dimanche 14 septembre 2014

Luca BLENGINO, Pasquale DEL VECCHIO, HUBERT, WW2.2, tome 5 : Une odyssée sicilienne, Paris, Dargaud, 2013, 56 p.

1942. Montgomery lance l'assaut à El Alamein tandis que les Américains débarquent en Afrique du Nord. Les Allemands doivent également faire face à des pilonnages aériens de plus en plus nombreux. Les Japonais, quant à eux, reculent face aux Soviétiques et aux Chinois rouges de Mao. Pour les soutenir, les Américains entrent en action avec l'US Navy et débarquent au nord de Vladivostok, fonçant jusqu'au lac Baïkal. L'Italie est menacée par l'opération Sirocco, qui vise à la faire sortir de la guerre... Mars 1943, Sicile. Le sous-lieutenant Nada, ancien de Decima Mas, est sauvé du peloton d'exécution par le Saint-Siège. Avec un autre rescapé, l'enseigne de vaisseau Velasco, il se voit confier une mission particulièrement dangereuse : récupérer un document écrit par le pape Pie XII, qui vient juste de périr sous les bombes américaines à Rome, confié à un pilote italien abattu par la DCA allemande au large de la Sicile...


WW2.2 est la série uchronique sur la Seconde Guerre mondiale de Dargaud. Après un premier tome poussif, elle a connu une véritable montée en puissance, les tomes 3 et 4 en particulier étant nettement relevés. La série compte en tout 7 tomes. Le n°5 est encore bon, bien que peut-être inférieur aux deux précédents.



Le scénariste a l'habileté de conserver certains éléments historiques, comme la victoire d'El Alamein et le débarquement en Afrique du Nord, mélangés à de la pure uchronie comme le maintien de l'alliance URSS-Allemagne et l'intervention américaine en faveur du Japon qui combat les Soviétiques. D'ailleurs chronologiquement l'invasion de la Sicile, qui commence le 10 juillet 1943 en réalité, est assez proche de celle de l'uchronie qui débute un peu plus tôt.

Le scénario joue ici la carte italienne, un des belligérants les plus méconnus traditionnellement de la Seconde Guerre mondiale. Il n'est guère étonnant que les auteurs aient choisi d'évoquer un corps d'élite, la Decima Mas, celui des nageurs de combat et autres armes marines et sous-marines spéciales comme les Maiali -et qui historiquement d'ailleurs, restèrent souvent jusqu'à la fin avec Mussolini, après la capitulation de septembre 1943, sous la république de Salo ; certains contribuèrent même au néo-fascisme italien après 1945. L'évocation du rôle de la papauté n'est pas en soi inintéressant -avec un coup de paumade pour Pie XII- mais le scénario peine à en exploiter tous les ressorts. La réhabilitation des Italiens comme combattants -et notamment de leur marine- fait appel à des refrains connus : commandement inefficace ou incapable, fanatisme de quelques-uns, etc. L'ensemble du scénario peine à convaincre, l'histoire ne décolle pas, même si les auteurs jouent aussi sur le côté "mystère" (que contient donc la fameuse valise remise par Pie XII au pilote ?).



Au final, le tome fait un peu redescendre la série en se rapprochant trop de l'histoire et sans doute pas assez de l'uchronie construite depuis le premier tome. Ces héros italiens, résistants malgré eux, manipulés par le Saint-Siège et pourchassés par leur propre armée sur fond de complot politico-religieux, ne font pas très crédibles. Malgré de belles planches, espérons que les deux derniers tomes feront remonter un peu l'épopée de WW2.2.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire