samedi 22 novembre 2014

Fred DUVAL, Jean-Pierre PECAU et Colin WILSON, Jour J, tome 10 : Le gang Kennedy, Paris, Delcourt, 2012, 65 p.

1947. La Nouvelle-Orléans, capitale de la Nouvelle-France, est la base arrière de tous les trafiquants d'alcool de la jeune Union américaine du Nord puritaine, les restes des colonies anglaises après la défaite de Londres pendant la guerre de Sept Ans. Joe Kennedy, l'un des plus gros trafiquants d'alcool, décide de se présenter à l'élection présidentielle de l'Union pour mettre fin à la prohibition. Il demande à ses deux fils, Joe Junior et Jack, d'aller chercher une dernière cargaison d'alcool à la Nouvelle-Orléans. Mais le voyage va s'avérer périlleux...

Tome 10 décevant pour la série uchronique (modification de l'histoire à partir d'un événement déformé) Jour J de chez Delcourt. Difficile en effet de s'immerger dans une histoire qui fait vivre l'uchronie à l'époque en question mais sans très bien expliquer comment on en est arrivé là : on saura juste que les Anglais ont perdu la guerre de Sept Ans, mais pas comment les colonies ont survécu. Et quand bien même le scénario est bien ficelé et se lit bien, on regrette de ne pas en savoir plus sur le point de départ de l'uchronie et ses suites, et ce d'autant plus que l'album se développe sur plus de 60 pages, soit plus que certains autres volumes. On remarque de nombreuses références à des faits ou des personnages tout à fait historiques (Lafitte, la proximité Joe Kennedy-Hitler, Lindbergh, Clouzot, etc). Les deux auteurs du scénario manipulent l'uchronie dans tous les sens, et on a un peu de mal à s'y retrouver : s'agit-il des aventures des deux fils d'un gros bootlegger, ou bien de la dénonciation d'une société inégalitaire, ou bien encore de remplir des cases avec des figures historiques qui n'apparaissent qu'une seule fois ? Ou bien de montrer, par le prisme de la famille Kennedy (où le père fait figure de repoussoir et les fils d'aimants), une société qui vire vers le fascisme ? On finit par s'y perdre un peu. D'autant qu'on reste aussi toujours "collé" à l'histoire franco-britannique, de manière large. Et qu'il faudrait en fait plusieurs tomes pour tout développer.




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