mercredi 8 juillet 2015

Geneviève BOUCHON, Vasco de Gama, Paris, Fayard, 1997, 409 p.

Geneviève Bouchon, directeur de recherches honoraires au CNRS, membre de l'Académie de marine de Lisbonne, publie cette biographie de Vasco de Gama à la veille du 500ème anniversaire du voyage de ce dernier aux Indes. Comme le dit un spécialiste, parmi les travaux parus à cette date, c'est sans doute la meilleure introduction au personnage, un livre d'un abord très facile.

C'est que Vasco de Gama reste une des plus figures les plus connues des Grandes Découvertes, bien qu'éclipsé par Christophe Colomb. Pour l'historienne, il appartient bien à cette génération qui changé les perspectives du monde. Mais les sources sont éparses : aussi le travail de la biographie consiste-t-il souvent en une contextualisation du personnage, comme l'explique Geneviève Bouchon. D'autant qu'une gloire posthume immense et déformante s'est vite attachée à son nom, au Portugal. Utilisant les textes d'époque, l'historienne présente aussi les autres acteurs qui interviennent dans la vie de l'explorateur, notamment aux Indes.

Vasco de Gama est originaire de Santiago do Cacém, près du cap Sines, une terre du sud du Portugal confiés par les rois portugais à l'ordre militaire des chevaliers de Santiago. Sa famille fait partie de serviteurs du roi anoblis pour leur dévouement et très liés à l'ordre de Santiago. Vasco est fils des Algarves, nom donné par les Arabes à leur terre de l'ouest de la péninsule ibérique, et qui au Portugal désigne la région la plus méridionale du royaume. Vasco grandit dans une terre ouverte sur la mer, où s'est déroulée, aussi, la Reconquista contre les musulmans, qui ont laissé derrière eux les mourarias, quartiers marqués de leur empreinte séculaire. Les Portugais partent aussi dans des expéditions au Maroc, qui reste pour eux une terre à christianiser. Ils longent la côte de l'Afrique, allant de plus en plus au sud. On ne connaît que fort peu de choses de l'enfance de Vasco.



Dom Joao II monte sur le trône en 1480. Il est l'héritier d'une branche qui a succédé à la dynastie bourguignonne éteinte en 1383, et qui a dû combattre les ambitions de la Castille sur le petit royaume lusitanien. Toujours lié aux familles royale anglaise et princière bourguignonne, le nouveau roi se recentre sur le Portugal : c'est un lettré, un mystique, curieux de tout ; à sa cour se forment les futurs capitaines de l'Inde. Le roi doit surveiller sa noblesse, frondeuse : le duc de Bragance est décapité à Evora en 1483. Il s'appuie sur une classe d'hommes qui lui doivent tout, à laquelle appartiennent les Gama. Il place son fils illégitime à la tête de l'ordre de Santiago. Les Portugais lancent des corsaires qui attaquent les navires musulmans mais parfois aussi des navires chrétiens. Vasco a probablement participé à certaines de ces expéditions. Le roi réoriente l'effort portugais vers l'Afrique. La communauté italienne joue un grand rôle au Portugal, créant la première banque, mais fournissant aussi des marins : un certain Christophe Colomb tente de vendre son projet au roi... Les Juifs, protégés par la dynastie, participent aussi à l'effort. Le traité d'Alcaçovas (1480), en limitant les ambitions castillanes au parallèle des Canaries, ouvre l'Afrique australe aux Portugais. Vasco entend les récits de ces voyages d'exploration, qui mènent à la Guinée, où on laisse les padraos, ces piliers de granit surmontés d'une croix. Le roi du Portugal ouvre le monde à la Renaissance. La carte de Ptolémée, géographe de l'Antiquité, est encore utlisée, mais l'on sait déjà qu'elle est dépassée, et notamment que l'océan Indien est une mer ouverte. Pour remplacer la croisade, on cherche l'accès au fameux royaume du Prêtre Jean, dont on sait dès le XIVème siècle qu'il s'agit en fait du royaume du Négus d'Ethiopie, chrétien. Le roi du Portugal, en 1487, veut explorer la côte est de l'Afrique. En plus de faire pénétrer des hommes dans le continent et d'envoyer des émissaires en Orient, il envoie des flottes dans l'Atlantique sud. Pero de Covilha et Afonso de Paiva, par la Méditerranée, gagnent, pour le premier, l'Inde et la façade orientale de l'Afrique, pour le second l'Ethiopie. En août 1487 Bartolomeu Dias, avec 3 navires, s'engage vers le cap au sud de l'Afrique, qu'il double, mais ne peut aller plus loin en raison de l'hostilité de ses équipages. Le "capitaine de la Fin" a découvert le cap de Bonne-Espérance.

