mardi 2 décembre 2014

2ème Guerre Mondiale n°57 (décembre 2014-janvier 2015)

Peu d'écrits pour moi dans ce numéro : je signe un focus Actualité sur l'Irak pendant la Seconde Guerre mondiale et une petite chronique cinéma sur le film L'aigle s'est envolé (1976). Vous trouverez également p.4-5 quatre résumés de fiches de lecture parues sur le blog. A noter une couverture non German Bias, pour une fois !

- Franck Ségretain revient à la Résistance, où il est à mon sens meilleur que quand il s'attaque à l'histoire militaire pure. Il explique comment la Résistance a appliqué le plan "d'insurrection nationale", avec plus ou moins de bonheur : efficacité dans le sabotage, échec dans le cadre des confrontations plus classiques avec l'armée allemande. Le retour à la guérilla mobile s'est imposé. Les FFI auront apporté un soutien appréciable aux armées alliées -et payé par un prix du sang assez élevé- sans avoir de résultat vraiment décisif.

- la chronique Ecrire l'histoire de Benoît Rondeau est en quelque sorte un modèle du genre. L'auteur incorpore d'ailleurs les références incontournables dans le texte. Les Britanniques ont eu à coeur de souligner leur contribution pendant le conflit, parfois en écartant un peu vite leurs alliés. Ils sont plus enclins à dénigrer leurs adversaires (Italiens) ou leurs alliés (Américains) qu'à reconnaître leurs propres échecs. L'armée britannique, diverse, cosmopolite, a su cependant atteindre un maximum avec Montgomery, qui a su lui aussi entretenir sa légende. Et pourtant, la Seconde Guerre mondiale marque sans aucun doute la fin du déclin de l'Angleterre face aux Etats-Unis et à l'URSS, autres grands vainqueurs du conflit.

- le dossier de Vincent Bernard est consacré à la bataille de Bastogne. Les Allemands manquent l'occasion de changer la configuration de la bataille le 19 décembre, par prudence et absence de renseignements précis. S'ensuit un siège en règle qui ne débouche pas, comme on sait. Pour les Américains, Bastogne est d'abord un carrefour routier qu'il s'agit de conserver. Comme les Allemands, les Américains surestiment souvent les forces qui leur font face. Le dossier se termine par quelques témoignages américains sur la bataille.

- la fiche Personnage porte sur le général allemand Hasso-Eccard Freiherr von Manteuffel. Comme de coutume, le portrait est aussi détaillé que faire se peut, en revanche Benoît Rondeau n'a pas indiqué cette fois-ci quelques références bibliographiques.

- Vincent Bernard signe également l'article sur la bataille de Brest. Le port de Brest pourrait soulager la logistique alliée. Les Américains lancent, après la percée de Cobra, le VIIIth Corps sur la Bretagne, et en particulier les 4th et 6th Armored Divisions. Les blindés ne peuvent empêcher les Allemands de se retrancher dans la ville. A ce moment-là, la capture du port n'est plus nécessaire pour des raisons stratégiques, mais bien plutôt pour montrer que l'armée américaine ne renonce pas. Il faudra près d'un mois de siège en règle pour aboutir à la capitulation de Brest, le 19 septembre 1944, après un combat de rues acharné qui dissuadera les Alliés de mener à bien d'autres sièges de poches sur l'Atlantique. Dans sa biblio, l'auteur ne parle pas du chapitre du livre de M. Doubler consacré à la bataille, ni l'histoire de la 29th ID de Balkoski, pourtant intéressants pour son sujet.

- enfin, Benoît Rondeau évoque l'infanterie de l'Afrika Korps. Article de facture plus classique que la chronique Ecrire l'histoire, sur le sujet maîtrisé par l'auteur qui a signé un livre sur l'Afrika Korps. Ce dernier manque d'une infanterie pourtant bien utile sur les positions défensives. Rommel manquera toujours d'infanterie, qui subit par ailleurs de lourdes pertes durant l'opération Crusader. La carence est toujours présente en 1942, d'autant que les pertes peinent à être comblées.

- la fiche Uniforme porte sur un Aufklärer de la 90. Leichte-Afrika-Division.

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