lundi 10 août 2015

Les Douze Salopards 2 : Nouvelle Mission (The Dirty Dozen : Next Mission) de Andrew V. McLaglen (1985)

Septembre 1944. Le général SS Dietrich (Wolf Kahler) conspire avec d'autres officiers nazis pour préparer une nouvelle tentative d'assassinat d'Hitler, en France occupée. Le général américain Worden (Ernest Borgnine) apprend la nouvelle par la Résistance française. Il charge alors le major Reisman (Lee Marvin) de recruter, à nouveau, une douzaine de condamnés avec l'aide du sergent Bowren (Richard Jaeckel) pour assassiner Dietrich avant que celui-ci n'ait pu tuer Hitler, les Alliés ne souhaitant pas voir le Führer remplacé par plus habile que lui...

En 1967, Les douze salopards de Robert Aldrich entre dans la légende des films de guerre, servi par un casting impressionnant et un scénario efficace (présentation de la mission et recrutement des prisonniers ; entraînement ; mission). Dix huit ans plus tard, McLaglen (mort l'année dernière à l'âge respectable de 94 ans !) prolonge l'expérience avec ce téléfilm, un choix pas si surprenant de la part d'un habitué des westerns et des films d'aventure. On lui doit notamment Shenandoah (1965), film qui se déroule pendant la guerre de Sécession et qui fait fortement allusion au Viêtnam, La brigade du diable (1968), film de guerre plutôt terne ou Les Géants de l'Ouest (1969), là encore sur la guerre de Sécession et ses suites ; mais aussi Les oies sauvages (1978) ou Le commando secret de sa Majesté (1979), deux films qui, à leur façon, sont des tentatives de prolongement des films de guerre classiques des années 1960, dont fait partie Les douze salopards.

"Tu n'es qu'un enfant de salaud et tu vas obéir, ou c'est moi qui vais te dérouiller ? Tu entends ?"- OUH AH OUH ma sciatique...


Parmi les acteurs du film original, on retrouve Lee Marvin (dont c'est l'avant-dernier tournage ; il décède après Delta Force, tourné avec Chuck Norris l'année suivante, qui sera sa dernière apparition à l'écran...), Ernest Borgnine et Richard Jaeckel. Pour le reste, des acteurs de second ordre, comme Wolf Kahler, qui joue Dietrich, habitué des rôles de méchants nazis (le colonel Dietrich des Aventuriers de l'arche perdue, c'est celui ; Kalher joue également dans Le commando secret de sa majesté du même réalisateur), Sonny Landham (le futur Billy de Predator, l'Indien qui tente de faire mumuse avec la créature au couteau), Ricco Ross (qui jouera dans Alien l'année suivante) notamment.

Lee Marvin avec Chuck Norris dans Delta Force, son dernier film : "C'est moi que tu cherches ?"

Sonny Landham : "On va tous y rester".


La présence des 3 vétérans, déjà passablement fatigués, ne suffit pas à relever le niveau d'un scénario malheureusement assez transparent. Faute de moyens, il faut même réincruster des passages du film de 1967 (comme lorsque Reisman arrive en jeep à la prison, au bout d'une dizaine de minutes, pour sélectionner son groupe de deténus). Lee Marvin tente bien de réappliquer les succès du modèle, mais sans grand succès. On joue les méchants en sélectionnant 13 détenus et en virant celui de trop à la première occasion, après la première remarque désagréable (vous êtes le maillon faible... au revoir). L'entraînement dure à peine 20 minutes dans le film, le tout avec des armes factices (!) car on ne fait pas totalement confiance aux prisonniers quand même (et ça permet de rogner sur le budget, qui doit être passable)... Quant à la mission, Borgnine joue avec une maquette pour expliquer qu'il s'agit de liquider Dietrich à bord d'un train, ce à quoi s'entraîne le commando. En vain, on le verra. Par ailleurs, contrairement au film de 1967, où il s'agissait quand même d'assurer le succès du débarquement, l'objectif ici n'est guère trépidant.