Le roi perd cependant du temps dans l'exploration, occupé par les affaires marocaines et le mariage de son fils avec la fille des rois catholiques d'Espagne. Mais le jeune marié meurt d'une chute de cheval. Les rois catholiques le sont devenus après la chute de Grenade, dernier bastion de l'islam en Espagne, en janvier 1492, à laquelle prennent part des nobles portugais exilés. L'exode des Juifs espagnols, désormais proscrits, apporte 60 000 personnes au Portugal. Au moment où Christophe Colomb, lancé par les rois espagnols, découvre l'Amérique, Vasco sort de l'ombre. Le roi du Portugal lui donne l'ordre de saisir les navires français du sud du pays après l'attaque de corsaires de Dieppe et Rouen sur les navires portugais aux Açores et au large du Maroc. Vasco bénéficie de la protection de Dom Jorge, le fils illégitime du roi qui dirige l'ordre de Santiago. Colomb revient de son voyage au Portugal, en mars 1493, avant de rentrer en Espagne. Le roi s'interroge : a-t-il découvert les Indes ? D'autant qu'elles se situeraient, un comble, dans le domaine réservé aux Portugais... Il renégocie un traité, celui de Tordesillas (1494), avec les Espagnols, qui fixe la limite de chacun, reculée plus à l'ouest pour les Portugais, ce qui leur permet de faire main basse sur le Brésil. Les Portugais ont les cosmographes, comme Duarte Pacheco Pereira, les navires, les réflexions scientifiques : portulans, astrolabes, caravelles, le premier globe terrestre de Martin Behaim. Le roi donn Joao meurt en 1495. C'est son fils légimite, dom Manuel, et non dom Jorge comme il l'aurait voulu, qui lui succède. Vasco de Gama, fidèle au perdant, reprend la mer.

Les Italiens, attirés par l'expansion portugaise, relancent l'intérêt du souverain pour la route des Indes. Manuel, qui croit en la faveur divine, veut mettre la main sur le commerce des épices, ruiner le sultanat du Caire, financer une nouvelle croisade. On construit deux navires sur le Tage, supervisés par Bartolemeu Dias, alors qu'en décembre 1496 les Juifs sont finalement expulsés du royaume. Vasco rencontre le roi, qui le choisit comme chef de l'expédition, aussi, pour désarmer l'oppositio politique. La flotte comprend le Sao Gabriel et le Sao Rafael, et une nef plus petite, le Berrio. 4 membres de la famille Gama participent à l'expédition, qui lève l'ancre le 8 juillet 1497. Des pilotes expérimentés, dont celui de Dias, en sont également. Les équipages sont répartis en 4 groupes, assurant chacun un quart. Une quarantaine d'hommes par navire environ. Diogo Dias est secrétaire et intendant sur le Sao Gabriel, mais aussi l'écrivain du voyage. Le 15 juillet, les navires arrivent aux Canaries. Un membre anonyme de l'expédition commence alors une relation qui est la seule à être parvenue jusqu'à nous. Après la reprise de la navigation, Vasco de Gama prend la "grande volte" : suivant le régime des vents, il s'engage en haute mer, au sud-ouest, et évite la navigation littorale. Il est fort probable que l'expédition ravitaille sur une île au large du continent sud-américain ; peut-être les Portugais ont-ils déjà connaissance de la terre qui deviendra le Brésil. Le 4 novembre, les navires reviennent enfin auprès du continent africain. Les premiers contacts avec les indigènes les Khoikois, sont pacifiques, mais bientôt a lieu une première échauffourée, où Vasco est blessé. Le cap de Bonne-Espérance est doublé le 22 novembre. Suivent les premiers contacts avec les populations noires de la côte est de l'Afrique, avec là encore des échanges amicaux, puis quelques coups de canons pour impressionner une foule que Vasco juge hostile. Le 10 janvier 1498, l'interprète Martin Alfonso peut discuter avec des indigènes, des Bantous, qui parlent un idiome similaire au sien. En février, la flotte stationne devant l'embouchure du Zambèze. A ce moment, en Inde, les musulmans se sont imposés dans les activités commerciales depuis leur présence remontant au moins au IXème siècle. L'océan Indien est alors le plus grand marché du monde : riz, épices, or, argent, pierre précieuses, coton s'achètent et se vendent. Le commerce textile et la traite des esclaves sont deux activités phares. Calicut est le grand port du Malabar. Les Occidentaux ne voient que la fin d'un grand système commercial, où le sultan du Caire est en position dominante. En Inde même, à côté des sultanats du Bengale et de Gujarat, le râja de Vijayanagar regroupe sous sa coupe des roitelets indous, les royaumes côtiers du Malabar restant indépendants. L'Indonésie s'islamise, le chiisme perce en Iran, les Gujaratis mettent la main sur les réseaux commerciaux, profitant du monopole voulu par le sultan du Caire sur le commerce. Les Portugais entrent dans un monde en pleine recomposition, que viennent d'abandonner les Chinois, qui avaient envoyé de grandes flottes pour assurer leur autorité jusqu'en 1433, telle celles de Zheng-He, eunuque musulman.

