samedi 17 janvier 2015

Stéphane ANTONI, Olivier ORMIERE, Virginie BLANCHER, Le temps du rêve, tome 1 : Gallipoli, Paris, Delcourt, 2011, 48 p.

1910, Australie. Une mission s'occupant d'enfants et de parents aborigènes est brutalement fermée par les autorités. Thomas Freeman, un enfant aborigène, voit son père se faire abattre sous ses yeux. En 1915, Freeman fait partie d'un bataillon australien promis à débarquer sur la péninsule de Gallipoli, face aux Turcs. Pour fuir la réalité sordide de la Grande Guerre, Freeman se réfugie dans un mythe de ses ancêtres légué par son père, le temps du rêve...

De toutes les BD parues peu avant ou parallèlement au centenaire de la Première Guerre mondiale, Le temps du rêve est sans doute l'une des plus originales. L'intérieur de la première page, qui représente les débarquements ANZAC à Gallipoli, est déjà un petit bijou en soi. Le choix de la campagne des Dardanelles, longtemps honnie et relativement oubliée dans les commémorations du centenaire de l'hexagone, est intéressante en soi. De même que le choix d'un aborigène jeté dans cette bataille qui d'une certaine façon donne naissance aux nations australienne et néo-zélandaise... pied-de-nez, donc, de la voir aussi par les yeux d'un aborigène dont le peuple est complètement rejeté alors par les Australiens. Le scénariste connaît bien son sujet, un travail de documentation a été fait en amont sur la campagne et le desssin est agréable, malgré peut-être quelques visages qui se ressemblent un peu trop. Une excellente évocation de la contribution australienne à la Grande Guerre accompagnée d'une réflexion sur la guerre elle-même.




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