mercredi 5 août 2015

Paul BONNECARRERE, Par le sang versé. La Légion Etrangère en Indochine, Marabout, Paris, Fayard, 1968, 447 p.

Paul Bonnecarrère est un ancien parachutiste du 1er RCP pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu ensuite correspondant de guerre en Indochine, à Suez, en Algérie. De sa proximité avec les combattants, il a tiré plusieurs livres traitant en particulier des hommes de la Légion Etrangère.

Le sous-titre est un peu trompeur : ce n'est pas une histoire de la Légion Etrangère en Indochine mais une collection de récits sur des engagements de la Légion pendant le conflit en question. Sans surprise, on n'a donc pas à faire à un livre d'histoire, mais à un auteur qui cherche à dresser des portraits héroïques. Malgré la défaite, malgré les erreurs du commandement, malgré les circonstances défavorables, les officiers subalternes (comme le lieutenant Mattei), les sous-officiers et les hommes de troupe accomplissent des exploits, souvent contre un adversaire en surnombre, implacable de par les mutilations qu'il inflige aux cadavres français et par les tortures qu'il applique aux prisonniers avant la mise à mort. Bonnecarrère livre évidemment de nombreux détails salaces (alcool, sexe) qui renforce le caractère anecdotique du récit. Les portraits qu'il dresse ont valeur d'exempla pour les nostalgiques de l'Indochine française ou d'une "victoire perdue" - le titre d'un ouvrage postérieur de Bonnecarrère d'ailleurs, inspiré tout droit des mémoires de... Manstein.

Bref, les amateurs de récits haut en couleur et héroïques sur la Légion seront comblés, pour ceux qui cherchent un peu d'histoire, passez votre chemin (l'ouvrage a été réédité dans la collection Tempus de chez Perrin il y a peu).



2 commentaires:

  1. La collection Tempus de Perrin parait avoir une politique éditoriale assez difficile à comprendre vu qu'on y rencontre à la fois des historiens haut gamme comme Christophe Prochasson et Annette Becker et des raconteurs d'histoire. J'ai découvert l'an dernier que cette collection réé itait les ouvrages de Paul Carrel sans aucuns appareil critique. Celà laisse rêveur...
    Cordialement JLP

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  2. Bonjour,

    A défaut de politique éditoriale, je crois qu'il s'agit surtout d'une politique commerciale. Il s'agit bien de vendre, le secteur étant en difficulté. Et manifestement, Paul Carrel, ça se vend bien (sic).

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