Arrivé à Mozambique, les Portugais sont d'abord pris pour des Turcs par le sultan local, dépendant de la place de Kilwa. Vasco de Gama doit engager le combat et utiliser la force pour se procurer des pilotes musulmans capables de le guider dans ces eaux sur lesquelles il n'a jamais navigué. A Mombassa, même scénario : l'accueil, froid au départ, devient hostile, et Gama n'hésite pas à employer la force. Le 24 avril, la flotte met enfin le cap sur l'Inde, qui est atteinte le 18 mai.

Le Malabar est le nom donné par les navigateurs à la côte sud-ouest de l'Inde. Le vrai nom de l'empire local est celui de Kerala, qui explose au XIIème siècle. C'est au XIVème siècle que Calicut s'impose comme le port dominant, ainsi que le raconte les chroniqueurs musulmans. Un râja local s'installe dans la ville et accueille les navigateurs arabes, qui s'occupent du commerce maritime. Dès leur arrivée, les Portugais rencontrent... des Maures maghrébins, étonnés de les voir là. Vasco de Gama est invité par le Samorin, le souverain local, dans son palais. Installés dans une demeure, les Portugais se méfient des musulmans, qui occupent une place de choix dans le commerce. Les Mappilas, descendants d'unions mixtes entre musulmans et Indiens de basse castes, ne les ont pas supplantés. Les Portugais n'ont malheureusement pas beaucoup de présents à offrir au Samorin, ce qui provoque la risée des autres marchands. Un petit comptoir est néanmoins ouvert par les Portugais, dirigé par Diogo Dias et Alvaro de Braga. Le Samorin, peu impressionné, interdit à ses sujets de fréquenter le comptoir portugais ; Diogo Dias est arrêté , pour le faire libérer, Gama prend des otages, et remet le cap sur le Portugal le 29 août.

En septembre, longeant la côte indienne, les Portugais débarquent sur l'île qu'ils appellent Angedive. Ils y rencontrent le corsaire Timoji, qui opère à la fois contre le râja de Vijayanagar et le sultanat de Bijapur, en guerre. Ils mettent aussi la main sur un espion du sultan de Goa. Repartis en octobre, les équipages sont frappés par le scorbut ; Vasco doit étouffer un début de mutinerie. La côte africaine est atteinte le 2 janvier 1499. A Malindi, il faut sacrifier le Sao Rafael, faute d'hommes suffisants. Le cap de Bonne-Espérance est doublé le 20 mars. Vasco de Gama ne rentre au Portugal que le 10 juillet ; il est arrivé en retard, étant resté auprès de son frère Paulo malade et qui meurt au Cap-Vert. Le roi Manuel se hâte de proclamer la découverte de la route vers l'Inde, et couvre l'explorateur de titres. Le 10 janvier 1500, Vasco reçoit la particule de dom et le titre d'amiral de l'Inde, plus une pension de 300 000 réaux, ainsi que d'autres privilèges. Une nouvelle armada se prépare déjà à partir sous les ordres de Pedro Alvares Cabral.

