mercredi 15 avril 2015

Drango (1957) de Hall Bartlett

1865. Le major nordiste Drango (Jeff Chandler) et le capitaine Banning (John Lupton) arrivent dans une petite localité de Géorgie, juste après la fin de la guerre de Sécession, pour représenter l'autorité de l'Union. Ils sont accueillis de mauvaise grâce par les habitants, encore sous le choc des destructions et des ravages humains entraînés par le conflit. Calder, un sympathisant local de l'Union persécuté par les autres habitants, finit par être lynché par les sudistes les plus acharnés. Sa fille, Kate (Joanne Dru), reproche à Drango de n'avoir pas su empêcher la mort de son père. Drango tente tant bien que mal de rétablir la justice sur des plaies encore brûlantes...

Drango est un film produit par la propre société de Chandler, Earlmar Productions. C'est un film sombre qui traite d'une période peu abordée en général dans les films américains, celle de la Reconstruction après la guerre de Sécession. Le film appartient bien au genre du western, dont il a les caractéristiques : pourtant, l'ambiance de fin du monde du Sud vaincu n'est pas sans rappeler certains films de la même époque sur la fin de l'Allemagne nazie. Le film a été tourné en studio et certaines scènes sur une plantation de Louisiane : la pauvreté des décors intérieurs est là pour renforcer les déprédations supposées commises pendant la marche de Sherman jusqu'à la mer.



Le film met en lumière la diversité des comportements nordistes à l'égard du sud. Le colonel qui est le supérieur immédiat de Drango adopte une attitude dure face aux sudistes, qui correspond au changement de perception après l'assasinat de Lincoln. Drango, dans le film, incarne davantage les sentiments du défunt président, prêt à pardonner. Drango rechigne à imposer sa volonté par la force : on apprend plus tard dans le film qu'il a fait partie du détachement nordiste ayant mis à sac la ville. Les rôles féminins du film sont assez négligés : il faut dire que Joanne Dru, par exemple, était un remplacement de dernière minute. Le scénario souffre de plusieurs faiblesses : la révélation du passé de Drango n'est pas bien exploitée, et les habitants passent soudainement de sudistes revanchards prêt à mettre le pays à feu et à sang à d'honnêtes citoyens désirant la paix... autre problème, l'absence complète des Noirs. On se demande où sont les esclaves libérés... mais les premiers pas de Chandler comme producteur ne sont pas inintéressants.


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