Retour vers le passé.


La partie "mission" occupe les deux tiers restants du film. On touche ici vraiment le fond. Nos condamnés, et Reisman, sont donc déguisés en Waffen-SS ; bien entendu, aucun ne parle allemand. Je précise aussi que le groupe comprend un Noir (qu'on prend quand même la précaution de munir de pansements de brûlé sur le visage, les Allemands n'étant pas si bêtes après tout) et un Amérindien, ce qui laisse songeur... on embarque dans un C-47 Dakota aux couleurs allemandes (sic), qui se pose comme une fleur sur un aérodrome en France occupée (tout ça ne ressemble guère à la France, d'ailleurs). Nos Waffen-SS de circonstance embarquent alors comme prévu dans un bus qui les attend. Un agent de la Gestapo, opportunément présent sur l'aérodrome, se pose quand même des questions sur ces étranges bandages de notre ami Afro-Américain, lequel ne trouve rien de mieux à faire que le guignol, en faisant le signe des moustaches et du salut nazi qu'on connaît bien chez nous pour désigner les fachos. La course-poursuite se termine bien sûr à l'avantage des Américains, mais le bus est perdu. Entretemps il a fallu trucider un des condamnés qui avait bien envie de tirer sa première balle dans le dos de Reisman...

Ouais ! On a des armes, des vraies !
 
"Je n'ai pas changé... j'ai toujours le même petit sourire..."

"Je crois qu'on est suivi" -plus sérieusement, notez le PM Bergmann MP35/I de Reismann, arme rarement vue dans les films de guerre.


Malheureusement, nos compères ont manqué le train, et tout le monde veut en profiter pour se tailler. Reisman doit donc inventer une fable pour allécher ses clients : le train transporte un trésor. Et hop ! Sans savoir ni trop comment ni pourquoi, les survivants sont largués par un C-47 ailleurs en France (avec là encore remploi du film de 1967). On ne saura jamais comment ils ont réussi à regagner l'Angleterre pour remonter dans un Dakota et être parachutés (pour la première fois d'ailleurs). Après une rencontre un peu tendue dans une ferme où le groupe s'est dissimulé (Reisman arrivant à parler allemand en jouant l'officier ivre, in vino veritas), arrive l'heure cruciale : l'attaque du train. Manque de bol, Hitler ne trouve rien de mieux que de se poser en avion à la descente de Dietrich (lequel a flingué, après une courte partie d'échecs, un collège officier un peu trop curieux sur ses projets, de ce que l'on peut déduire de l'ellipse que constitue leur conversation). L'Afro-américain, le sniper du groupe, hésite un peu entre Hitler et Dietrich, mais finit quand même par liquider le général : et là, point d'attaque de train (Reisman avouant avoir menti sur le trésor), tout le monde se replie sur le Ju 52 personnel du Führer. Sam Sixkiller (Landham) joue un peu de la MG 42 pour couvrir le repli avant de se faire dessouder (après avoir échappé à de multiples lancers de grenades allemandes), et les quelques survivants, avec Reisman, trouvent fort heureusement des diamants dans l'avion et un pilote parmi eux pour les ramener sur Ju 52 (ce qui n'était pas gagné, car le pilote, dans la phase recrutement, n'avait pas trop l'air taillé pour l'emploi).

"Je suis une pierre..."

Body Count : 144 = Equal to Robo Cop.
Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

On l'aura compris, cette suite télévisuelle des 12 salopards servira à égayer une soirée, rien de plus. Je conterai bientôt l'aventure des autres suites -eh oui, car il y en a eu encore deux après ! Incroyable- de ce chef d'oeuvre du film de guerre, en commençant par Les douze salopards : Mission Suicide (1987). Avec un titre pareil, on pouvait pourtant supposer en voir la fin !

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