jeudi 12 septembre 2013

This is Syria. L'armée syrienne



L'armée syrienne. En 2012, plus d'un an après le début de l'insurrection, tout le monde prédisait son effondrement imminent1. Force est de constater qu'un an après, elle est toujours là, et loin d'être vaincue. Dès sa création, l'armée syrienne a joué un rôle important dans la vie politique du pays, multipliant les coups d'Etat, révélant les tensions confessionnelles. Après la prise du pouvoir par Hafez el-Assad en 1970, avec l'armée pour une fois unie autour d'un seul nom, on a pu croire que l'armée était réorientée vers la guerre conventionnelle contre Israël, délaissant les tâches de sécurité intérieure. Les trois décennies du règne d'Hafez el-Assad montrent qu'il n'en a rien été. L'armée est à la botte du clan au pouvoir, un tiers de son effectif est composé d'unités formant une véritable garde prétorienne. Hafez a soigneusement préparé la succession de son fils Bachar, qui lui succède avec le soutien de l'armée sans opposition ou presque en 2000. Le déclenchement de la guerre civile montre à nouveau les liens étroits qui unissent le pouvoir à ses forces armées. Si la stratégie de contre-insurrection imitée de celle de Hafez contre les Frères Musulmans semble avoir échoué, Bachar el-Assad a modifié sa stratégie, et l'armée est encore en mesure de soutenir une longue guerre civile, de plus en plus sectaire. Retour sur l'instrument de cette politique à travers ce panorama.





L'armée au coeur de la politique syrienne (1945-1970)


Une « légion syrienne » est déjà formée pendant la Première Guerre mondiale. L'ancêtre de l'armée syrienne actuelle a été fondée par la France après le conflit, quand celle-ci a reçu le mandat sur le nord du Levant, organisé ensuite entre le Liban et la Syrie2. La domination française en Syrie a été assez impopulaire et a engendré de fréquentes révoltes. En 1923 sont créées les Troupes Spéciales du Levant, soit 8 000 hommes, le noyau des futurs armées libanaise et syrienne3. Ces unités sont utilisées comme auxiliaires des troupes régulières. Les officiers sont français, bien que les Syriens puissent recevoir les grades inférieurs à celui de commandant. Les Troupes Spéciales sont chargées des tâches de sécurité intérieure tandis que les troupes françaises assurent plutôt la défense contre les menaces extérieures.

Le petit embryon d'armée syrienne est alors partagé entre les minorités : Druzes, Alaouites, Circassiens, Kurdes... les Français favorisent les chrétiens qui obtiennent la plupart des postes d'officiers. Ils encouragent les autres minorités à rejoindre l'armée, contrairement aux sunnites, tenus volontairement à l'écart pour mieux contrôler le pays. La France pense que les minorités se sentiront ainsi dépendantes de Paris pour assurer leur protection. Les sunnites, eux, voient l'armée comme un outil du mandat : l'armée ne peut donc être qu'une alternative pour les incompétents. Mais celle-ci offre des opportunités d'ascension économique et sociale aux minorités. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, celles-ci sont surreprésentées dans les Troupes Spéciales. Le 1er août 1945, ces unités deviennent l'ébauche des armées nationales syrienne et libanaise.

La première expérience du combat de la jeune armée syrienne va s'avérer décevante, comme pour bon nombre d'armées arabes. La toute récente armée indépendante contribue à la guerre contre Israël en mai 1948. Mal équipés, mal entraînés, les 12 000 hommes de l'armée syrienne sont regroupés dans trois brigades d'infanterie et l'équivalent d'un bataillon blindé. La force aérienne compte environ 50 appareils dont 10 récents datant de la Seconde Guerre mondiale. Les stocks de munitions sont insuffisants et les intendants ne peuvent fournir que quelques dizaines de munitions aux soldats qui partent combattre en Palestine.

Source : http://faculty-staff.ou.edu/L/Joshua.M.Landis-1/images/1948war_9.jpg


Leur performance est mitigée. Les soldats syriens combattent bien, en particulier en défense, et l'aviation n'a pas démérité. Mais seuls les officiers supérieurs comprennent véritablement la nécessité de la combinaison des armes. Au niveau subalterne, celle-ci reste très inégale. Les Syriens privilégient l'attaque frontale et, dans l'offensive, l'emportent seulement avec la supériorité numérique et/ou de puissance de feu. Cependant, la participation des Syriens au premier conflit israëlo-arabe est plus limitée que pour d'autres Etats comme l'Egypte.

