lundi 16 décembre 2013

Sylvain CREPON, Enquête au coeur du nouveau Front National, Les enquêteurs associés, Paris, Nouveau Monde éditions, 2012, 304 p.

Sylvain Crépon est docteur en sociologie, chercheur au laboratoire Sophiapol de l'université Paris-Nanterre. Il étudie le Front National depuis le milieu des années 90.

Il commence son livre par une anecdote relative au congrès de Tours, en janvier 2011, où Jean-Marie Le Pen passe officiellement la main à sa fille, après quasiment 40 ans à la tête du Front National. Farid Smahi n'est pas reconduit au bureau politique et fait une scène devant les caméras. Ancien partisan de Bruno Gollnisch, Smahi a longtemps servi de caution antiraciste au FN : fils d'un soldat algérien de la Seconde Guerre mondiale, il était contre la binationalité et incarnait la dimension pro-arabe et anti-sioniste du FN. Or Marine Le Pen, au contraire, cherche désormais à se rapprocher d'Israël : autant dire que Smahi est en porte-à-faux. La nouvelle dirigeante du parti, en effet, joue un jeu compliqué : sortir le parti de son image d'extrême-droite traditionnelle, mais conserver l'image de parti anti-système, et séduire davantage encore les classes populaires. L'éviction de Smahi est le signe de lignes de fracture encore parfois mal acceptées au sein du parti. C'est cette évolution que tente de cerner Sylvain Crépon, à travers 5 chapitres.

Le premier rappelle, rapidement, les origines du FN. L'extrême-droite est en réalité une catégorie fourre-tout où les courants sont légion. En France, elle naît notamment de la rencontre entre la tradition contre-révolutionnaire et un nationalisme exacerbé tel qu'on peut le voir au moment de l'épisode Boulanger, à la fin du XIXème siècle. Vient ensuite l'Action Française de Maurras, les Croix de Feu de La Rocque, le PPF de Doriot et les mouvements collaborationnistes pendant l'Occupation. Après la Seconde Guerre mondiale, l'extrême-droite s'incarne dans l'UCDA de Poujade, avant de s'effondrer avec l'arrivée au pouvoir de De Gaulle, ne laissant plus que des groupuscules comme Ordre Nouveau (ON) ou l'Oeuvre Française. Le GRECE naît de la volonté de redynamiser le courant issu de la contre-révolution ; en parallèle, l'ON comprend qu'il faut sortir de la logique groupusculaire et fonde, en 1972, le Front National, un parti placé sous l'autorité de Jean-Marie Le Pen, un vétéran du poujadisme. Progressivement, ce parti va fédérer les différents courants de l'extrême-droite, d'abord au nom de l'anticommunisme, se rapprochant par exemple des catholiques intégristes. Mais c'est avec le choix du thème de l'immigration, qui permet de contourner l'étiquette du racisme, que le FN s'impose à partir de 1978. Les premiers succès majeurs arrivent dès 1983, à Dreux. Avec la disparition du communisme entre 1989 et 1991, une pirouette spectaculaire permet au FN d'attribuer le rôle de l'adversaire aux Etats-Unis. C'est le moment où les membres du GRECE et du Club de l'Horloge rejoignent eux aussi le FN -on y trouvait des personnes comme Dominique Venner ou Alain de Benoist. Le FN capte l'électorat ouvrier, reprend le slogan "Ni droite, ni gauche" de Doriot, pose désormais, pendant la guerre du Golfe, la barrière entre défenseurs de l'identité nationale et "cosmopolites". C'est à la fin des années 90 qu'une nouvelle génération de militants, autour de Samuel Maréchal aux Jeunesses du FN, dont est déjà proche Marine Le Pen, cherche à mettre en avant une nouvelle approche.



