mardi 18 mars 2014

Nicholas MONSARRAT, La mer cruelle, Paris, Presses Pocket, 1979, 533 p.

1939. L'Angleterre vient de déclarer la guerre à l'Allemagne. Le capitaine de corvette Ericson, réserviste de la Royal Navy, prend le commandement d'une corvette de classe Flower, un navire bricolé pour la lutte anti-sous-marine des plus rudimentaires, le Compass Rose. Il doit déjà composer avec un second australien, James Bennett, guère formaté pour son poste. Il accueille bientôt deux officiers à peine sortis de l'école, Lockhart et Ferraby. Bientôt les officiers et les hommes du Compass Rose sont propulsés dans toute la dureté de la bataille de l'Atlantique. L'ennemi le plus redoutable, c'est la mer, souvent cruelle...

Le Lieutenant Commander Monsarrat était un romancier britannique particulièrement connu pour ses oeuvres portant sur la mer. The Cruel Sea (1951) est peut-être le plus fameux, notamment parce qu'il a été adapté au cinéma quelques années plus tard. Etrange destinée que celui de cet homme, plutôt pacifiste, qui s'ennuie dans des études de droit et se lance, de 1934 à 1939, dans l'écriture comme auteur indépendant pour des journaux et, déjà, dans des romans. Pendant la guerre, en tant que réserviste de la Royal Navy, il sert sur des petits bâtiments chargés de l'escorte des convois et s'y comporte bien : il finit la guerre comme commandant d'une frégate. Il prétend avoir vu le fameux navire fantôme "le Hollandais Volant" dans le Pacifique. Après la guerre, il entame une carrière diplomatique puis se consacre entièrement à l'écriture en 1959.

La Mer Cruelle, sa première oeuvre post-guerre, est considérée comme la meilleure et c'est celle qui reste le plus lue aujourd'hui. Elle est largement inspirée du parcours de Monsarrat pendant la guerre : il a commandé une corvette de classe Flower et d'autres modèles de corvette, ainsi que plusieurs frégates. Le parcours de l'officier Lockhart rappelle la biographie de l'auteur, qui décalque probablement sa propre expérience. C'est l'un des premiers livres qui raconte la vie des petits bateaux chargés de l'escorte des convois dans l'Atlantique.




 




En 1953, Charles Frend s'inspire du roman pour réaliser un film, La Mer Cruelle, avec notamment Jack Hawkins, Stanley Baker et le jeune Denholm Elliott. Le résultat est plutôt intéressant ; personnellement, j'aime beaucoup le film, que j'ai d'ailleurs vu avant de lire le livre (ce qui évite la sensation du puriste). On y retrouve l'esprit du roman, en raccourci évidemment, malgré quelques longueurs. Le film, soutenu dans la production par la Royal Navy, a remporté un grand succès en Angleterre à sa sortie, et a également été plébiscité aux Etats-Unis.

La Mer Cruelle reste un classique de la littérature sur la bataille de l'Atlantique, probablement mieux réussi et un peu plus profond que le HMS Ulysses d'Alistair McLean que je commentais l'autre jour.

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