lundi 30 juin 2014

Le Bras de la Vengeance (Du bei dao wang) de Chang Cheh (1969)

Fang Gang (Jimmy Wang), le sabreur manchot, s'est retiré à la campagne avec son épouse, où il travaille comme un simple paysan. Mais 8 chefs de bandits, avec leurs propres styles de kung-fu et des armes originales, tentent d'imposer leur loi aux écoles d'arts martiaux du pays. Ils capturent les chefs des écoles et envoient un ultimatum à leurs élèves et à leurs parents : ceux-ci doivent se couper le bras droit et l'apporter à leur forteresse pour revoir leurs maîtres en vie. Fang Gang hésite d'abord à renoncer à sa retraite, mais devant la cruauté et la violence des bandits, il décroche à nouveau sa lame brisée pour rétablir la justice...

Le Bras de la Vengeance est la suite du film Un seul bras les tua tous (1967), qui met en scène les exploits de Fang Gang, le sabreur manchot. C'est le deuxième volet d'une trilogie qui se termine avec La Rage du Tigre (1971), qui inspire à Tsui Hark, en 1995, un remake intitulé The Blade.

Cette trilogie est importante dans l'histoire du genre wu xia pian (film de sabre chinois) : en effet celui-ci mettait souvent jusqu'alors en scène des héros féminins. Avec la trilogie du sabreur manchot, c'est l'inverse : de nobles guerriers masculins doivent se séparer de leurs femmes. Chang Cheh n'attribue guère le beau rôle aux femmes : dans Le Bras de la Vengeance, Fang Gang hésite à s'engager à cause de son épouse, qui constitue plus un poids pour lui qu'autre chose (même si la conclusion renverse ce postulat) ; en outre un des chefs des bandits est une femme qui joue de sa condition pour travestir son rôle d'assassin.

Source : http://www.hkcinemagic.com/fr/images/docs/large/return-of-the-one-armed-swordsman-wang-yu40_af6cf3db036345071f80877b8f91f17c.jpg


Manifestement, le premier volet, Un seul bras les tua tous (que je n'ai pas encore vu) est le plus élaboré quant au scénario. Le Bras de la Vengeance, lui, est très concentré sur l'action : le générique met d'ailleurs en scène les différentes armes des chefs bandits, qui ne dépareilleraient pas dans un James Bond comme On ne vit que deux fois, sorti quelques années plus tôt. Malgré tout, la chorégraphie des combats d'arts martiaux est plus que plaisante et le propos n'est pas dépourvu de considérations morales, notamment dans la scène finale. Fang, après avoir terrassé le chef des 8 bandits, laisse ce dernier être coupé en morceaux par ses alliés des écoles d'arts martiaux, et retourne avec son épouse à sa vie de paysan, tout en jetant la plaque commémorative que ces derniers lui ont offert peu avant -un critique faisait le parallèle avec la scène finale de L'inspecteur Harry (1971), où Dirty Harry fait exactement la même chose après avoir abattu Scorpio (avec sa plaque de policier).



Le Bras de la Vengeance, avant La Rage du Tigre, incarne en quelque sorte la phase de sommet du wu xia pian, qui laissera ensuite la place au kung fu pian de Bruce Lee. Le film multiplie les affrontements engageant des dizaines de combattants et met en scène au moins une centaine de morts dans les duels, dans une sorte de préfiguration du dernier volet qui constitue, paraît-il (il me reste aussi à le voir), le chef d'oeuvre du réalisateur.




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