C'est pourquoi, dans le deuxième chapitre, Sylvain Crépon rappelle que la montée de Marine Le Pen est aussi une histoire de générations. La fille du dirigeant historique du FN n'entre sur la scène politique qu'assez tard, en 1998, même si sa carrière d'avocate lui a déjà donné l'occasion de défendre les idées d'extrême-droite. Avec le conflit entre Mégret et Le Pen, qui se termine par la défaite du premier, la nouvelle génération a l'occasion de prendre des postes importants au sein du parti. Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen, est un exemple phare de ce processus. A ce moment-là, Jean-Marie Le Pen souffre déjà de deux handicaps pour la nouvelle génération : ses provocations tonitruantes et la pauvreté de son programme. Le choc de 2002 va accélérer l'évolution. Le FN se retrouve au deuxième tour de l'élection présidentielle, sans l'avoir vraiment anticipé. Résultat : il arrive très mal armé au second tour, et fait évidemment l'objet d'un rejet massif. Marine Le Pen, qui pour la première fois est apparue en force sur les plateaux de télévision, met alors en oeuvre les prémices de la stratégie de dédiabolisation, autour du mouvement Générations Le Pen. Il s'agit de donner davantage de crédibilité, en proposant et non plus en contestant seulement. En outre, les anciens mégrétistes sont progressivement réincorporés, et des ralliements d'autres partis mis en exergue. Mégret, ancien du RPR, avait lui-même plaidé pour cette stratégie de dédiabolisation. Marine Le Pen va devoir affronter, aussi, l'opposition des "traditionnalistes" du parti, opposés à la dédiabolisation : Bernard Antony, Jacques Bompard, puis Carl Lang, etc. En janvier 2005, elle s'oppose même à son père, qui évoque la "douceur" de l'Occupation, alors que celui-ci avait acquiescé à la stratégie de normalisation. Dès lors, Marine Le Pen comprend que rallier son père ne servira à rien, il faut le remplacer. C'est elle qui dirige la campagne présidentielle de 2007, qui se termine en grave défaite : elle est donc sous le feu de ses opposants du parti. Mais Briois et Bilde la poussent à se présenter à Hénin-Beaumont, où le succès est fulgurant : elle améliore nettement le score du FN. Pour l'emporter à l'intérieur du parti, elle va, à l'image de Royal avec le PS, contourner le parti, chercher l'appui des sympathisants. Une stratégie qui lui permet de remporter haut la main la succession à son propre père face à Gollnisch.

Hénin-Beaumont, où elle a conforté le score du FN en 2007 aux législatives, a servi de véritable laboratoire à la nouvelle stratégie. Ville désindustrialisée, sinistrée économiquement et socialement, Hénin-Beaumont a vu le FN s'implante durablement en dépit de la présence ancienne de la gauche. L'endroit a connu une forte déstructuration sociale avec l'effondrement de l'activité minière, que ne compense pas l'économie mondialisée qui prend la suite, malgré la présence d'une énorme zone commerciale de 21 km². Marine Le Pen capitalise sur un discours nationaliste, à consonance sociale, combiné pour certains adhérents à un héritage de luttes sociales qui font partie du patrimoine local. De nombreux militants du PS et du PCF ont rallié le FN, déçus de la "trahison" des deux partis face à la classe ouvrière. Il faut dire aussi que le maire socialiste, réélu en 2008, a été traduit en justice pour des accusation de corruption et que le clientélisme, à gauche, a considérablement décrédibilisé les partis concernés. Les municipalités se chargent désormais d'actions sociales et de redistributions assurées autrefois par des institutions maintenant disparues ou marginales. Le PS s'est embourgeoisé, est ravagé par le carriérisme, les enjeux locaux sont minorés. A force de combattre le racisme et le FN, le PS a négligé les questions sociales. Le FN, lui, offre un espace de convivialité et de socialisation appréciable pour des personnes en mal de repères. Pas de démocratie interne, en revanche, le parti reste très pyramidal et hiérarchisé.

