samedi 20 décembre 2014

Le Baron Rouge (Von Richthofen and Brown ou The Red Baron) de Roger Corman (1971)

1916. Manfred von Richthofen (John Philip Law), un ancien officier de cavalerie, est assigné à l'escadrille de chasse d'Oswald Boelcke (Peter Masterson). Il devient rapidement un as. En parallèle évolue, au sein d'une escadrille britannique, un nouveau pilote canadien, Roy Brown (Don Stroud), sous les ordres d'un as anglais, Lanoe Hawker (Corin Redgrave), décoré de la Victoria Cross. Brown refuse d'adopter le comportement chevaleresque des Britanniques à l'égard de l'ennemi. Richthofen, lui, se fait faire des trophées en argent pour ses victoires, et s'affronte à Hermann Göring (Barry Primus), un autre pilote de l'escadrille. Boelcke étant mort suite à une collision en vol, von Richthofen prend la tête de l'escadrille. Brown devient de plus en plus aigri alors que le pilote allemand est "dopé" par ses combats aériens. Outragé par un ordre dictant de camoufler les appareils, Richthofen les fait peindre au contraire en couleurs très voyantes, prétextant qu'un gentilhomme ne doit pas se cacher de l'ennemi...

Roger Corman a eu longtemps envie de tourner un film sur le Baron Rouge. Le scénario s'inspire de très, très loin de la réalité : la confrontation entre von Richthofen et Brown est plutôt le prétexte à une réflexion sur le caractère impitoyable, ou non, de la guerre aérienne en 1914-1918. Corman dispose d'un budget impressionnant : il fait appel à Lynn Garrison, ancien pilote canadien qui a réuni un cirque aérien de la Grande Guerre pour le tournage du film Le crépuscule des aigles (1966). Il dispose ainsi de SE 5, de Pfalz D.III, de Fokker D.VII, de Fokker Dr. I. Des Tiger Moth et des Stampe SV4C déguisés complètent l'ensemble. Les séquences aériennes sont filmées à partir d'un hélicoptère Alouette et par des caméras fixées sur les avions : Garrison a formé Law et Stroud, qui jouent les deux pilotes, pour qu'ils puissent décoller, atterrir et voler un minimum. Les professionnels prennent en charge les séquences aériennes plus complexes. Le 15 septembre 1970, Charles Boddington, un vétéran du tournage du Crépuscule des Aigles, se tue aux commandes de son SE 5 en effectuant une passe à basse altitude au-dessus du terrain. Le lendemain, un choucas vient heurter de plein fouet Garrison, qui pilote avec Stroud pour une scène à basse altitude : l'appareil s'écrase dans une rivière, heureusement sans mal pour les deux pilotes, Garrison étant néanmoins inconscient en raison du choc avec l'oiseau. Les autorités irlandaises, pays où est tourné le film, suspendent d'ailleurs le tournage de peur d'autres incidents. Les scènes d'intérieur sont tournées à Powescourt House, un ensemble architectural irlandais dessiné par un Allemand, qui renforce le réalisme des séquences.



Le film, assez faible au plan du scénario, vaut donc essentiellement pour ses parties aériennes. Car pour le reste, point de trame, point de caractérisation des personnages non plus. En dehors des scènes de combat aérien, le reste est quasiment du remplissage pour meubler.


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