Entre 1948 et 1967, la Syrie est secouée par de nombreux coups d'Etat. L'armée, préoccupée par les problèmes de politique intérieure, perd le professionnalisme hérité de la période coloniale et le corps des officiers est amoindri. En mars 1949, le chef d'état-major de l'armée, le général Husni az-Za'im, renverse le pouvoir civil et s'installe comme président. Il n'est que le premier d'une longue série. Les jeunes officiers voient bientôt l'armée comme un tremplin pour leurs ambitions politiques. Ces coups d'Etat reflètent aussi la séparation de l'armée sur des bases ethniques. Les trois premiers coups d'Etat sont réalisés par des Kurdes. Mais, parallèlement, de nombreux paysans sunnites rejoignent aussi les forces armées. En 1952, 80% des candidats officiers sont des sunnites. Les Alaouites, eux, dominent le corps des sous-officiers.

La dimension politique se surimpose d'abord aux fractures ethniques, compliquant le tableau, avant qu'elle ne s'aligne progressivement sur les lignes de division. La Syrie est tellement affaiblie par les conflits internes qu'elle accepte le projet de République Arabe Unie de Nasser en 1958. Mais, en 1961, las de la mainmise égyptienne, un coup d'Etat d'officiers sunnites chassent les Egyptiens et désavouent le pacte. En 1963, un quintumvirat du Comité Militaire (une fraction du parti Baas), prend le pouvoir, en ralliant des officiers supérieurs bassistes ou nasséristes. La plupart sont alouites, ismaëlites ou druzes, et ils utilisent le général Amin al-Hafiz, un sunnite, comme paravent. Certains ont vu dans le coup d'Etat de 1963 l'émergence d'une nouvelle classe moyenne salariée, résultat du processus de modernisation du pays. Ces officiers éliminent bientôt ceux qui ont entraîné la rupture avec les Egyptiens, remplaçant 700 hommes par des Alaouites. Les nouveaux dirigeants ne tardent pas à se déchirer : les baassistes éliminent les nasséristes, puis les sunnistes sont évincés. Enfin, les Alaouites écartent leurs rivaux druzes et ismaëlites et en 1967, Salah Jadid et Hafez al-Assad se retrouvent seuls au pouvoir.

Parallèlement, à l'imitation de l'Egypte, la Syrie a entamé une relation suivie avec l'URSS. Bien que le premier traité soit signé en 1956, les premiers matériels n'arrivent qu'en 1958, bientôt suivis de plusieurs centaines de conseillers militaires qui ont un rôle important dans la formation de l'armée syrienne. Les Soviétiques encouragent les Syriens à se concentrer sur l'entraînement et non sur les querelles politiques. Au moment de la guerre des Six-Jours, en 1967, les Syriens alignent 70 000 hommes, 550 chars ou canons d'assaut (T-54/55, SU-100), 500 véhicules blindés (BTR essentiellement), 300 pièces d'artillerie et 136 MiG dont 36 des nouveaux MiG-21. Ils sont organisés en 16 brigades : 12 d'infanterie, 2 blindées et 2 mécanisées. Les Syriens n'ont pas, par contre, développé de système de mobilisation ou de réserves entraînées. 12 des 16 brigades sont déployées sur le Golan, dont les deux blindées et une mécanisée. Un bataillon de char est attaché à chacune des brigades d'infanterie qui s'y trouvent. Par ailleurs, les Syriens ont fortifié, avec l'aide de leurs conseillers soviétiques, le plateau. Mais, en réalité, le commandement est décimé par les purges intestines et l'entraînement n'est pas rigoureux : la maintenance des véhicules, en particulier, laisse à désirer.

