jeudi 21 novembre 2013

La bataille d'al-Qusayr (19 mai-5 juin 2013)

L'assaut contre la ville d'al-Qusayr, en Syrie, a instauré un certain nombre de précédents dans le conflit syrien, et pour le Hezbollah qui en a été le fer de lance. La récupération par l'armée syrienne d'une ville tombée pendant plus d'un an entre les mains de la rébellion marque le début d'une contre-offensive pour reprendre des secteurs stratégiques du pays. La perte d'al-Qusayr a eu un effet significatif sur la rébellion, plus en termes symboliques et psychologiques que stratégiques, le tout combiné aux nouveaux succès du régime sur le terrain, à la timidité de la communauté internationale en ce qui concerne les livraisons d'armes et aux divisions de plus en plus criantes au sein des groupes rebelles. La bataille souligne aussi le rôle du Hezbollah, qui soutenait discrètement le régime syrien depuis plus d'un an. C'est la première opération offensive du Hezbollah en combat urbain, et malgré des pertes conséquentes et la montée des tensions au Liban, le mouvement chiite a continué à expédier ses combattants dans d'autres secteurs de la Syrie pour appuyer Bachar el-Assad.1 La bataille d'al-Qusayr souligne ainsi la régionalisation du conflit syrien2. Elle marque le début d'une nouvelle stratégie pour Bachar el-Assad, où l'armée régulière est désormais étroitement imbriquée avec les miliciens (Forces Nationales de Défense) et ses alliés extérieurs (Hezbollah), ce qui confirme une adaptation certaine par rapport à la situation qui prévalait encore quelques mois plus tôt.


L'implication du Hezbollah en Syrie (2011-2013)


Le Hezbollah, pour justifier de son intervention en Syrie, use de l'argument selon lequel il ne ferait que protéger les chiites libanais vivant dans le pays menacés par l'opposition, ou pour la protection de lieux saints comme le Sayyida Zaynab au sud de Damas. En réalité, ce dernier site sert depuis la décennie 1980 de point de transit pour les recrues chiites d'Arabie Saoudite vers le Liban ou l'Iran. 5 des responsables de l'attentat des tours de Khobar, qui vise l'US Air Force le 25 juin 1996 en Arabie Saoudite, sont passés par le Sayyida Zaynab.



Dès les premiers mois de l'insurrection en 2011, l'unité iranienne al-Qods et le Hezbollah fournissent un soutien pour contrer les manifestations contre le régime (snipers, équipement). Les preuves, notamment les enterrements de responsables militaires tués au combat, se multiplient à partir d'août 2012, et l'ONU annonce officiellement l'implication militaire du Hezbollah en Syrie quelques mois plus tard. Le mouvement chiite mène visiblement en Syrie une guerre sectaire qui reflète les tensions toujours en place au Liban. Le clan el-Assad a été un soutien du Hezbollah pendant la guerre au Liban et au-delà, même si Hafez el-Assad a souvent mis le hola par les armes, pour rappeler le mouvement à l'ordre. Mais le Hezbollah, en intervenant en Syrie, cherche aussi à protéger un corridor aérien et terrestre par lequel arrivent les armes et les munitions indispensables à la lutte contre Israël. Il faut absolument que le régime syrien se maintienne au moins dans la bande côtière alaouite pour que le Hezbollah puisse éventuellement y acheminer, par exemple, des MANPADS acquis en Europe ou en Amérique et qui seraient débarqués à Tartous, pour être utilisés contre des avions de l'Etat hébreu3.

Source : http://graphics8.nytimes.com/images/2013/05/28/world/HEZBOLLAH/HEZBOLLAH-articleLarge.jpg


Le Hezbollah assure aussi en Syrie une fonction d'entraînement et de formation qu'il maîtrise depuis bien des années. Deux de ses milices irakiennes forment des auxiliaires du régime. Le Hezbollah a ainsi contribué à mettre en place le Jaysh al-Shabi, le Liwa Abu Fadl al-Abbas (brigade al-Abbas) ou le Liwa Zulfiqar. La première est une milice directement liée aux forces armées syriennes, preuve que le régime syrien a su s'adapter en incoporant des groupes paramilitaires pour mener une véritable contre-guérilla. La bataille d'al-Qusayr verra l'intégration très étroite des forces régulières syriennes, des unités paramilitaires et des combattants étrangers dans un schéma que d'aucuns baptisent « guerre hybride »4. Les autres formations sont des surgeons du Hezbollah et des Gardiens de la Révolution iraniens. La brigade al-Abbas a joué un rôle important depuis septembre 2012, particulièrement au sud de Damas : elle comprend des membres du Hezbollah et ceux des deux milices irakiennes. Depuis le printemps 2013, le Hezbollah s'est engagé plus massivement pour combattre la rébellion syrienne, peut-être à hauteur de 3 ou 4 000 hommes.