Peut-on dire que le FN serait ainsi devenu un parti républicain ? Pas vraiment si l'on se souvient du discours de Marine Le Pen le 10 décembre 2010, où celle-ci dénonçait les prières de rue sur les terres de son rival à la compétition interne, Gollnisch, à Lyon. Marine Le Pen colle en fait de près aux évolutions idéologiques (les valeurs républicaines sont acceptées, mais sont parfois suffisamment floues pour être instrumentalisées) et sociologiques (ghettoïsation des quartiers populaires, fracture ethnique importante, population d'origine immigrée qui cristallise toutes les rancoeurs) de la France. Opposition à l'immigration contre le communautarisme et au nom de principes républicains : c'était déjà le discours de Mégret. Celui de Jean-Marie Le Pen à Valmy, en 2007, conforme l'orientation. La xénophobie se base sur le "racisme antiblanc", la peur de la démographie des immigrés et de l'islam. L'immigration maghrébine et d'Afrique subsaharienne est pour le FN, inassimilable. Or le modèle français d'intégration s'est toujours montré réticent à accepter les particularismes : l'intégration dénoncée par le FN renvoie plus aux politiques multiculturalistes des pays anglo-saxons. D'où l'insistance sur le droit du sang pour définir la nationalité. L'immigré idéal se doit d'être invisible... A Marseille, le FN accuse même les autres partis de séduire volontairement l'électorat des quartiers "dominés par les immigrés", où le FN a du mal à percer. La ghettoïsation de ces quartiers fait le jeu du FN en accentuant un repli communautaire. Les jeunes immigrés, responsables d'un racisme antifrançais, de l'insécurité, ne peuvent prétendre selon lui à la citoyenneté française. Il est vrai que les jeunes issus de l'immigration maghrébine, en particulier, sont plus représentés chez les délinquants : mais ils cumulent aussi les handicaps sociaux. L'insécurité est davantage ressentie chez les classes populaires, qui ne sont plus les classes "dangereuses", mais les victimes d'une agression immigrée. Pour marteler le propos, Marine Le Pen abandonne l'antisémitisme de son père pour défendre la laïcité et diaboliser l'immigration arabe et musulmane. La défense de la laïcité cache en fait celle de valeurs chrétiennes devenues laïques, dans l'argumentaire du FN et de ses militants, pour rendre incompatibles islam et démocratie. Or 80% des musulmans français considèrent le terme laïcité comme positif ou très positif... Ce discours de normalisation n'a pas convaincu les classes moyennes, qui y restent assez imperméables. La préférence nationale de 1978, rebaptisée Priorité nationale en 2012, reste ainsi l'argument phare du parti. Les pouvoirs publics sont accusés de choisir la préférence étrangère. Les élus profiteraient du système : ce discours national-populiste croise malheureusement certaines réalités, et aussi le désenchantement par rapport à l'Europe. Le FN est vu comme la seule alternative pour reconstruire le pays entre patriotes et mondialistes. Le tout sur un socle où la citoyenneté se construit sur des fondements ethniques ou culturels.

Pourtant Marine Le Pen se place en porte-à-faux avec les traditionnalistes de son parti sur d'autres questions. Sur le rôle de la femme, par exemple, elle colle de plus en plus à l'égalité des sexes et ne remet pas en cause le droit à l'avortement, le tout en raison du remplacement des générations et des évolutions sociales du pays. Pas de féminisme, puisque la femme et sa place s'inscrivent dans la culture occidentale, face au monde musulman patriarcal et incapable de s'assimiler. Les valeurs démocratiques et la place des femmes ne seraient ainsi que l'apanage des cultures chrétiennes. L'obsession identitaire du FN le met mal à l'aise par rapport à la question de l'égalité des sexes. De la même façon, Marine Le Pen ne rejette pas les homosexuels, bien au contraire, puisqu'ils seraient victimes de la persécution des immigrés musulmans. Et de fait, l'électorat gay du FN s'est renforcé. En réalité, ces adhésions rejoignent celles des autres profils : désenchantement politique et xénophobie à peine dissimulée. En raison de son passé d'extrême-droite historique, le FN ne peut complètement jouer la carte de l'islamophobie en défendant les homosexuels, qui en interne ne sont pas complètement mis sur un pied d'égalité. En témoigne l'opposition constante au mariage gay. Le FN a su simplement s'adapter aux réalités sociales et politiques de son temps, pour séduire de nouvelles générations qui n'ont pas connu les combats "historiques" de l'extrême-droite : il subvertit l'héritage républicain en le manipulant à ses propres fins.

Un rapport de 2010 montre à quel point la société français est de plus en plus segmentée. La xénophobie augmente, particulièrement contre les musulmans. La crise économique et sociale fournit une première explication : c'est l'exemple, entre autres, d'Hénin-Beaumont. Les discours anxiogènes du président Sarkozy sur la laïcité et sur l'immigration ont convaincu beaucoup de Français d'un éclatement identitaire, d'un repli sur soi qui seraient inévitables. Pourtant les valeurs républicaines dominent, et c'est bien pour cela que le FN tente de les pervertir. Sa conception ethnique de l'identité lui fait entretenir la phobie du "métissage" : la question identitaire demeure la pierre angulaire du FN. Le parti reste néanmoins soumis à des tensions internes provoquées par ces choix et à celles entraînées par les ralliements d'autres tendances politiques.