Malgré l'avantage de la position et de la situation en défense, les Syriens vont perdre le plateau du Golan en deux jours face à une armée israëlienne qui contrôle les airs, et qui est dopée par sa victoire en simultané contre l'Egypte. Le plan syrien d'une défense en profondeur sur la route de Damas n'était pas mauvais en soi : c'est l'exécution qui a pâti. Les officiers ne prennent pas d'initiative, notamment pour les contre-attaques, et ils semblent que des problèmes ethniques aient aussi provoqué un mépris des soldats syriens par leurs officiers en fonction de leur confession. Mais l'armée ne commence à se désintégrer vraiment que pendant la retraite, pas avant. Les Syriens ont fait pâle figure, par exemple, en comparaison de l'armée jordanienne beaucoup plus professionnalisée.

Source : http://www.wwiivehicles.com/germany/tanks-medium/pzkpfw-iv-medium-tank/pzkpfw-iv-medium-tank-syrian-golan-1967-01.png


Assad, qui est issu de l'aviation syrienne, après être devenu ministre de la Défense, installe ensuite des hommes à lui dans l'armée, qu'il veut bâtir comme véritable force conventionnelle tournée vers les opérations extérieures et non pour les luttes internes. La même année, l'armée syrienne intervient en Jordanie pour soutenir les Palestiniens chassés par le roi hachémite lors du fameux « Septembre Noir ». Les Syriens envoient une brigade blindée renforcée, sans véritablement avoir de plan d'opération, puis la 5ème division d'infanterie renforcée à partir du 20 septembre, avec deux brigades blindées : en tout près de 300 chars T-55 et 16 000 hommes. Les Syriens lancent des assauts frontaux, vague après vague, et refoulent les Jordaniens, mais ceux-ci vont faire intervenir leur aviation qui brise la poussée syrienne, et détruit de 40 à 60 chars ou véhicules blindés en une seule journée. Les Syriens refluent laissant 600 hommes, 62 chars et 60 véhicules blindés (la plupart abandonnés par leurs équipages) sur le terrain.


L'armée sous Hafez el-Assad (1970-2000)


Assad, après l'humiliation subie en Jordanie, s'empare finalement du pouvoir en novembre 1970. Après une purge, son pouvoir est rapidement consolidé. Néanmoins, il n'établit par une dictature militaire mais plutôt une vaste coalition politique et socio-économique dominée par les Alaouites4. C'est un régime personnel, familial, clientéliste, basé sur les liens du sang et tribaux. Assad est obsédé par l'idée de venger la défaite de 1967. Il va donc s'attacher à mettre de côté sa paranoïa sécuritaire pour former une armée efficace, conventionnelle, tout en obtenant l'aide des Soviétiques dont il se méfie. Les missions de sécurité intérieure sont transférées à la police, à la Garde Nationale et à une série d'unités créées par le régime. En 1972, Assad limoge nombre d'officiers supérieurs promus pour leur loyauté politique et cherche à les remplacer par des hommes compétents sur le plan militaire. Mais l'effort reste en-dessous de celui effectué par les Egyptiens, Assad craignant toujours le pouvoir des militaires. Il refuse aussi d'engager les commandos dans les opérations initiales de la nouvelle guerre préparée contre Israël, car ces formations sont ses prétoriens, et il ne veut pas qu'elles subissent de pertes trop élevées. A partir de 1972, les conseillers soviétiques et le matériel affluent en Syrie ; l'année suivante, il y a pas moins de 3 000 conseillers, jusqu'au niveau du bataillon ou du squadron5.

Source : http://www.lesclesdumoyenorient.fr/IMG/jpg/Hafez_al-Assad_en_1970.jpg


L'armée a toujours été impliquée comme on l'a vu dans la destinée politique du pays. La révolution de 1970 marque en quelque sorte un apogée, avec l'armée soudée derrière Hafez el-Assad contre le gouvernement, le parti Baas et l'administration publique de manière générale. Mais en réalité, à partir de 1970, Assad maintient son contrôle politique tout en reléguant l'armée, devenue professionnelle, à des tâches conventionnelles. Cela est dû aussi à la défaite face à Israël en 1967, la Syrie craignant -de manière exagérée- pour sa survie. L'armée devient un instrument de la politique étrangère syrienne, principalement tournée contre Israël.