Logo du Liwa Abu Fadl al-Abbas.-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/9/98/LiwaAbuFadlal-Abbas_newlogo.png



Al-Qusayr : les enjeux et les préparatifs du siège


Al-Qusayr, au début de la guerre, est une ville de 30 000 habitants en majorité sunnites. Elle est à moins de 10 km de la frontière libanaise et à 25 km au sud-ouest de Homs, troisième ville de Syrie. Le terrain autour de la ville est relativement ouvert, avec de nombreux vergers et des champs bien irrigués par la rivière Assi. La population des environs de la ville est mixte mais on trouve une ceinture de hameaux, villages et fermes jusqu'à 6 km à l'ouest d'al-Qusayr peuplée de chiites libanais. La frontière avec le Liban est d'ailleurs relativement poreuse5.

L'importance de la ville réside dans cette situation : c'est un corridor logistique pour les rebelles entre le Liban et Homs. Au nord-est du Liban, la vallée de la Bekaa est en partie peuplée de sunnites plutôt favorables aux rebelles. En outre, la route principale reliant Damas au port de Tartous passe entre Homs et al-Qusayr. D'où le rôle stratégique de ces deux localités. L'armée syrienne a mis le siège une première fois devant al-Qusayr en novembre 2011, les premiers combats sérieux débutent trois mois plus tard et les rebelles sont maîtres de la ville en juillet 2012, les combats se déplaçant à l'ouest sur la ligne de fracture entre villages chiites et sunnites. Les habitants chiites libanais accusent d'ailleurs les rebelles de les chasser pour établir une « ceinture » sunnite, de brûler leurs récoltes et de détruire leurs maisons. Inversement, l'opposition syrienne proclame bientôt que le Hezbollah combat à l'ouest et au sud d'al-Qusayr en soutien du régime. Le 2 octobre 2012, Ali Nassif, un chef important du Hezbollah, est d'ailleurs tué près de la ville.

Le régime syrien cherche à reprendre le contrôle de l'ensemble de la province de Homs depuis son offensive contre la ville elle-même en février 2012. Début mai, les rebelles ne tiennent plus qu'un cinquième de Homs, tandis que les combats se poursuivent dans un autre cinquième de la localité. A la mi-décembre, l'armée a reconquis une bonne partie du terrain : seuls la vieille ville et les quartiers de Deir Balbaa et Khalidiya sont encore tenus par l'opposition. Fin décembre, Deir Balbaa est presque entrièrement reprise par l'armée. En mars 2013, une nouvelle offensive du régime vise les dernières places rebelles, mais ceux-ci reçoivent des renforts via al-Qusayr. A la mi-mars, l'opposition lance une contre-offensive à Babr Amr qui met en échec l'assaut du régime syrien. C'est à ce moment-là que l'armée et le Hezbollah décident d'en finir avec al-Qusayr, devenue la clé pour espérer faire tomber Homs6.

Source : http://understandingwar.org/sites/default/files/mapBlankMarch.png


A la mi-avril 2013, l'armée syrienne et le Hezbollah lancent un assaut coordonné pour nettoyer les villages autour d'al-Qusayr en vue d'un assaut en règle. Ils s'emparent de Tel Nabi Mindo, à 7 km au nord-ouest, une localité en surplomb qui permet de dominer le terrain plat environnant. Les villages à l'ouest et au sud-ouest de la ville sont progressivement sécurisés. En représailles, les rebelles syriens tirent des roquettes sur le district de Hermel de la vallée de la Bekaa, peuplé de chiites libanais. A la mi-mai, tous les environs de la ville ont été repris, sauf un corridor au nord, autour de la base aérienne abandonnée de Dabaa. L'armée syrienne a donc tiré les leçons des sièges précédents en tentant d'isoler complètement la localité7. Elle est en position au nord et à l'est de la ville tandis que le Hezbollah stationne à l'ouest et au sud.