Les Vénitiens s'inquiètent déjà du succès des Portugais. Les Espagnols tentent en vain de trouver la route de l'Asie par l'ouest ; Colomb pousse déjà vers le Vénézuela. Au Portugal, la flotte de Cabral appareille le 9 mars 1500, avec 13 navires, 1 500 hommes, les frères Dias et d'autres participants du premier voyage, mais sans Vasco. Les marchands florentins, cette fois, ont fourni des présents à la hauteur des ambitions. Le 22 avril, la volte des nefs et caravelles fait toucher à Cabral la côte du Brésil. 4 navires sont perdus au large du cap de Bonne-Espérance, dont celui de Bartolemeu Dias ; il ne reste finalemet plus que 6 navires pour gagner les Indes. Le 13 septembre, Cabral entre à Calicut, où il doit affronter l'hostilité des marchands musulmans. Il s'empare d'un vaisseau mapila de Cochin désiré par le râja. Le 16 décembre, après l'attaque de la factorerie portugaise tout juste installée et la mort de 41 Portugais, Cabral fait bombarder Calicut par ses navires. Il gagne ensuite Cochin où le roi lui fait bon accueil ; mais il repart en janvier 1501 avec des otages. Des contacts ont été noués avec des émissaires de Kollam et Cannanore, autres ports côtiers. Le 9 mars 1501, 4 caravelles sous les ordres de Joao da Nova quittent le Portugal. Il s'agit pour ce dernier de découvrir le plus de territoire en Orient, dans le cadre de la compétition avec les Espagnols. Le roi Manuel est cependant obsédé par la croisade et la reconquête de Jérusalem. Le retour de l'expédition de Cabral, assez piteux, l'interroge sur la poursuite à donner aux expéditions en Inde. Le 30 janvier 1502 cependant, Vasco de Gama est nommé à la tête de la 4ème flotte partant vers l'Inde, avec 20 navires. C'est l'expédition de la dernière chance pour Manuel. En juin, après avoir franchi le cap, Vasco arrive à Sofala, une des villes phares de la région près de l'empire du Monomotapa, riche en or. En juillet, les Portugais sont à Kilwa, sultanat installé dans une île au large du Mozambique. Le sultan est obligé de composer avec les Portugais. En quittant l'île, Vasco récupère une autre escadre, celle de son neveu Estevao, 5 navires, partis en avril. La flotte met le cap sur l'Inde le 12 août. Début septembre, les Portugais sont à Cannanore. Le 29 septembre, ils attaquent le Miri, un navire du sultan du Caire revenant d'un pélerinage à La Mecque. Le combat dure plusieurs jours, et le navire musulman est détruit, ses occupants massacrés pour la plupart. A Cannanore, les Portugais rencontrent encore la résistance des marchands locaux, sans compter que le souverain, là aussi, ne se mêle pas du commerce. A Calicut, Vasco fait pendre des otages puis bombarde la ville. Reste Cochin, le port de la dernière chance, où les Portugais vont enfin pouvoir remplir leurs cales d'épices, après négociation. Le Samorin, pendant ce temps, bat le rappel des râjas du Malabar qui attaquent les Portugais mais sont repoussés. Cannanore vient ensuite à composition et Vasco repart pour le Portugal fin février. Mais en raison de la mousson, les navires ne peuvent quitter le Mozambique qu'en juin. L'arrivée au Portugal se déroule en octobre, un seul navire ayant été perdu. Vasco ramène 30 000 quintaux d'épices : la plus grande cargaison d'épices ramenée des Indes, plus de 1 500 tonnes. Surtout, il a fini d'établir le parcours des navires jusqu'aux Indes, avec toutes les escales nécessaires.