Le plan syrien pour la guerre du Kippour est inspiré des schémas soviétiques. L'armée syrienne doit briser les défenses israëliennes sur le Golan en deux points, avec trois secteurs d'attaque, et la réserve blindée exploitera la brèche pour sceller le plateau et empêcher les renforts arrivant d'Israël d'intervenir. Les Syriens souhaitent obtenir la surprise pour conserver l'initiative face aux Israëliens. Il y a donc une certaine flexibilité, mais le plan étant prévu dans ses moindres détails et les officiers devant en principe y coller, il y a une contradiction évidente. L'armée syrienne endort la méfiance des Israëliens en multipliant les exercices de grande ampleur près du Golan, tout en mettant en oeuvre un important programme de renseignement sur les défenses adverses. Les Soviétiques sont écartés de cette planification. A la veille de l'attaque, les Syriens alignent 150 000 hommes, 1 650 chars (dont 450 T-62), 1 000 véhicules blindés et 1 250 pièces d'artillerie. Sur le Golan, le 6 octobre 1973, il y a 60 000 hommes, 1 400 chars, 800 à 900 véhicules blindés, 600 pièces d'artillerie, 400 pièces antiaériennes et 65 batteries de SAM lourds (SA-2, SA-3 et SA-6). En tout, 5 divisions : 3 d'infanterie et 2 blindées. Les divisions d'infanterie, qui comprennent une brigade mécanisée, sont renforcées par une brigade blindée indépendante. Chaque division compte donc plus de 200 chars. Assad consent même finalement à céder 2 des 7 bataillons de commandos à l'état-major de l'armée syrienne. L'armée de l'air aligne plus de 350 appareils, dont 200 MiG-21, 30 Su-20 et 120 MiG-17. Néanmoins, les Syriens comptent plus sur leur DCA que sur leur aviation. Pour la première fois, ils ont eu le temps de se préparer ; leur armée est plus solide que jamais ; ils combattent sur un terrain qu'ils ont choisi.

Les Syriens se comportent bien pendant le conflit, et leur percée du 6-7 octobre au sud du Golan manquent de leur faire emporter la décision. Ils ont obtenu la surprise stratégique. Le plan est correct, mais il ne fait pas usage, cependant, d'opérations héliportées ou aéroportées pour s'emparer de points stratégiques sur le Golan en avant des troupes au sol. Pourtant, après le succès initial, l'état-major syrien se montre inepte, choisissant de mauvais axes d'attaques, hésitant à engager ses réserves, alors que les commandants de divisions opèrent assez bien, même s'ils commettent aussi des erreurs. Au niveau tactique en revanche, les Syriens sont surclassés par les Israëliens, notamment en ce qui concerne l'emploi des blindés. Les vagues de chars et de véhicules blindés syriens viennent toujours cogner frontalement contre les Israëliens. L'artillerie joue plus par sa masse que par sa précision, illustrant aussi l'absence de combinaison des armes chez les Syriens, qui de la même façon ne font que peu appel au génie ou à d'autres unités spécialisées. Les officiers, au niveau subalterne, peinent à prendre des initiatives ou à coopérer avec les unités voisines. Les Syriens déforment aussi la doctrine soviétique en confinant, par exemple, l'infanterie dans les véhicules blindés lors des charges frontales. L'aviation israëlienne, sur le Golan, a plus un effet psychologique que réel sur les Syriens, qui lui attribuent tous leurs maux. Le prix à payer est élevé : 200 des 800 chars de l'attaque initiale, au moins, sont mis hors de combat en 24 heures. Les pertes sont si élevées qu'avec la mobilisation israëlienne, l'équilibre numérique se renverse rapidement.


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Il faut un peu de temps à l'armée syrienne pour se remettre du choc du Kippour. Les Syriens demandent un matériel plus moderne à l'URSS et mettent l'accent sur les unités de commandos, qui selon eux sont les plus aptes à conduire les opérations extérieures. En 1975, la guerre civile éclate au Liban, qui conserve des liens très étroits avec la Syrie. Celle-ci ne va pas tarder à intervenir dans le conflit. Au départ, Assad choisit de soutenir les chrétiens maronites contre les sunnites. Il envoie des éléments de l'Armée de libération de la Palestine, une force de Palestiniens encadrée par des Syriens pour lutter contre Israël. Mais au printemps de 1976, la situation des maronites est tellement mauvaise que l'armée syrienne est employée à son tour à la tâche. La performance syrienne ne s'améliore pas franchement par rapport à 1973. Les unités syriennes sont mal adaptées pour lutter contre un adversaire qui relève plus de la guérilla, et sont mal préparées au combat en montagne. Les chars sont lancés en avant, le génie ne dégage pas les routes, l'artillerie prépare les offensives mais ne peut effectuer des tirs de précision, comme la contre-batterie, qu'à grand peine.