Dans al-Qusayr, la plupart des défenseurs proviennent d'unités locales des villages ou des villes, essentiellement des bataillons Farouq, l'unité la plus puissante d'al-Qusayr. Cette formation fait partie du Front de Libération Islamique Syrien. C'est au départ une fraction des brigades Khaled bin Walid de Homs8. On estime qu'une quinzaine d'unités9 ont pris part à la défense d'al-Qusayr, regroupant quelques milliers de combattants (2 000 ?). Le conseil militaire d'al-Qusayr est dirigé par le lieutenant-colonel Mohieddin al-Zain, alias Alu Arab, mais la chaîne de commandement reste confuse. La présence du front al-Nosra, souvent évoquée, a probablement été exagérée par les médias, le régime faisant de tous les défenseurs des djihadistes à des fins de propagande10. Les rebelles sont plutôt bien pourvus en armes et en munitions, récupérées notamment sur la base aérienne de Dabaa : AK-47, RPG-7, mitrailleuses PK, canons bitubes de 23 mm, mortiers, roquettes de 107 et 122 mm. Les combattants divisent la ville en secteurs pour mieux organiser les préparatifs de défense. Des tunnels et des bunkers souterrains sont construits. Des barricades bloquent les rues. Les bâtiments sont piégés et les routes minées. Des explosifs artisanaux disposés en ceintures sous les routes et activés à distance doivent détruire les véhicules.

Source : http://i.alalam.ir/news/Image/original/2013/05/26/alalam_635051999112288162_25f_4x3.jpg


En face, le Hezbollah divise al-Qusayr en 16 secteurs d'opérations et attribue des numéros de code aux principaux repères et objectifs. C'est la pratique courante du mouvement pour protéger ses communications radios. Le Hezbollah a le contrôle tactique de la bataille, jusqu'à donner des ordres à des officiers syriens. 1 200 à 1 700 hommes sont engagés, pour la plupart des vétérans et membres des unités de forces spéciales du Hezbollah. Le mouvement aurait divisé ses forces en 17 groupes de 100 hommes. Pendant le combat, le groupe de base sera cependant l'escouade de 3 à 5 hommes. Normalement, chaque combattant sert une semaine sur la ligne de front, mais la durée est portée ensuite à 20 jours. Des reconnaissances méticuleuses sont conduites avant l'attaque et les sapeurs du Hezbollah commencent à déminer les bâtiments.


La bataille d'al-Qusayr


L'assaut débute le 19 mai 2013 après un bombardement d'artillerie et d'aviation11 suivi de la progression à l'ouest, à l'est et au sud du Hezbollah soutenu par l'armée syrienne. Au sud, les progrès sont rapides et les combattants atteignent la mairie. Un opposant affirme que le Hezbollah et l'armée contrôlent 60% d'al-Qusayr dès le premier jour de combats. Mais la bataille prend parfois un tour acharné : deux douzaines de combattants du Hezbollah sont ainsi tués dans une embuscade. La progression se fait alors plus méthodique. Les tirs de mortiers, en particulier, représentent une gêne considérable. Les combattants du Hezbollah essaient de coller au plus près de leurs adversaires pour réduire le tir des mortiers. Malgré le travail des sapeurs, ils évitent les portes et les fenêtres et percent des trous dans les murs pour passer de bâtiment en bâtiment, selon un procédé bien connu des troupes engagées en combat urbain. Ils découvrent parfois des IED qui ressemblent à ceux fabriqués par le Hamas, qu'avait formé le Hezbollah...



Ci-dessous, documentaire tourné par le régime syrien sur la bataille d'al-Qusayr. Le régime a parfaitement compris l'enjeu de la guerre de l'information et il est très présent sur le net. Cette vidéo ne montre pas la présence des combattants du Hezbollah, et les adversaires sont tous présentés comme des "terroristes" du front al-Nosra.



