mercredi 10 septembre 2014

Jacques ROBICHON, Le débarquement en Provence, J'ai Lu Leur Aventure 53, Paris, Editions J'ai Lu, 1970, 565 p.

Le débarquement en Provence du 15 août 1944 a souvent été "éclipsé" par son grand frère de Normandie du 6 juin 1944. En 1962, Jacques Robichon publie cet ouvrage assez imposant (plus de 500 pages de texte) sur le débarquement en Provence, réédité en poche par J'ai Lu dans la collection bleue en 1970 et même encore récemment, aux Presses de la Cité, en 2003. Robichon s'est notamment appuyé, dans son travail, sur les ouvrages de Morison aux Etats-Unis et sur les services des armées en France, en Allemagne, et au Canada. Il a puisé également dans de nombreux témoignages d'acteurs : ceux de Speidel côté allemand ou de De Lattre côté français, de Churchill côté anglais, ou bien encore dans ceux plus obscurs des résistants locaux, ou du journaliste Pierre Ichac. Il a également pris contact avec de nombreux survivants, en particulier français, mais aussi allemands, plus d'un millier de personnes lui ayant répondu par écrit.

Le résultat est un récit vivant, mais très classique dans la forme, de la genèse, du déroulement et des conséquences (jusqu'à la jonction entre 2ème DB et 1ère DFL en septembre 1944) du débarquement en Provence. Le livre fait immédiatement penser au Jour le plus long de C. Ryan, dont il est d'ailleurs contemporain, avec les mêmes défauts et peut-être un peu moins de qualités (style moins enlevé notamment). Il a sans doute le mérite, en français, d'être le premier à aborder le sujet dans l'ensemble, mais il se repose beaucoup sur des témoignages, anecdotes rapportées et pas forcément recoupées, bref, un travail simple qui se limite au minimum. Et qui est aussi marqué par une très forte tendance à ne traiter en détails que les aspects français de l'opération, beaucoup moins les côtés américain et allemand, qui sont cependants présents. Idéal sans doute pour une première approche ou découverte du sujet, ce travail, longtemps resté une référence, a été dépassé depuis par des travaux français -sans parler de ceux étrangers- plus sérieux, se reposant davantage sur des documents d'archives et faisant appel à une méthode plus historienne (on pense à ceux de Paul Gaujac dès les années 1980, mais depuis à d'autres qui lui ont succédé). On ira donc chercher de ce côté pour avoir un point de vue actualisé du sujet.



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