L'armée syrienne est néanmoins encore mobilisée en cas de problème intérieur. Lors de la révolte des Frères Musulmans, entre 1976 et 1982, les soldats syriens n'hésitent pas, en février de cette dernière année, à Hama, à utiliser l'artillerie, les blindés et les hélicoptères pour écraser le soulèvement, faisant des milliers de victimes. Hafez al-Asad doit déjouer, en 1983-1984, après une attaque cardiaque, la tentative de son frère qui veut utiliser les « compagnies de défense », unités d'élite sous ses ordres, pour prendre le pouvoir. Assad a réussi à se maintenir en faisant de l'armée un chien fidèle et obéissant. Il a renforcé la présence des Alaouites dans l'armée, la plupart des officiers supérieurs venant de sa propre tribu, la Kalabiyya. A sa mort, 90% des officiers sont des alaouites. Il a établi des liens de clientèle en récompensant les officiers par des prébendes économiques et politiques. Il crée plusieurs appareils de sécurité pour surveiller les officiers supérieurs : l'administration de sécurité de l'armée de l'air, le département de la sécurité militaire. Des unités spéciales sont constituées pour défendre le régime, avec le meilleur équipement et le meilleur personnel. Les compagnies de défense sont remplacées par une division de la Garde Républicaine, commandée par un parent d'Assad. Ses deux fils servent dans cette division. A la mort de son père, Bashar remplace d'ailleurs le commandant par un officier alaouite qui lui est proche. Assad fait aussi entrer les officiers supérieurs dans le parti Baas. Il a tendance à laisser les officiers supérieurs en poste pendant longtemps, ce qui nuit aussi, d'une certaine façon, à l'efficacité de l'armée6.

Après avoir occupé l'est du Liban les Syriens cherchent alors à accroître à nouveau le potentiel de leur armée. Le nombre de chars par bataillon est augmenté et la Garde Républicaine est accrue d'une division blindée supplémentaire, la 569ème. L'Egypte ayant trouvé un compromis avec Israël, la Syrie devient le pivot de la présence soviétique dans la région. En 1982, l'armée syrienne aligne 250 000 hommes, 3 600 chars, 2 700 véhicules blindés, 2 300 pièces d'artillerie, 80 batteries de SAM lourds et plus de 500 appareils de combat. Les Syriens convertissent progressivement les divisions d'infanterie en division mécanisées ou blindées. La défense anti-aérienne est plus mobile grâce à l'acquisition de nombreux SA-6 ou SA-8. Les bataillons commandos passent de 7 à 33 par prélèvement des meilleurs éléments de l'infanterie. La Syrie compte utiliser ces troupes comme formations de choc dans les offensives ou pour des missions non-conventionnelles. Assad purge encore le commandement, en 1978, de 400 officiers opposés à l'invasion du Liban. En 1982, la force d'occupation au Liban comprend 30 000 hommes, de 200 à 300 chars et des batteries de SAM dans la vallée de la Bekaa. Les Israëliens ont cette fois-ci des matériels beaucoup plus modernes dans l'aviation et les blindés, et ils dominent les Syriens en termes de commandement, de renseignement et de guerre électronique.

Pourtant l'armée syrienne ne démérite pas durant la campagne. Les commandos sont envoyés en avant soutenus par une réserve blindée, dans la défense en profondeur chère aux Soviétiques. Certes, la force aérienne syrienne est sévèrement corrigée par les Israëliens, mais elle a empêchée l'aviation israëlienne de soutenir les troupes au sol pendant deux jours, occupée qu'elle était à détruire les MiG. En revanche, au niveau tactique, seuls les commandos se montrent agressifs et imaginatifs. Les unités blindées refusent la manoeuvre, l'artillerie compte toujours sur la masse, et la reconnaissance est mauvaise. La logistique et la maintenance des véhicules laissent sérieusement à désirer.