  



Source : http://understandingwar.org/sites/default/files/mapBlankMay.png


Soutenu par l'artillerie et l'aviation syriennes, le Hezbollah emploie aussi des RPG-7 et des fusils de précision Dragunov en combat rapproché. Pour disposer de plus de « punch », les combattants du mouvement chiite emploient des roquettes de 107 mm modifiées (baptisées plus tard IRAM, Improvised Rocket-Assisted Munitions12) capables de pulvériser un bâtiment ou de détruire une barricade. Les rebelles sont bientôt repoussés dans la partie nord de la ville : leur moral chancelant est affaibli par la pénurie de munitions, d'eau et de nourriture. Au deuxième jour de la bataille, des renforts arrivent de Babr Amr, à Homs. Le 2 juin, un groupe plus important composé de combattants de Deir as-Zor et d'Alep s'infiltre encore dans la ville. Le groupe aleppin est dirigé par le colonel Abdul-Jabber Mohammed Aqidi, qui commande le conseil militaire d'Alep13.

Le 3 juin, 14 commandants rebelles sur 17 votent pour le retrait. Le moral est trop flottant pour que la ville soit encore tenue. Les rebelles sont confinés sur une petite parcelle du nord de la cité, harcelés par les snipers. Les blessés ne peuvent plus être évacués ; les enfants doivent boire l'eau des égoûts, les habitants mangent les feuilles des arbres, les blessures s'infectent. Le chef des druzes libanais, Walid Jumblatt, tente de négocier avec le Hezbollah l'évacuation de 400 blessés, mais le pouvoir syrien refuse, tout en indiquant que le corridor au nord reste ouvert. Le 5 juin, un intense pilonnage pousse les rebelles vers ce corridor, via Dabaa et les villages environnants. Les survivants sont pris à partie par les mortiers et les mitrailleuses. Les plus chanceux atterrissent à Arsal, une ville libanaise sunnite dans la vallée de la Bekaa qui sert de noeud logistique à la rébellion.


 En face, l'Armée syrienne libre tourne elle aussi une vidéo sur les combats autour de Qusayr.


 


Source : http://understandingwar.org/sites/default/files/mapBlankJune.png



La guerre dans une nouvelle phase


La bataille d'al-Qusayr a duré plus longtemps que ne l'avait prévu le Hezbollah et lui a causé aussi davantage de pertes qu'escompté. On estime les tués à 70-120 au moins, avec un nombre de blessés plus important. C'est en tout les combats les plus violents, sans doute, depuis la guerre contre Israël en 2006. Les rebelles ont publié les noms de 431 de leurs soldats morts au combat mais le total est sans doute plus élevé. Le résultat était inévitable vu la disproportion des forces. Al-Qusayr, assez isolée des autres bastions rebelles, était difficile à ravitailler. En outre la proximité du Liban et la présence de villages chiites libanais avantagent le Hezbollah. C'est cependant un test grandeur nature de combat urbain pour le mouvement chiite, qui s'y entraîne depuis 2006 au Liban et en Iran. Au Liban, face à Israël, le Hezbollah avait mené une guérilla ; en 2006 il a parfois combattu dans un cadre urbain, mais en défense. Avec la bataille d'al-Qusayr, le mouvement a sans doute engrangé une bonne expérience de l'assaut en milieu urbain, sans compter qu'à côté des vétérans, une génération plus jeune qui n'avait pas connu les combats de 2006 a également été mise en ligne14.

Source : http://www.islamicinvitationturkey.com/wp-content/uploads/2013/05/Syria-ends-1st-phase-of-Qusayr-operation.jpg


C'est pendant la bataille d'al-Qusayr qu'Hassan Nasrallah a officiellement reconnu que des cadres militaires du Hezbollah combattaient en Syrie15. Par la suite, le mouvement déploie ses hommes dans les provinces de Deraa, Idlib, Alep et dans les faubourgs de Damas. E plus de marquer des points sur le corridor Damas-Tartous, la chute d'al-Qusayr fait capituler les défenseurs de Tel-Kalakh, au nord-ouest de la ville, assiégée depuis deux ans, et qui sait ne plus pouvoir résister à un assaut semblable. Le régime se retourne ensuite contre Homs et s'empare, le 29 juillet, du district central de Khaldiya dans la ville, la rébellion ayant fait le choix de sacrifier ce point pour mieux préserver le nord de la province d'Alep et les positions à Damas. Les rebelles se regroupent aussi dans les montagnes de Qalamoun, entre Damas et Homs, au nord de la capitale, en particulier autour de la ville de Yabroud. C'est d'ailleurs à Danha, dans les montagnes de Qalamoun, que les rebelles capturent le 2 août trois dépôts d'armes de l'armée syrienne comprenant de nombreux missiles antichars16. Néanmoins, la proximité de la frontière libanaise fait des montagnes de Qalamoun une cible de choix pour une offensive du régime et du Hezbollah, qui démarre effectivement le 15 novembre 2013. C'est la dernière portion de la frontière libanaise qui sert encore de corridor logistique aux rebelles, d'où son importance, car la chute des positions rebelles couperait largement le lien entre le Liban et l'opposition syrienne.

