dimanche 31 janvier 2016

Jean-Denis PENDANX et KRIS, Svoboda ! Carnet de guerre imaginaire d'un combattant de la Légion Tchèque, Futuropolis, 2011-2012

L'idée semble de primer abord originale. Kris, le scénariste de la fameuse série Notre mère la guerre, très réussie, décide d'imaginer un carnet de la légion tchèque. Comme le rappelle la petite introduction sous forme d'images, d'une carte et d'extraits fictifs de correspondance, des Tchèques de l'empire austro-hongrois se sont en effet rendus aux Russes dès 1915 en servant dans l'armée de cet empire multinational, puis sont passés au service des Russes. Ces Tchèques, organisés en unités constituées, se battent aux côtés du gouvernement provisoire en 1917. Après la prise du pouvoir par les bolcheviks, ils tiennent une partie de Transsibérien.

Le premier tome commence à Tcheliabinsk, en mai 1918, juste avant l'incident qui va précipiter les Tchèques contre les bolcheviks. La peinture de ce moment de la guerre civile russe est intéressante. Cependant, les flash-backs continuels désorientent un peu le récit et le personnage principal, Jaroslav, grande gueule, en fait peut-être un peu trop à côté de son ami le peintre, beaucoup plus effacé (même si c'est voulu). Le deuxième tome continue sur cette lancée en suivant le parcours erratique de la légion tchèque sur le Transsibérien, au fil des combats. L'album se termine sur une mission improbable à Iekateribourg, où est alors retenue la famille impériale russe par les bolcheviks.

L'histoire s'arrête à la fin du deuxième tome et laisse un goût d'inachevé, puisque l'histoire n'est pas véritablement terminée (la série semble s'être arrêtée en cours de route). Le propos est confus, on ne voit pas bien où les auteurs veulent en venir. Il faut noter aussi que le texte, parfois particulièrement dense, rend la lecture pénible par moments, sans compter que le dessin, loin d'être désagréable, n'est pas très dynamique. Le rythme n'est pas vraiment là, surtout dans le premier album où il faut un certain temps pour que le contexte de l'histoire, les personnages et leur vécu soient réellement posés. Bref, pas réellement convaincu par un traitement sur un thème qui était pourtant porteur.





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