Vasco disparaît alors des sources pendant quatre ans. Le duc d'Este parvient à se procurer une carte de navigation portugaise, qui donne lieu à un planisphère, alors que le premier récit du voyage aux Indes est mis sous presse par un imprimeur et humaniste allemand ; les marchands allemands, comme les Italiens, étant attirés par l'expansion portugaise. Gama a confié la garde du Malabar à ses oncles, les frères Sodré, qui se perdent eux-mêmes en menant la course du côté du Gujarat et de l'Arabie. La nouvelle flotte portugaise est dirigée par Francisco de Albuquerque et Nicolau Coelho, vétéran de la première expédition. Les Portugais doivent reconquérir Cochin investie par le Samorin, et défendue avec succès par Duarte Pacheco, véritable légende dès ce moment-là. Une nouvelle flotte, commandée par Lopo Soares, est partie au printemps 1504. Ce dernier bombarde Calicut, attaque Cranganore, empêchant d'enfin négocier avec le Samorin. Un an plus tard, une nouvelle flotte prend la mer, commandée par dom Francisco de Almeida, vice-roi des Indes, premier grand seigneur à commander une flotte. 1 500 hommes, un microcosme de la société coloniale que vont implanter les Portugais. Il s'agit cette fois d'établir une fois pour toute la domination maritime du Portugal. Kilwa doit se rendre ; Mombassa est pillée et incendiée. Arrivé en Inde, de Almaida construit un réseau de forteresses. Comme les Portugais restent cette fois à demeure, un mélange s'opère avec les femmes indiennes. Quant à Vasco, le 21 mars 1507, il est disgrâcié par le roi, qui lui interdit de reprendre la mer, le chasse du cap Sines.

Manuel, à nouveau dévoré de l'esprit de croisade, veut abattre le sultanat du Caire. La flotte de 1506 est divisée en deux escadres : Tristao da Cunha doit renforcer la mainmise sur la côte est de l'Afrique, puis gagner le Malabar. Afonso de Albuquerque, lui, va s'attaquer à la côte d'Oman, pus tenter de prendre Ormuz. De Almeida, pendant ce temps, repousse et défait le sultan du Gujarat, devenu le champion du Caire, qui a envoyé une flotte pour le soutenir. Sa politique s'oppose à celle de Albuquerque, qu'il fait arrêter. Mais Manuel a envoyé une nouvelle flotte de 14 navires commandés par dom Fernando Coutinho, de la parenté de Albuquerque. Ce dernier devient gouverneur : en 7 ans, de 1508 à 1516, il s'empare de Goa et Malacca, soumet Ormuz et Calicut. Goa, disputée entre le Vijayanapar et le Bijapur, est prise en 1510. Place stratégique, elle devient le prototype d'installation d'une société coloniale. L'année suivante, c'est au tour de Malacca de tomber dans le giron portugais. Vasco, établi à Evora, reçoit le récit des exploits d'Albuquerque. Son plus jeune frère est parti avec l'armade de 1511. A son retour en 1512, Albuquerque est contesté par ceux partisans de la stratégie commerciale au lieu de celle de la conquête. En 1515, le roi nomme un nouveau gouverneur.

Lopo de Soares, le nouveau gouverneur, veut profiter de la chute du sultanat du Caire devant les Ottomans, en 1516, pour investir en mer Rouge. La campagne se termine en désastre. Les Portugais sont en situation précaire : ils contrôlent le commerce oriental des épices, mais le Gujarat conserve la clientèle des mondes arabe et turc. En 1518, les Portugais s'installent à Ceylan. Diogo Lopes de Sequeira remplace Soares la même année. Il achève la construction des forteresses, étend le réseau portugais vers l'est. L'année 1521 voit la mort du roi Manuel. Vasco est rentré en grâce à partir de 1518 ; l'année suivante, Manuel l'a fait comte. La renommé de ses découvertes s'étend en Europe, notamment via Anvers, centre humaniste. Dom Jaoao III monte sur le trône, aux côtés de Charles Quint en Espagne et de Soliman le Magnifique dans l'empire ottoman.

En 1524, vice-roi des Indes, Vasco de Gama repart à la tête de 13 navires. Arrivé en septembre aux Indes, il prend ses fonctions à Goa. Il réorganise les implantations portugaises, châtie, prend des mesures d'économie tout en déployant une pompe fastueuse pour sa fonction. C'est à Cochin qu'il meurt à la Noël de cette même année.


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