20 commentaires:

  1. Pas très éclairant ce livre apparemment. Se focaliser sur les éléments les plus folkloriques du discours FN c'est refuser d'admettre que c'est une organisation qui se rêve en parti de gouvernement, qu'ils soient pour ou contre les prières de rue ou qu'ils aient un côté hard-core quand on parle de sécurité, c'est complètement subsidiaire.

    Le FN s'affirme comme un parti anti-marché à tendance autarcique. Ils s'opposent à l'euro, à la finance, aux importations et à l'immigration. En revanche (et c'est un corrollaire logique) ils favorisent l'assurance sociale, l'éducation nationale, etc. Au sens propre, ils ont donc une politique nationale socialiste, le reste c'est de la com.

    Le FN veut mener une politique volontariste du type de celle du général De Gaulle dans les années 60 (voire celle de la Russie soviétique ou de l'Italie et de l'Allemagne des années 30). On sait à quel point ces politiques sont irréalisables hors de contextes très particuliers de progression rapide de la productivité (scénario improbable dans la France d'aujourd'hui où la productivité est déjà très forte).

    Mais c'est vrai que parler des dangers des politiques de substitution des importations c'est moins vendeur que de crier au loup raciste. Si on veut vraiment jouer à se faire peur, ça ne sert à rien de se tourner vers les "années les plus sombres de notre histoire", il suffit de regarder la catastrophe qui est en train de se dérouler en ce moment même en Argentine pour se rendre compte que Marine et son orchestre sont de vrais grands cinglés.

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  2. Bonjour Stéphane,
    ce livre est une analyse assez fine de ce parti. Cela démontre surtout un parti opportuniste, au programme "attrape tout" (et qui empreinte en ce moment des thématiques oubliés par les partis de gauche dans son programme), afin d'élargir sa base électorale. Ce qui me surprend tout de même dans la montée du FN, ce sont les ralliements d'un certain nombre de militants des partis de gauche, ces derniers combattant assez vigoureusement l'extrême droite. On ne peut pas tout mettre sur le dos de Sarko. Il y a quand même une énorme frustration des citoyens français à l'encontre du gouvernement actuel. Le terme national populiste est peut être le plus approprié actuellement pour définir ce parti.

    Bien à vous,
    FG

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  3. Bonjour,

    Benjamin : bien au contraire, le livre vise à expliquer que par la stratégie de dédiabolisation, justement, le FN cherche à se présenter comme un parti de gouvernement. Et donc que le FN reste un parti d'extrême-droite, en dépit de la volonté de "normalisation". Sur le programme socio-économique, de toute façon celui du FN est inapplicable. Le reste, ça relève de l'action politique.

    A François : parti attrape-tout, c'est vrai, mais qui reste d'extrême-droite, qu'on le veuille ou non. Le vernis de normalisation peine à recouvrir pour l'averti le fond historique du FN. Que la gauche ait failli sur certaines choses ce qui explique la montée du FN, j'en conviens, et d'ailleurs l'auteur le dit aussi pour Hénin-Beaumont par exemple. En revanche, la droite est à mon avis autant responsable et si le gouvernement actuel est très décrié, il le doit aussi à une véritable haine de la droite qui est mécontente d'avoir perdu les présidentielles en 2012 et qui s'est rattrapé via l'histoire du mariage gay et autres affaires montées en épingle depuis. Et Hollande récupère aussi la situation du gouvernement précédent. Qu'il ne brille pas, j'en conviens tout à fait, n'étant d'aucune façon un militant ou un électeur du PS.

    Cordialement.

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    1. @ Stephane

      Pas d'accord du tout! Au niveau économique, le programme du parti n'est pas beaucoup moins applicable que ceux de l'UMP ou du PS. Au contraire, il n'essaye pas de ménager la chèvre et le chou, c'est du souverainisme volontariste de A à Z. A l'opposé des demie mesures zigzagantent du "hollandisme révolutionnaire"

      C'est d'ailleurs ça la nouveauté de la bande à Marine. Le Menhir, lui, en bon militaire anti-parlementaire se défiait de la bureaucratie que demande la politique économique suivie depuis, au moins, De Gaulle. La fifille au contraire a remisé au placard les tendances thatcheriennes de papa et s'est lancé dans un populisme économique pur et simple.

