mardi 1 juillet 2014

Le commando de la mort (A Walk in the Sun) de Lewis Milestone (1945)

Septembre 1943, pendant le débarquement à Salerne. Une section de 53 hommes de la 36th Infantry Division du Texas attend de débarquer dans le golfe de Salerne, en Italie, dans une barge au large de la côte. Le lieutenant Rand, qui commande la section, est blessé par un éclat d'obus allemand qui lui emporte la moitié du visage. Le sergent Halverson prend le commandement et ordonne au sergent Porter (Herbert Rudley) de faire débarquer les hommes tandis qu'il cherchera le capitaine pour confirmer les ordres. L'infirmer McWilliams reste avec le lieutenant Rand tandis que la section débarque et se retranche pour se protéger de l'artillerie et des mitrailleuses. Le sergent Tyne (Dana Andrews) s'interroge sur la marche à suivre si Halverson ne revient pas ; au matin, les sergents décident d'envoyer les hommes dans les bois pour les protéger des avions allemands qui commencent à attaquer la flotte. Tyne reste sur la plage pour attendre les nouvelles : McWilliams, qui arrive peu après, lui apprend que Rand et Halverson ont été tués. Bientôt l'infirmier est tué par un straffing de chasseur allemand. Tyne rejoint la section dans les bois qui a perdu un tué et deux blessés sous les coups du même chasseur, dont le sergent Hoskins, le plus gradé qui reste. Porter doit donc assumer le commandement et Tyne doit l'aider, alors que Hoskins lui conseiller de le surveiller car il pense que Porter peut flancher au feu...

Source : http://www.cinema.ucla.edu/sites/default/files/imagecache/Large/images/pages/WalkInTheSun2.jpg


A Walk in the Sun est basé sur un roman de Harry Brown, un auteur américain qui a travaillé pour le magazine Yank, en Angleterre, pendant la Seconde Guerre mondiale. Produit par la Fox, le film a bénéficié du conseil technique du colonel Drake, un soldat de 2ème classe devenu sergent pendant la Grande Guerre puis qui commande le 168th Infantry Regiment de la 34th Infantry Division en Afrique du Nord. Capturé à Kasserine, Drake est échangé en 1944 contre d'autres prisonniers allemands et retourne aux Etats-Unis. Tourné pendant la guerre, le film inclut des matériels américains pour simuler ceux de l'adversaire allemand : un half-track camouflé en Sdkfz 251, des P-51 pour reproduire les Bf 109, des P-38 qui poursuivent un T-6 jouant les Fw 190, sans parler des armes individuelles. L'US Army, qui a obtenu d'introduire Drake pour le tournage, a demandé à Milestone de rajouter deux scènes supplémentaires : l'une pour expliquer pourquoi les soldats américains n'utilisent pas de bazookas pendant l'attaque finale, et l'autre pour préciser la mission de la section, qui finalement n'apparaît pas au montage final.



 
A Walk in the Sun par FMO-Movies


Car il faut dire que Lewis Milestone, déjà réalisateur d'A l'ouest rien de nouveau (1930), ne livre pas un film de guerre conventionnel pour l'époque. On comprend que l'US Army ait insisté pour rajouter une scène quant à la mission car celle-ci n'est pas vraiment au centre du scénario. On n'en sait d'ailleurs pas grand chose, alors que le film est pourtant l'un des rares à évoquer le débarquement de Salerne, au déroulement on ne peut plus chaotique et dramatique. En réalité, le film s'intéresse au parcours des hommes constituant cette section de la 36th Infantry Division, à travers un focus sur une bonne dizaine de personnages. C'est une réflexion sur l'homme face à la guerre, avec une intention plutôt pacifiste que l'on retrouve dans d'autres films du réalisateur. Pourquoi les hommes se battent, comment font-ils face à la peur, comment la surmontent-ils ou pas, quel est le rapport à l'ennemi (la rencontre surréaliste avec les deux soldats italiens en fuite)... à tel point que la guerre en devient secondaire, jusqu'à ce qu'elle se rappelle au bon souvenir des GI's en reconnaissance derrière les lignes ennemies. L'assaut final n'a ainsi rien d'héroïque ni de glorieux, mais vient rappeler aux soldats que de durs combats les attendent encore jusqu'à la fin de la guerre. A noter la présence d'une pléiade d'acteurs promis à un brillant avenir : Richard Conte, John Ireland, Lloyd Bridges notamment. Une réalisation originale qui est parfois considérée comme la meilleure oeuvre de Milestone, ce qui peut sans doute se discuter. A redécouvrir, en tout cas.



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