Source : http://www.acig.org/artman/uploads/astk_sa_at_team.jpg


En 1990, la Syrie, qui a continué de participer à la guerre civile au Liban, envoie dans la coalition anti-irakienne sa 9ème division blindée et une brigade de commandos, tenues en réserve par les Américains... La défense anti-aérienne est largement reconstruite par les Soviétiques qui, embarrassés par les critiques syriennes sur leur matériel, livrent des SA-5 mais aussi des Su-24, des MiG-29, des T-72, des missiles sol-air portables et des missiles antichars plus sophistiqués. La Syrie lève 7 divisions supplémentaires et dispose alors de 400 000 hommes, 4 800 chars, 4 150 véhicules blindés, 2 700 pièces d'artillerie, 530 appareils de combat et plus de 250 batteries de SAM. La maintenance et l'entraînement s'améliorent peu : au tournant des années 2000, un tiers des chars n'est pas opérationnel. La Syrie renforce son potentiel antiaérien au vu de ses échecs précédents contre Israël et les défenses sur la route de Damas sont également améliorées. Une division de forces spéciales (la 14ème) est créée ainsi que 7 brigades indépendantes de commandos. Pour compenser la supériorité aérienne israëlienne, la Syrie acquiert des Scud-C auprès de la Corée du Nord et travaille sur les Scud-D avec l'assistance d'ingénieurs iraniens et coréens.


Sous Bachar el-Assad


Le 10 juin 2000, Hafiz el-Assad, qui a dirigé la Syrie pendant 30 ans, décède. Le lendemain, son fils cadet Bachar prend la succession, devenant par la même occasion commandant des forces armées. Il reçoit immédiatement le soutien du ministre de la Défense et du chef d'état-major de l'armée syrienne. Promotion d'envergure pour un homme qui était seulement capitaine à son retour en Syrie en 1994, après la mort de son frère. Bashar a reçu une formation militaire attentive de la part de son père et, immédiatement après sa prise de pouvoir, place de jeunes officiers alaouites qui lui sont fidèle dans les rangs de l'armée. L'armée, et en particulier le corps des officiers, reste donc une clé de la légitimité et du pouvoir politique des dirigeants syriens7.

Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1300082-Bachar_al-Asad.jpg


En 2003, une étude américaine fait le bilan des capacités de l'armée syrienne8. Celle-ci aligne alors 319 000 hommes et 354 000 réservistes. La gendarmerie paramilitaire en compte 8 000, et la milice pourrait hypothétiquement rassembler 100 000 hommes de plus. L'armée de terre, forte de 215 000 hommes, comprend 3 corps d'armée avec 7 divisions blindées, 3 mécanisées, 1 division de la Garde Républicaine et 3 brigades de forces spéciales regroupées dans une division nominale ; il y a en plus 4 brigades d'infanterie indépendantes, une brigade de garde-frontières, deux brigades d'artillerie indépendantes, un régiment de chars indépendant et 10 régiments de forces spéciales indépendantes.

La Syrie dispose alors de brigades de missile surface-surface et d'une brigade de défense côtière, avec quelques 850 engins. Sur les 4 700 chars, 1 200 sont en position statique. On compte 2 000 T-55, 1 000 T-62 et seulement 1 700 T-72 ou T-72M plus modernes. Il y a 725 BRDM-2, plus de 2 000 BMP-1 et 250 à 300 BMP-2 ou 3, sans parler des 1 600 BTR-50/60/70/152 plus anciens. Les hélicoptères sont au nombre de 90 : 48 Mi-25 et 42 SA-342. L'artillerie autopropulsée aligne 400 2S1 et 50 2S3, complétée par 1 600 à 1 700 pièces tractées, en 122, 130 ou 152 mm. Il y a aussi 200 Type 63 chinois de 107 mm et 280 BM-21 Grad, sans parler de 700 mortiers moyens ou lourds. Au niveau des armes antichars, la Syrie aligne 3 500 lanceurs AT-3 dont 2 500 montés sur véhicules, 350 AT-4 ou 5 et 2 000 AT-10 ou 14 plus modernes. Elle dispose aussi de 200 Milans. La défense antiaérienne aligne plus de 2 000 pièces dont 400 ZSU-23/4. Elle compte 4 000 SA-7, 20 SA-9 et 35 SA-13 plus récents.

