mardi 9 décembre 2014

Sir Arthur Conan DOYLE, La compagnie blanche et Sir Nigel, Libretto, Paris, éditions Phébus, 1995

Comme le rappelle Michel Le Bris dans l'introduction à La Compagnie Blanche, Sir Arthur Conan Doyle, dont la famille faisait remonter ses origines aux compagnons de Guillaume le Conquérant, ne pouvait échapper à une éducation emprunte d'histoire anglaise. L'écrivain dépeint d'ailleurs une réalité sombre, médiévale, qui reflète son propre parcours. Le grand-père, John Doyle, caricaturiste politique du Times, quitte l'Irlande pour l'Angleterre, mais un train de vie trop fastueux oblige le fils cadet, Charles, à devenir petit fonctionnaire en Ecosse. Alcoolique, le père ne peut être un modèle pour les enfants, dont Arthur, élevés par leur mère, Mary, qui les entretient dans le souvenir de leurs nobles origines.

C'est ainsi que le héros des deux romans de chevalerie d'Arthur Conan Doyle, Nigel Loring, dont les aventures commencent en 1348, ressemble à s'y méprendre à l'auteur, vivant avec sa mère solitaire et en quête de gloire et de reconnaissance. En 1885, bicentenaire de la défaite de Monmouth, Doyle se tourne vers le roman historique. Micah Clarke connaît un franc succès alors même qu'Une étude en rouge, où apparaissent pour la première fois Sherlock Holmes et Watson, composition alimentaire, est rejetée. Il projette de mener de front médecine et littérature. Mais en 1889, la visite des ruines de l'abbaye de Beaulieu le ramène vers l'écriture chevaleresque. Il y consacre tout son temps et son énergie, mais le succès parallèle de Sherlock Holmes après son premier roman historique est tel qu'il doit interrompre l'écriture de La Compagnie Blanche pour donner encore vie à son héros détective. Sorti en 1890, ce dernier volume est un succès, le meilleur roman depuis Walter Scott diront certains. Mais cette réussite est effacée par celle, incomparablement supérieure, des aventures de Sherlock Holmes. Arthur Conan Doyle reste prisonnier de sa création, même s'il publie 15 ans plus tard Sir Nigel, qui retrace cette fois la jeunesse de son héros, Nigel Loring.



La réputation des deux romans, très populaires en Angleterre dans l'entre-deux-guerres en particulier, n'est pas surfaite.  Les aventures de l'écuyer Alleyne Edricson, écuyer se mettant au service d'une grande compagnie avec des archers anglais en France, sont chatoyantes. On y croise évidemment quantité de personnages historiques et l'on sent que l'auteur a travaillé considérablement son sujet par des recherches en amont. Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes, sait parfaitement faire revivre l'atmosphère des débuts de la guerre de Cent Ans, vue ici du côté anglais. A découvrir.


2 commentaires:

  1. Bonjours je vous conseille d'aller également regarder les nouvelles de Conan Doyle consacré au brigadier Gérard qui retrace les aventures d'un hussard de l'armée napoléonienne ces nouvelles que j'ai lu à l'époque du collège furent à l'origine d'une napoléomanie qui m'a occupé plusieurs années plus tard en fac j'ai eu l'occasion de les relire et j'ai alors découvert l'humour de ces récits (avec des récits où le héros raconte comment il a à lui seul pris la ville de Sarragosse ou sauvé une armée) qui apparaissent comme des pastiches des mémoires d'anciens grognards du genre Marbot.

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  2. Merci, je regarderai à l'occasion.

    Cordialement.

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