vendredi 30 octobre 2015

Gallipoli (1981) de Peter Weir

Ouest de l'Australie, mai 1915. Archie Hamilton (Mark Lee), un coureur talentueux, songe à s'engager dans l'armée. Entraîné par son oncle Jack (Bill Kerr), lui-même un vétéran, il idolâtre Harry Lascelles, le champion du 100 m. De son côté Franck Dunne (Mel Gibson), travailleur sur les chemins de fer en manque d'argent, est lui aussi coureur d'exception. Il affronte Hamilton lors d'une course...

Gallipoli est un film de Peter Weir particulièrement intéressant pour sa reconstitution des conditions de vie de l'Australie de la Première Guerre mondiale. En revanche, on sent très bien le discours sur l'engagement volontaire des Australiens dans l'armée et leur baptême du feu lors de la campagne des Dardanelles, avec toutes les difficultés que cet engagement a connu, qui serait en quelque sorte le creuset de cette nation. Il s'intègre dans une série de films qui développe d'ailleurs ces thèmes en Australie et qui connaissent un certain succès mondial. Dans les scènes de course du film, on retrouve une musque de Jean-Michel Jarre (Oxygène). Le thème de la perte de l'innocence des jeunes Australiens durant la guerre est très présent ; thème auquel renvoie la lecture par l'oncle d'Hamilton du passage du Livre de la jungle où celui-ci devient un homme.





Le film a été critiqué pour avoir un peu déformé la bataille "du goulet", qui constitue le paroxysme du film, le 7 août 1915. Ce jour-là deux régiments de la 3rd Light Horse Brigade australienne charge les positions turques à la baïonnette, et perdent 40% de tués pour des gains dérisoires. Gallipoli laisse entendre que le commandement durant la bataille est britannique, alors qu'en réalité ce sont bien des officiers australiens qui ont planifié l'assaut. De même, les Australiens ne couvraient pas uniquement un débarquement de troupes britanniques par une attaque de diversion comme cela est dit dans le film.






Ce qui intéresse Peter Weir en réalité (c'est d'ailleurs une constante dans ses films : on n'est pas en présence ici d'un film de guerre à proprement parler), c'est le sacrifice de cette jeunesse australienne qui s'engage pour des raisons variées comme le montre l'exemple des deux coureurs, et qui a profondément marqué le pays. Il faut attendre plus d'une heure dans le film (sur 1h40) pour que les deux coureurs s'engagent et soient expédiés en Egypte pour l'entraînement puis aux Dardanelles. Un pays qui se cherche, qui cherche à se positionner contre la domination britannique ce qui dans le film explique en définitive le carnage de la bataille du goulet : on répète l'assaut contre les mitrailleuses turques pour ne pas perdre la face devant les Britanniques. Avec comme résultat cette jeunesse fauchée et cette dernière image en forme d'allusion aux photos de Robert Capa.



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