vendredi 24 janvier 2014

Gunga Din (1939) de George Stevens

Dans les années 1880, à la frontière nord-ouest de l'Inde, colonie britannique. Des inconnus attaquent un avant-poste anglais et massacre la garnison de Tantapur. Le colonel Weeds envoie un détachement pour évaluer la situation sous les ordres de trois sergents baroudeurs et amis des Royal Engineers, MacChesney (Victor McLaglen), Cutter (Cary Grant) et Ballantine (Douglas Fairbanks Jr). Parmi les porteurs indiens qui les accompagnent, il y a Gunga Din (Sam Jaffe), porteur d'eau, qui ne rêve que de devenir un soldat de sa Grâcieuse Majesté...

Gunga Din témoigne du succès de la thématique des Indes dans le cinéma américain après Les 3 lanciers du Bengale de Hattaway, sorti en 1935. La charge de la brigade légère de Curtiz sort l'année suivante, et la RKO, à son tour, offre un budget colossal à la disposition de Howard Hawks pour réaliser cette adaptation d'un poème de Kipling. Hawks étant trop lent, la RKO confie la réalisation à George Stevens. Le film est tourné dans le désert californien.





Film d'aventures qui a remporté un grand succès à l'époque (il est cependant sorti la même année qu'Autant en emporte le vent et Le magicien d'Oz), Gunga Din a, par certains côtés, mal vieilli. Autant les scènes d'action restent spectaculaires, malgré la pauvreté des effets spéciaux bien sûr, autant les passages intermédiaires comportent de nombreuses longueurs. Stevens a misé sur les plans de bataille, en particulier, et cela se voit : les scènes comiques entres les trois sergents sont parfois à la limite de la caricature. Pendant le tournage de la scène où les trois sergents résistent en haut du temple au siège des Thugs en attendant les secours, il fait très chaud et les acteurs se rafraîchissaient avec des bières. Comme la lumière était bonne, Stevens leur a imposé de rester longtemps en place, malgré la chaleur qui était plus forte ce jour-là ; un peu éméché, McLaglen, n'en pouvant plus, a uriné du haut de l'édifice, faisant hurler de rire ses deux collègues... Le côté quelque peu décalé des trois sergents britanniques n'empêche d'ailleurs pas le propos d'être plutôt un ode à la gloire de l'Empire, même si le réalisateur a eu la bonne idée de faire figurer Kipling, notamment dans la scène finale, pour faire le lien avec le poème. Malheureusement, le grimage de Sam Jaffe, qui joue Gunga Din (censé être un jeune garçon, mais l'acteur a 47 ans...), et du chef des Thugs, un acteur italien, n'est pas très convaincant. Reste que le film a sans doute contribué à inspirer Steven Spielberg pour le deuxième volet d'Indiana Jones, Le temple maudit : les scènes du pont suspendu et celles des Thugs évoquent immanquablement quelque chose... 



2 commentaires:

  1. En fait Hollywood est en mal d'exotisme pendant les années années 30 et jusque tard après la guerre. Il suffit de voir le nombre de films situés en France (Ninochka, Passage to Marseille), en Afrique du Nord (Beau Geste, Casablanca), l'Asie du Sud-Est (Macao, Shanghai Express), etc.

    Je crois que c'est l'effondrement du système des studios dans les années 50-60 qui amène la fin de cette tendance à laquelle on est jamais revenu, les films aujourd'hui restent très casaniers.

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  2. Il y avait un article dans un hors-série de L'Histoire sur les Etats-Unis à propos du cinéma américain, il faudrait que je relise pour voir s'il parle des thèmes.

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