mardi 11 août 2015

Les Douze Salopards : Mission Suicide (The Dirty Dozen : The Deadly Mission) de Lee H. Katzin (1987)

1944. Le major Wright (Telly Savalas) mène un raid éclair avec des partisans italiens dans un bordel d'une petit ville proche de Turin. Mais Mussolini n'est pas au rendez-vous. De retour en Angleterre, Wright est convoqué par le général Worden (Ernest Borgnine) qui l'informe que les nazis sont en train de développer des missiles balistiques remplis de gaz toxique pour frapper les Etats-Unis. Worden ordonne à Wright de recruter un commando de 12 détenus pour être parachutés en France près du monastère Saint-Michel, où les Allemands fabriquent le gaz, sous la direction du colonel SS Krieger (Wolf Kahler)...

Après le moment savoureux que constituait Les Douze Salopards 2 : Nouvelle Mission (1985), c'est au tour de Lee Katzin, plutôt connu pour ses réalisations à la télévision (avec plusieurs épisodes de MacGyver à son actif notamment) de ressusciter un cadavre à l'état de mort cérébrale.

Pour ce troisième volet (Katzin réalisera aussi le 4ème et dernier opus de la série), Marvin étant décédé, le réalisateur a fait appel, de nouveau, à Ernest Borgnine, toujours dans le rôle du général Worden, et à Telly Savalas, revenu d'entre les morts -dans le premier volet de 1967, Savalas jouait un des condamnés, détraqué sexuel, qui déraillait pendant la mission et était abattu par l'un de ses camarades.

Maggott revenu d'entre les morts : le major Wright.


Le démarrage est cette fois un peu meilleur, avec ce raid commando en Italie qui vaut rien que pour la course de Telly Savalas -pour le moins lente, comme tout le monde sait. Le major Wright ne trouve pas Mussolini, qu'à cela ne tienne, dans le bordel, il y a du brandy, on peut ainsi lever un toast à Roosevelt et Churchill (sic).

Dans le bordel : "j'avais envie de tirer un coup, avec mon MP Thomson M1A1".


Le scénario fonctionne toujours de la même manière : présentation de la mission, recrutement des condamnés, entraînement, mission enfin. Pour la première partie, le réalisateur s'est creusé un peu plus les méninges que ses prédécesseurs : l'hypothèse des missiles balistiques remplis de gaz toxiques est farfelue, mais c'est déjà moins pâlichon qu'un général SS transparent souhaitant assassiner Hitler. Katzin croit bon d'en rajouter en montrant une pseudo séquence tournée par les Allemands montrant les effets du gaz sur une détenue de camp de concentration (sic). There is a big problem, indeed.

Pour la phase recrutement, en l'absence de Lee Marvin et de Jaeckel, l'équipe est constituée encore une fois, comme dans le deuxième volet, de seconds couteaux du petit et du grand écran. Vince Edwards (remplaçant de Jaeckel, sergent Holt) a joué dans La brigade du Diable de McLaglen, le réalisateur du deuxième opus. Bo Svenson a eu de petits rôles dans Delta Force ou Le maître de guerre de Clint Eastwood. Randall "Tex" Cobb, champion de boxe passé à l'écran, a joué dans Retour vers l'enfer (1983), un film sur le thème des portés disparus au Viêtnam, et dans de nombreuses productions télévisées. Le reste de l'équipe est assez anodin. Wolf Kahler joue encore une fois le rôle du méchant nazi, peut-être encore plus absurde que ne l'était son rôle précédent dans le deuxième film de la série.

Bo Svenson, alias "Appelez-moi Brute Epaisse".

Randall "Tex" Cobb : "Sirose !!!!!!!!!!!"
 
Wolf Kaher, alias L'officier SS dans les téléfilms pour les nuls.

La phase d'entraînement, comme dans le numéro 2, est réduite au minimum (moins de 20 minutes du film sur 1h30). En manque d'inspiration, Katzin fait de Wright un double parfait de Reisman dans le premier opus : provocation du lourdaud du groupe pour montrer les talents du major au corps-à-corps, exercice de tir à balles réelles (avec cette fois mort à la clé sur une mitrailleuse tirant en rase-mottes), tabassage de deux détenus qui tentent de se sauver (deux frères) par le lourdaud qui veut sa remise de peine... seule originalité : la séance d'utilisation du masque à gaz où Wright prétend que le gaz lâché est du vrai, mortel, ce qui s'avère évidemment faux (!). Finalement, au lieu d'être parachutés, les condamnés seront introduits par voie maritime, les Allemands ayant liquidé l'agent britannique envoyé en éclaireur et le chef de la Résistance locale qui l'avait réceptionné. En voyant la maquette sur laquelle Wright explique la mission, on commence à se poser des questions : le monastère ne ressemble absolument pas à quelque chose de français, mais plutôt à un bâtiment d'Europe centrale ou orientale. Rien de plus logique puisque le tournage s'est déroulé en Yougoslavie (Savalas est un habitué : De l'or pour les braves, sorti en 1970, avait déjà été tourné là), moins coûteuse, et en particulier en Croatie, autour de Zagreb ! Wright emmène enfin ses hommes au bordel, comme dans le film de 1967, avant la mission. La dernière faveur du condamné !