      La dédiabolisation c'est de la bousasse (pardon my French) pour journaleux ayant besoin de créer le buzz. L'attractivité du FN nouveau repose entièrement à mon avis une approche réactionnaire de l'économie centrée sur l'assistance et l'intervention de l'Etat.

      C'était précisément le dada de la gauche paternaliste et de la droite nationaliste qui se succèdent jusqu'à 1983 Comme disait la Dame de Fer, à ce moment they've run out of other people's money donc le gouvernement ne peut plus contrôler l'économie comme il l'entend. Marinette et ses potes, eux, proposent de revenir vers les propositions du programme du conseil national de la résistance.

      C'est là qu'il faut se souvenir du chiffre le plus important pour comprendre l'histoire de la France d'après guerre: le budget du gouvernement a augmenté de 1945 à 1983 deux fois plus vite que le PIB, c'est comme ça que le gaullisme a réussit, mais ce n'est évidemment pas une option durable.

      C'est ça l'horrible vérité du FN, ils ne sont pas pujadistes, au contraire... Pour citer Einkel dans le Dictateur de Chaplin: "zoziologie hélektorale, shpumk!!!"

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    2. Bonjour,

      Pour le programme économique du FN, je pensais en fait à un article du Monde où trois économistes différents expliquaient qu'en l'état, il était catastrophique si appliqué. Sur le reste, plutôt d'accord, mais je pense que l'attirance économique que vous soulignez pour ce que propose le FN repose aussi, largement, sur une image beaucoup plus "acceptable" construite par l'évolution qu'explique Crépon dans son livre. L'un ne va pas sans l'autre, justement. Et comme il le rappelle, Mégret, en son temps, avait devancé Marine Le Pen sur ses questions-là.

      Cordialement.

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  4. Effectivement la droite est tout aussi coupable de la montée du FN (l'"élite" de l'UMP est assez stupéfiante de médiocrité). Elle a laissé aussi une situation financière et économique lamentable à la gauche qui par le passé avait fait de même.... Seulement l'argument ne tient plus lorsqu'on est au gouvernement depuis près de deux ans maintenant... (enfin c'est juste mon avis). La Gauche a tout aussi été haineuse à l'endroit de la Droite, sous le "Sarko régne" traitée systématiquement de facho.... Je ne suis pas non plus un militant et un électeur de l'UMP (ou du FN)....
    Je rajouterai à propos du FN que c'est aussi un parti de mystificateurs, notamment de l'histoire. Voir un de ces cadres dirigeants poser une gerbe de fleurs sur la tombe de de Gaulle et se réclamer du Gaullisme m'a fait sursauter alors que la plupart des cadres de ce parti sont les héritiers du gvt de Vichy et autres poujadistes qui étaient en lutte ouverte contre le Général...

    Cordialement
    FG

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  5. Rebonjour,

    Pour Sarkozy, qui effectivement en a pris plein la gueule, de 2008 à 2012 en gros, j'avais l'impression -je me trompe peut-être- que la haine était moins virulente. Je suis assez confondu de voir sur Facebook, par exemple, des personne de droite ou qui se revendiquent comme telles appeler au meutre, à la pendaison, pour les dirigeants politiques actuels (parfois gauche et droite confondues) voire les responsables européens. Et pourtant ce sont des personnes instruites, avec un niveau d'études du supérieur.

    Quant au FN, oui, il n'est pas à une récupération près malheureusement. Le flou du programme, savamment entretenu, fait aussi sa force.

    Bien à vous.

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  6. Pour parler d'autre chose, je ne trouve pas le dernier numéro de la revue 2eme GM dans les kiosques à Paris, c'est agaçant...

    FG

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  7. Il est parfois difficile à trouver. Dans ma petite ville de province, je ne le trouve qu'à la maison de la presse en grande surface, pas ailleurs.
    Bon courage malgré tout !

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  8. Alors les Gauchos, on s'amuse bien. Il faut vous exiler les gars, Algerie, Maroc ,Tunisie, pays du Golfe ? Une langue, une religion c'est facile, bon évidement ils n'aiment pas les gauchos eux. Allez comprendre.