Carte de l'offensive de Qalamoun, au 17 novembre.-Source : http://3.bp.blogspot.com/-yktCFQ2mPN0/UolMDWOkOCI/AAAAAAAABHg/wiMxV7nYEPk/s1600/qalamounmap.jpg


Le succès du régime à al-Qusayr montre aussi qu'en dépit de l'érosion de l'armée régulière, et en particulier des unités d'élite fréquemment engagées (4ème division blindée, Garde Républicaine, 3ème division blindée...), la timidité du soutien occidental malgré les livraisons d'armes fait que l'attrition s'exerce davantage sur la rébellion que sur le régime syrien. En outre celui-ci dispose d'une aviation qui peut opérer encore largement à sa guise malgré l'apparition de MANPADS, et les blindés et autres véhicules blindés se montrent toujours efficaces si utilisés à bon escient17. Le régime syrien est passé de la défense de quelques localités stratégiques, pour éviter de disperser des forces limitées, à des offensives visant à isoler les centres rebelles de leurs alentours et de leurs voies de ravitaillement logistiques. Il a pris le risque de combiner ses atouts principaux (unités d'élite tirées de Damas, voire de la province de Deraa ; aviation ; infanterie d'élite du Hezbollah) pour frapper un coup puissant. C'est une manoeuvre au niveau opérationnel qui a des conséquences sur le plan stratégique dans la province de Homs18. Son succès a renforcé le soutien de ses alliés, Iran et Hezbollah, et a jeté le trouble chez l'opposition, dont les différentes composantes se rejettent la faute de l'échec et se déchirent de plus en plus depuis.


Bibliographie :


Nicholas Blanford, « The Battle for Qusayr: How the Syrian Regime and Hizb Allah Tipped the Balance », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.18-22.

Can Kasapoğlu, The Syrian Civil War : Understanding Qusayr and Defending Aleppo, EDAM Discussion Paper Series 2013/8, 28 juin 2013, p.5.

Matthew Levitt et Aaron Y. Zelin, « Hizb Allah’s Gambit in Syria », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.14-17.

Aron Lund, « The Non-State Militant Landscape in Syria », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.23-27.

Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.