La sueur épargne le sang (quand il y en a assez).


La mission commence enfin. Perdu dans le brouillard, Savalas doit donner la bonne phrase code pour se faire identifier de la fille du chef de la Résistance trucidé (qui se nomme Verlaine, on ne se refait pas...). Brusquement des résistants armés sortent comme par magie de derrière les feuilles mortes pour escorter le commando... lequel doit bientôt prendre d'assaut un patrouilleur allemand pour franchir un cours d'eau. Bataille épique, qui ne rivalise pas cependant avec celle des Canons de Navarone, de Rambo 2 ou même celle de Hot Shots ! 2, m'enfin le spectacle est là. Les condamnés sont en planque chez les résistants. Wright, pendant ce temps, accompagné de Bo Svenson, qui joue un violeur et assassin multirécidiviste, mais qui parle allemand (ça  compense), se déguise en moine pour infiltrer le monastère -dont on constate qu'effectivement, il a plus une allure slave qu'autre chose- et rencontrer le chef des scientifiques français travaillant pour les nazis, résistant dans l'âme, alors que son adjoint est aux Croix de Feu -défaut auquel il ajoute le délit de sale gueule, puisqu'en voyant sa tronche on comprend que c'est lui qui a désigné le chef de la Résistance au colonel SS quand celui-ci l'a fait tuer, niark niark.

Lost in the fog. "Call me Verlaine".


Laisse tomber, les salopards sont invulnérables (ou presque, en tout cas à ce moment-là du film).

 
On continue à l'appeler Trinita (si, si).

Wright croule sous les problèmes : les scientifiques ne veulent pas partir sans leurs familles, Bo Svenson saute sur tout ce qui bouge (la fille du chef de la Résistance), et il planifie son assaut dans la nuit où le chef des scientifiques doit assister à un concert en l'honneur d'un général allemand. Les SS, qui ne savent apparemment pas faire grand chose d'autre, pendent des otages pour passer le temps. En outre, au démarrage de l'assaut, Wright et Svenson se redéguisent en moines, mais cette fois l'astuce ne prend pas, Svenson désignant comme sergent le factionnaire allemand qui ne s'en laisse pas conter par ce frère bien au fait des grades militaires. Pour le reste, les nazis en surnombre avec des mitrailleuses en surplomb n'arrivent pas à éliminer une dizaine d'Américains, mais ça on connaît. Après avoir fait sauter le gaz et avoir récupéré les scientifiques, reste maintenant à prendre leur chef.

Même joueur joue encore.
 
En surplomb, avec une mitrailleuse M1919 américaine, rien n'y fait : Medal of Honor player l'emporte toujours.

Wright et un des salopards s'y rendent donc en jeep (sic) aux couleurs allemandes, et en uniforme nazi s'il-vous-plaît (heureusement que le salopard parle aussi allemand). L'opération de sauvetage réussit presque au diapason, mais l'adjoint fasciste s'en mêle : comme Wright est fébrile à l'idée de le zigouiller après avoir mitraillé et grenadé des dizaines de nazis au monastère (la fatigue sans doute), c'est le Français qui doit l'étrangler à mains nues. Wright a prévu de détourner l'attention de sa voie de repli -aérienne, avec un An-2 Colt soviétique mobilisé pour l'occasion, aux couleurs nazies- en envoyant des camions vides pilotés par quelques salopards à une mort certaine, sous les mitrailleuses des barrages allemands. Finalement tout le monde s'échappe, après que Bo Svenson, gravement blessé par un obus de mortier, ait quand même trouvé la force de tirer à la MG 42 pour couvrir le repli, avant (enfin) de trépasser.

Brute Epaisse dans ses oeuvres : "Ouargh, j'ai pris des éclats de mortier dans le thorax, mais je peux toujours shooter à la MG 42 avant de crever."


Au final, un volet tellement peu surprenant qu'il en vient même à dépasser le précédent, par le peu d'originalité qu'il conserve. Il me reste à voir l'ultime production, Les Douze Salopards : Mission Fatale (1988).

2 commentaires:

  1. salut Stéphane,
    bref à ne pas voir en gros.... sinon j'ai bien ri en lisant la critique...

    cordialement,
    FG

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  2. Bonjour,

    Si, il faut le voir pour rigoler (!).

    Cordialement.

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