mercredi 30 octobre 2013

Marion KAMINSKI, Titien, Les maîtres de l'art ancien, H.F. Ullmann, 2007, 140 p.

Les éditions H.F. Ullmann proposent à des prix défiant toute concurrence (4 euros !) des volumes richement illustrés et pourvus d'un texte conséquent sur de grandes figures de l'histoire de l'art, particulièrement à la période moderne. Marion Kaminski livre l'opus consacré au Titien.

Tiziano Vecello, né probablement vers 1490, va oeuvrer à Venise, une des cités-Etats les plus prospères d'Italie au XVIème siècle. Gouvernée par des aristocrates, la ville a pourtant souffert pendant les guerres d'Italie, entre la France, l'empereur et le pape. Titien apprend son métier chez les frères Bellini, qui l'influencent, ainsi que Giorgione. En 1505, il se voit confié la restauration des fresques du Fondaco dei Tedeschi, qui a brûlé dans un incendie.

Ces fresques, achevées en 1508/1509, sont les premières oeuvres indépendantes de l'artiste. Les commandes affluent dès 1510 et Titien ouvre son propre atelier trois ans plus tard. Il obtient des commandes du Grand Conseil de Venise : l'Amour sacré et l'Amour profane étonne autant qu'il choque.


L'Assomption de la Vierge 1516-1518-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Tizian_041.jpg


Titien réalise, entre 1516 et 1518, une Assomption de la Vierge fameuse pour le grand couvent franciscain de Venise. Il devient un modèle pour d'autres peintres et il est sollicité par des puissants d'Italie du Nord, comme le duc de Ferrare ou le duc de Mantoue, qui le met en contact, dès 1529, avec Charles Quint, dont il peint un premier portrait. Il est dans la décennie suivante au sommet de sa carrière. Il conserve cependant toujours son autonomie et ne quitte pas Venise, même s'il s'installe en 1531 dans une maison plus grande. Il travaille pour les ducs d'Urbino, pour lesquels il réaliste notamment une Vénus qui constitue l'un de ses autres chefs d'oeuvre.


La Vénus d'Urbino, 1538-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Tizian_102.jpg


Dans la décennie 1540, l'historiographie parle de "crise maniériste" pour qualifier l'oeuvre de Titien, confronté à la concurrence d'autres peintres rameutés à Venise par le cardinal Grimani -des artistes romains. Le changement se voit dans le portrait de Ranuccio Farnèse ou dans la copie du Portrait de Jules II de Raphaël. Titien vient à Rome en 1545 et réalise le portrait du pape Paul III. Invité par la Diète d'Augsbourg, Titien franchit les Alpes et peint le Portrait de Charles Quint à cheval -qui vient de remporter la bataille de Mülhberg contre les protestants. Rentré à Venise, il continue de peindre pour les Habsbourg.

Dans les années 1550, Titien affronte la montée de deux autres artistes locaux, Tintoret et Véronèse, et n'apprécie pas le premier. Sa réputation est suffisamment établie pour qu'il soit sollicité par Philippe II, le successeur de Charles Quint. Il réalise un second autoportrait, dans des années difficiles marquées par la disparition de son ami l'Arétin, de son frère, de sa fille. Il peint des tableaux religieux pour Charles Quint dans sa retraite et des oeuvres plus mythologiques, ainsi que des portraits, pour son fils. Les couleurs s'éclaircissent, la représentation du corps féminin évolue. Il meurt en 1576, alors que Venise est frappée par une épidémie de peste. Sa postérité est immense, et rien n'en témoigne plus que le succès de Luca Gordiano, qui se distingue au siècle suivant par ses faux Titien.

Pièta, destinée à son tombeau, 1576-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3a/Titian_-_Piet%C3%A0_-_WGA22851.jpg


Une chronologie indicative, un glossaire et une petite bibliographie (moins fournie que dans le volume précédent que j'avais commenté) complètent l'ensemble.




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