1Nicholas Blanford, « The Battle for Qusayr: How the Syrian Regime and Hizb Allah Tipped the Balance », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.18-22.
2Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.
3Le 25 mai 2013 : Matthew Levitt et Aaron Y. Zelin, « Hizb Allah’s Gambit in Syria », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.14-17.
4Can Kasapoğlu, The Syrian Civil War : Understanding Qusayr and Defending Aleppo, EDAM Discussion Paper Series 2013/8, 28 juin 2013, p.5.
5Nicholas Blanford, « The Battle for Qusayr: How the Syrian Regime and Hizb Allah Tipped the Balance », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.18-22.
6Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.
7Can Kasapoğlu, The Syrian Civil War : Understanding Qusayr and Defending Aleppo, EDAM Discussion Paper Series 2013/8, 28 juin 2013, p.5.
8Les bataillons Farouq naissent dans la province de Homs à l'été 2011 et se distinguent pendant la bataille de Babr el Amr, à Homs, en février 2012. Le groupe s'est ensuite étendu à l'ensemble de la Syrie et a revendiqué 14 000 combattants. Il a connu des scissions au printemps 2013, certains membres fondant les bataillons islamiques Farouq. Aron Lund, « The Non-State Militant Landscape in Syria », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.23-27.
9Près d'une vingtaine de brigades selon l'Institute for Study of War : brigades Farouq, brigade al-Haqq, bataillon Mughaweer, brigades Wadi, bataillon Qassioun, bataillon Ayman. Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.
10A la mi-mai, un important commandant d'al-Nosra, Abu Omar, aurait été tué à al-Qusayr avec plusieurs de ses subordonnés. Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.
11L'incapacité flagrante des rebelles à se prémunir de l'action de l'artillerie ou de l'aviation, ou de pouvoir y riposter de manière convaincante, joue un rôle certain dans leur défaite. Can Kasapoğlu, The Syrian Civil War : Understanding Qusayr and Defending Aleppo, EDAM Discussion Paper Series 2013/8, 28 juin 2013, p.4.
13D'après l'Institute for Study of War, les renforts comprennent la brigade Tawhid d'Alep, le bataillon Nasr-Salahaddin d'al-Raqqa et la brigade Ousra de Deir es-Zor. Elizabeth O’Bagy, The fall of al-Qusayr, Backgrounder, Institute for the Study of War, 6 juin 2013.
14Nicholas Blanford, « The Battle for Qusayr: How the Syrian Regime and Hizb Allah Tipped the Balance », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.18-22.
15Le 25 mai 2013 : Matthew Levitt et Aaron Y. Zelin, « Hizb Allah’s Gambit in Syria », CTC Sentinel SPECIAL ISSUE . Vol 6 . Issue 8, 27 août 2013, p.14-17.
17Dans le domaine des blindés, il faut noter que malgré les pertes (un peu plus de 600 chars détruits à la mi-novembre 2013 selon certaines sources), l'armée syrienne doit compter plusieurs centaines de T-72, voire peut-être même un millier (elle en alignait de 1 500 à 1 700 avant la guerre, et en tout probablement de 4 à 5 000 chars, avec les T-54/55 et T-62, dont un certain nombre en dépôt). Le régime avait fait moderniser une centaine de T-72 par une firme italienne en 2003 (nouveaux système de contrôle de tir et de vision nocturne, blindage réactif) -122 chars selon certaines sources, de quoi équiper une brigade blindée ou 3 brigades mécanisées. Ces chars modernisés ont probablement été livrés à la 4ème division blindée (Maher el-Assad y commande la 42ème brigade blindée et, officieusement, la division) ou à la Garde Républicaine, qui comprend trois brigades mécanisées (104ème, 105ème, 106ème). Ces T-72 modernisés peuvent résister aux RPG-7 et à ses dérivés, mais moins aux lance-missiles antichars plus sophistiqués qu'à commencer à recevoir ou à récupérer sur les dépôts de l'armée la rébellion, Konkurs ou Kornet. Un certain nombre a déjà été perdu ou même capturé par les rebelles. Pour faire la décision contre les blindés, l'opposition devra aligner beaucoup plus de systèmes d'armes antichars performants et les utiliser dans des conditions de combat optimales. Can Kasapoğlu, The Syrian Civil War : Understanding Qusayr and Defending Aleppo, EDAM Discussion Paper Series 2013/8, 28 juin 2013, p.8.
18Jeffrey White, « The Qusayr Rules: The Syrian Regime's Changing Way of War », The Washington Institute, PolicyWatch 2082, 31 mai 2013.

2 commentaires:

  1. Rahhh ! que du bonheur cet article ! lol

    Bonjour Stéphane,
    la prise de cette localité prouve en tout cas le professionnalisme, voir l'excellence des troupes du Hezbollah. Toutefois, on peut remarquer que ce mouvement armé a essuyé des pertes sensibles contre des "amateurs", ce qui prouve la difficulté qu'ont les armées à mener des combats urbains sans trop de pertes (et ce malgré un entrainement intensif). je ne connaissais pas l'Institute for the study of war.
    tiens je vais peut être me créer un scenario de SPMBT....

    Bien à vous,
    FG

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  2. Merci.
    Le Hezbollah a montré indéniablement de réelles qualités en combat urbain offensif, une nouveauté pour lui, mais a subi des pertes. Plusieurs spécialistes faisaient d'ailleurs remarquer qu'il s'est engagé de manière moins concentrée ensuite, dans différentes provinces. Le Hezbollah semble très présent dans l'offensive de Qalamoun au nord de Damas mais la configuration n'est pas la même (zone montagneuse, beaucoup de petites localités, etc) et l'armée et les Forces Nationales de Défense sont également présentes. Il serait intéressant d'en faire une analyse à froid.

    L'Institute Study of War, une des premières sources que j'avais dénichées, est un think tank proche des républicains et des néo-conservateurs américains, visiblement. Des choses utiles pour comprendre le conflit d'un point de vue global, mais à compléter avec d'autres sources.

    Cordialement.

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