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  9. J'adore ces contradicteurs anonymes qui me traitent de "gaucho", vident leur bile sur Internet tout en conservant leur anonymat (Internet, c'est tellement pratique), et n'apportent rien à la discussion. Bref, ne vous fatiguez plus à poster d'autres commentaires du même sujet, un clic vite fait et ça disparaîtra, donc aller déverser votre bile et vos mauvais sarcasmes ailleurs.

    Bonne soirée.

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  10. Pendant que monsieur Crépon et autres entomologistes de l'extrême droite se focalisent sur le combat pour la démocratie mené à Hénin-Beaumont ( où contrairement à ce qui est écrit dans le billet de présentation, ni Marine Le Pen ni aucun candidat frontiste n'y a jamais été élu) où ils érigent une vraie ligne Maginot idéologique, le Front National lui passe par la forêt des Ardennes du Vaucluse.

    Là bas une alliance de toutes les droites est en train de se créer sous le couvert du Rassemblement Bleu Marine. Jacques Bompard, qui s'entend très bien avec sa collègue députée Marion Maréchal Le Pen, et nombre de ralliés UMP, vont ainsi récupérer tranquillement la moitié nord du Vaucluse lors des municipales ( je prends rendez-vous après les municipales pour faire le compte des communes).
    Mais heureusement, à l'instar de Sylvain Crépon, nos politologues grâce à leur fulgurante vigilance mettron certainementt un coup d'arrêt durable au FN.... à Hénin Beaumont.
    Magnifique Stratégie ! Une ville du Pas de Calais de "sauvée" quand tout un département sera pris sans coup férir.

    Décidément Gamelin fait encore des émules.

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  11. Les commentaires du genre "Sur le programme socio-économique, de toute façon celui du FN est inapplicable" ne sont pas très éclairants...et honnêtement, l'avis d'économistes parus dans le monde, qui s'en soucie? Le dernier avatar est ce rapport de deux "économistes" qui préconisent l'entrée de 11 millions d'immigrés supplémentaires pour faire tourner l'économie alors que le taux de chomage "réel" doit approcher les 30%...(temps partiels, CDD, emplois aidés,etc...)

    Je pense que les Français se sont rendu compte que tous les politiques, les experts, les journalistes, les "intellectuels" jouent avant tout pour leurs coteries...même si elle est fortement marquée, l'expression UMPS est, je pense, très vraie: quelle est la différence en effet entre la politique de Sarko et celle d'Hollande? Pas grand' chose...signature des traités européens ultrra-libéraux, abandon des promesses liés au départ à la retraite, révision de la TVA, etc...
    Pourquoi le FN est-il devenu le premier parti chez les ouvriers et chez les jeunes? Voici la vraie question...et je pense que la réponse est simple: c'est le parti qui semble le plus s'intéresser à leur sort, celui du "petit peuple de France" livrés aux excès de la mondialisation et à l'ultra-libéralisme.

    Cordialement,

    Vincent

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  12. Bonjour,

    Autant pour moi sur l'élection de Marine Le Pen, je me suis laissé emporter par mon enthousiasme (lol). Je corrige. Effectivement, elle n'a fait qu'améliorer nettement le score du FN.

    En ce qui concerne le livre de Beaumont, Louis, S. Crépon parle également d'autres départements, dans les autres chapitres. Hénin-Beaumont a pour lui valeur d'exemple, c'est tout. Il n'en fait pas un "coup d'arrêt à donner au FN", loin de là.

    A Vincent : ben si, l'avis des trois économistes (assez différents, en plus) était éclairant :

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/11/27/le-projet-economique-du-fn-passe-au-crible_3520931_823448.html

    Quant au fameux "UMPS", qui effectivement repose sur une certaine vérité, ça peut expliquer aussi la percée du FN, mais on peut reconnaître d'abord qu'il est très habile à flatter "le petit peuple" comme vous dites (ça s'appelle du populisme), et de là à confondre gauche et droite, même si les politiques faites depuis quelques temps semblent accréditer cette idée, c'est aller tout de même un peu loin.

    Cordialement.

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  13. "là à confondre gauche et droite, même si les politiques faites depuis quelques temps semblent accréditer cette idée, c'est aller tout de même un peu loin."

