi qu'un autre équipé d'un canon sans recul B-10 de 82 mm. Les combattants utilisent aussi une DSHK de 12,7 mm sur affût au sol et une autre montée sur véhicule blindé Reva qui équipe la police fédérale irakienne (acheté à l'Irak auprès de l'Afrique du Sud). HHN a aussi un véhicule léger Safir armé d'un LRM Type 63 de 107 mm.



Tir au RPG-7

M1117 de la police irakienne repris par HNN, avec bitube ZU-23.




IRAM biube sur pick-up.


Mortiers.

Le sheikh al-Kabi sur le front, en Syrie.

Technical avec bitube ZU-23.

Images tournées en Syrie près d'Alep. On reconnaît l'IRAM.

Véhicule improvisé avec tourelle pour bitube ZU-23.


Véhicule iranien Safir avec canon sans recul de 106 mm.

Mitrailleuse DSHK sur affût.




Véhicule blindé Reva récupéré sur la police irakienne, armé d'une DSHK.

Safir avec LRM Type 63 de 107 mm.




Une autre vidéo publiée le même jour (26 décembre) mixe des images de combat tournées en Irak et en Syrie. On y aperçoit notamment un T-72 du régime syrien avec protection de grillage artisanal qui opère avec la milice. Al-Kabi fait embrasser par les miliciens le Coran et le porte à leur front, dans la tradition chiite. On voit aussi un véhicule blindé BMP-1 du régime opérant avec la milice. Un des hommes est équipé d'un Sayyad-2, copie iranienne d'un fusil de sniping lourd autrichien de 12,7 mm, le Hs. 50. HHN aligne aussi un technical avec un bitube AA KPV de 14,5 mm. On aperçoit également un char T-62 peut-être manoeuvré par les miliciens d'HHN. Il y a aussi un technical avec mitrailleuse DSHK et un autre char T-72 qui cette fois semble piloté par des hommes du régime syrien. A la fin de la vidéo, on retrouve les images irakiennes avec bitube ZU-23 sur technical ou M1117 et tir d'IRAM.

Char T-72 du régime syrien appuyant les miliciens d'HHN.


Les miliciens embrassent le Coran que tient al-Kabi.

BMP-1 du régime syrien.



Fusil de sniping lourd Sayyad-2 iranien, copie du Hs. 50 (12,7 mm).

Bitube KPV sur technical.



DSHK sur technical.



Le 22 décembre, un reportage avec correspondant de guerre conduit le spectateur dans les monts Makhoul, au nord-est de Baiji, en Irak, où HNN combat l'Etat Islamique. On retrouve le M1117 avec bitube ZU-23 affublé de symboles chiites dont un portrait d'Ali ou Abbas. Le 19 décembre, un autre reportage du même genre -essentiellement des interviews de combattants ou de commandants- a lieu dans la province d'Anbar. Le 13 décembre, un reporter nous emmène dans Baiji libérée par les milices chiites et l'armée irakienne.

Le 7 décembre, une vidéo présente les opérations d'HNN aux côtés du régime syrien dans la région d'Alep. Plusieurs dizaines d'hommes au moins sont transportés de nuit par camions et pick-up. Les miliciens sont appuyés par une colonne blindée du régime syrien : 3 chars T-72 et 3 BMP-1. Ils disposent quant à eux d'un technical avec DSHK, d'un autre avec canon bitube ZU-23, d'une batterie de mortiers et d'un pick-up montant un LRM Type 63 de 107 mm. Les miliciens précèdent les véhicules dans un village, avec leurs technicals. Il est clair qu'ils servent d'infanterie pour accompagner les chars et les véhicules blindés, le régime n'ayant visiblement pas d'autres hommes disponibles. Une fois le village nettoyé (on ne voit pas les combats ; un corps est visible seulement), les chars y entrent et ouvrent le feu sur l'objectif suivant. Quand une poche de résistance est rencontrée, les miliciens font venir leurs technicals. Ils ont également un mortier léger de 50 mm.



















Mortier léger.

Le 5 décembre, une vidéo montre les hommes de HHN en action dans le district industriel de Sheikh Najjar, au nord-est d'Alep. Les miliciens sont nombreux : au moins une cinquantaine. Ils ont avec eux le pick-up équipé d'une IRAM bitube. Là encore, ils servent d'infanterie pour les véhicules blindés syriens : 2 BMP-1, 2 chars T-72 (dont un avec protection de grillage artisanale) et un bulldozer blindé. Ils ont avec eux leur technical à ZU-23 bitube. Les miliciens gagnent leurs positions : ils doivent creuser un trou au marteau dans un mur clôturant une propriété agricole. Puis ils s'installent dans un bâtiment en passant par un trou dans le mur. La caméra s'attarde sur certains qui font leurs prières. Les miliciens ont avec eux en appui un char T-62 avec grillages de protection.

Les combattants d'HHN sont toujours très nombreux : plusieurs dizaines, parfois plus de 50.






Pour se frayer un chemin, les miliciens abattent un mur.


Et rentrent dans un bâtiment via un trou déjà fait.

La prière.



Le 2 décembre, une vidéo montre les miliciens après la libération d'Al-Hadher, une localité située à 35 km au sud-est d'Alep. On aperçoit dans la vidéo Qasseim Soleimani, le chef de la force al-Qods. Al-Hadher est tombée entre les mains du régime le 12 novembre, ce qui montre qu'il y a un délai de 15 jours avant la publication de la vidéo environ. Quant à la visite de Soleimani, elle remonte au mois d'octobre : il s'agit donc d'images anciennes. Dans cette vidéo les miliciens sont appuyés par un char T-72 et un char T-62 du régime semble-t-il. Un reportage du 21 novembre montre HHN au combat dans les monts Makhoul. Les miliciens sont transportés par pick-up dont 2 sont des véhicules de la police irakienne (l'un embarque un canon KPV de 14,5 mm). On voit un tireur PK et un autre au SVD Dragunov. Le 19 novembre, une vidéo montre un violent combat urbain dans la région d'Alep. Les miliciens sont appuyés par un char T-72. L'un d'entre eux porte l'écusson de l'armée irakienne sur la manche gauche.




Qasseim Soleimani par les miliciens d'HHNN (images d'archives).


















Emblème de l'armée irakienne sur la manche de ce milicien.




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