jeudi 12 juin 2014

Peter TREMAYNE, La ruse du serpent, Grands Détectives 3788, Paris, 10/18, 2005, 382 p.

Janvier 666 ap. J.-C. . Un cadavre féminin décapité est retrouvé dans un des puits de l'abbaye féminine du Saumon des Trois Sources, au sud-ouest du royaume de Muman. Soeur Fidelma, qui a mis en échec les ambitions du royaume Laigin au monastère de Ros Ailithir, est appelé d'urgence sur place pour résoudre le crime. Mais alors qu'elle navigue sur le bateau de Ross le marin, elle croise la route d'un navire en perdition, abandonné par ses occupants, sur lequel elle trouve la Bible dédicacée qu'elle avait offert au moine saxon Eadulf, avant de le laisser à Rome, un an plus tôt... qu'est-il arrivé à Eadulf et surtout cette disparition a-t-elle à voir avec le meurtre dans l'abbaye ?

Quatrième tome des aventures de Fidelma, La ruse du serpent est directement tirée d'une mention des Annales d'Ulster, une compilation de sources plus anciennes réalisées à la fin du Moyen Age. Le volume marque le retour du moins saxon Eadulf, qui n'aura donc été absent que pendant un seul épisode.

Encore une fois, toute l'habileté de Tremayne est de mêler adroitement l'enquête policière (je ne suis rappelé de la solution, et que partiellement, à la fin, et pourtant je l'avais déjà lu au moins une fois) et contexte historique. Une bonne part de la réussite du volume doit à la combinaison entre, d'un côte, l'enquête à l'abbaye féminine, et d'autre part, le mystère de la disparition d'Eadulf sur le bateau fantôme. Malheureusement, le final manque un peu de panache : on aurait aimé, pour le coup, avoir en plus une description de la bataille de Cnoc Aine entre Muman et les Ui Fidgenti... cependant, il faut constater que l'auteur ne manque pas d'idées pour bâtir son histoire, c'est appréciable.

Un défaut peut-être, qui va s'accroître avec les tomes suivants : Tremayne a tendance à voir les choses tout en blanc ou tout en noir en qui concerne la querelle religieuse entre Rome et l'Eglise d'Irlande. Cette dernière est souvent parée de toutes les qualités, de même que le système de législation civile irlandaise existant avant l'arrivée de la religion chrétienne, alors que l'Eglise romaine fait figure de "grand méchant" (la nuance est plus ou moins fine selon les tomes) de l'histoire. Malheureusement je ne connais pas encore assez bien l'histoire irlandaise du Dark Age pour être définitif (je vais tâcher d'y remédier), mais Tremayne, me semble-t-il, exagère un peu. Ceci étant dit, les aventures de Fidelma restent toujours aussi passionnantes au bout de quatre tomes.



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