    Merci de m'indiquer quelles sont les mesures qui distinguent fondamentalement les deux derniers gouvernements. Mis à part quelques mesures sociétales (qui sont, si on les comprend bien sont destinées à gommer définitivement les dernières barières à l'ultra-libéralisme- "le mariage pour tous" étant clairement une mesure destinée à saper l'institution familiale, qui, avec l'école et d'autres vieilleries consituent encore des freins à la progression de cet ultra-libéralisme), je ne vois vraiment pas ce qui m'empêche de confondre "gauche" et "droite" dans l'acceptation médiatique actuelle...

    Par ailleurs, mon commentaire sur les économistes visaient généralement à discréditer une profession qui se trompe systématiquement depuis quatrante ans et qui ne voit jamais les tendances de fond arriver (bulles spéculatives sur internet, crise des "subprimes",...). Bref...l'avis d'experts dont on peut se passer selon moi.

    V-

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  14. Bonjour,

    Le mariage pour tous qui sape l'institution familiale ? Euh... pour ma part, je ne le vois absolument pas comme ça.
    Que le PS soit un parti social-démocrate converti à une acceptation d'un libéralisme économique ne veut pas dire que toutes les différences sont gommées entre la gauche et la droite, en dépit de la politique du gouvernement actuel. La gauche ne se résume pas qu'au PS, par ailleurs.

    En ce qui concerne les "experts", il est évident qu'on peut souvent remettre en cause leur "compétence" supposée, et en particulier ceux qui interviennent dans les médias comme la télévision. De là à en faire une généralité absolue, c'est encore une fois un peu rapide, non ?

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  15. Je ne veux sûrement pas réouvrir un débat sur le mariage pour tous, je ne pense pas que ce soit la bonne plateforme pour en débattre, et même si le mouvement d'opposition à la loi perdure, c'est un combat perdu de toute façon. Mais d'autres mesures comme la modification du quotien familial, la disparition pour les familles "aisées" du complément du mode de garde, les récentes propositions de l'inénarable Najat Vallaud-Belkacem sur une réforme de l'IR vont toutes dans le même sens, une politique anti-familiale et de fait, anti-économique et anti-sociale.

    Par ailleurs, vous ne m'avez pas répondu: quelles sont les différences fondamentales entre la gauche et la droite...??? Et qui représente la "gauche" si ce n'est pas le PS? EELV? engagé dans le gouvernement, ces derniers n'ont d'écologistes que le nom, ils sont la caution du gouvernement en la matière. Le NPA? Ce sont les idiots utiles du système, internationalistes, ils font le jeu de la mondialisation à tout crin...les propositions intéresantes (taxe sur les mouvements financiers par exemple) ne trouveront jamais d'oreilles attentives, en revanche, la libre circulation des personnes est pain béni pour le capital qui peut ainsi bénéficier d'une réserve de travail à bas prix et mettre les travailleurs nationaux en concurrence.

    Cordialement,

    V-

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  16. Sur le mariage pour tous : pas le lieu pour en débattre, en effet, je n'en ai honnêtement ni l'envie ni le temps, en réalité.

    Quant aux différences fondamentales entre la gauche et la droite, ça mériterait un billet en soit, pour vous répondre. Mais plutôt que de débiter des généralités, je préfèrerai m'appuyer d'abord sur des références solides, pour mieux en débattre. Dès que j'ai le temps, je m'en occupe, comme ça on pourra discuter davantage sur ce sujet (je suis pris en ce moment par la Syrie, en particulier et les articles etc payés).

    J'ajouterai qu'à gauche, je ne parlais pas forcément que des partis politiques, qui ne représentent pas l'alpha et l'oméga de ce courant politique, certaines personnes comme moi sont de gauche sans être encartées ou sympathisants. Idem à droite ou à l'extrême-droite par exemple, d'ailleurs, ce sont des catégories commodes qui ne recouvrent qu'une partie de la réalité politique.

    Cordialement.

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  17. Juste comme ça les mecs, quelques chiffres pour vous ramener sur terre:

    L'emploi ouvrier en France c'est 25% de la force de travail... donc même faire 50% chez eux c'est pas un résultat génial. Il est toujours bon de se rappeler que la France c'est 75% d'employés du tertiaire!!!

    Par ailleurs, quand on parle d'ultra-libéralisme en France ça me fait doucement rire. Nous vivons dans un pays où l'Etat contrôle 30% du PIB, à titre de comparaison aux Etats Unis c'est 20... Au dessus de nous c'est le Zimbabwe et Cuba (la classe).

    Cordialement

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