La force aérienne comprend alors 611 avions et 40 000 hommes, plus les hélicoptères déjà mentionnés. Il y a 10 à 11 escadrilles d'avions d'assaut avec 20 Su-24 et 14 MiG-29SMT, le gros restant les 90 Su-22 et 44 MiG-23BN. La chasse comprend 16 escadrilles, dont la moitié vole sur environ 170 MiG-21. 5 autres utilisent 90 MiG-23, le reste se partageant entre 30 MiG-25 et 22 MiG-29. La reconnaissance est assurée par 6 MiG-25R et 8 MiG-21H/J. La défense antiaérienne compte parmi les branches les plus nombreuses de l'armée, avec deux divisions, 25 brigades, et 150 batteries de SAM lourds. Il y a 600 lanceurs SA-2 et SA-3 et 200 SA-6. Les SA-5 sont au nombre de 48, les SA-8 étant 60. La marine, au contraire, est le parent pauvre des forces armées syriennes. Deux frégates lance-missiles Petya III sont opérationnelles. Elle compte 18 patrouilleurs dont 10 Osa I et II obsolètes armés de Styx. Il y a 5 bâtiments pour la guerre des mines et 16 hélicoptères anti-sous-marins, ainsi que trois navires de débarquement de classe Polnocny capables de transporter 100 hommes.


L'armée syrienne en 2011


Des estimations de la force de la rébellion syrienne, au début de la guerre civile, en 2011, ont laissé penser que le régime syrien serait défait rapidement militairement parlant. Or, l'armée est restée pour bonne partie fidèle au régime, elle dispose encore d'un matériel conséquent et le niveau de pertes n'est pas insurmontable9.



L'armée syrienne, en 2011, reste l'une des plus vastes et des mieux entraînées du monde arabe. Organisée selon la doctrine soviétique, elle est bâtie pour des opérations expéditionnaires au Liban et pour protéger la Syrie d'une invasion israëlienne. La cohésion et la capacité logistique de l'armée depuis le début de la guerre civile montrent que sa réputation n'est pas usurpée. Elle compte alors 220 000 hommes. Sur les 13 divisions de l'armée syrienne, 8 sont des formations blindées ou mécanisées de 4 brigades chacune. Une division blindée comprend 3 brigades blindées et 1 brigade mécanisée, et vice-versa pour la division mécanisée. Chaque division possède son régiment d'artillerie et ses éléments de soutien, soit 15 000 hommes en théorie. Les brigades comprennent de 2 500 à 3 500 hommes. C'est le niveau de manoeuvre essentiel de l'armée syrienne. Chaque brigade blindée comprend 3 bataillons blindés et 1 mécanisé. Les brigades ont aussi leur artillerie, leur DCA ou leur génie organique. Les régiments d'artillerie de 1 500 hommes comprennent trois bataillons de 300 à 500 soldats.

Il y a 5 divisions spécialisées dans l'armée : la 4ème division blindée, la division de la Garde Républicaine, deux divisions de forces spéciales et la 17ème division de réserve. Les régiments de ces unités comprennent 1 500 hommes répartis en trois bataillons. Ils n'ont pas d'unités de soutien. Les brigades et les régiments syriens sont donc plus petits que leurs homologues occidentaux mais plus gros que les bataillons. Les bataillons sont aussi plus petits que dans les armées occidentales mais plus gros que les compagnies. Durant la guerre civile toutefois, Bachar el-Assad a surtout déployé les divisions d'élite entièrement alaouites et des détachements sélectionnés dans les autres unités.

La garde prétorienne du régime était composée, dans la première décennie du règne d'Hafez el-Assad, des compagnies de défense, qui ont représenté jusqu'à un tiers de l'armée de terre : 12 brigades d'élite de blindés, d'artillerie et de forces spéciales. Ce sont elles qui ont écrasé l'insurrection des Frères Musulmans entre 1976 et 1982. Les Alaouites représentent 90% des effectifs et sont recrutés dans les tribus proches du pouvoir. Après la tentative de coup d'Etat de son frère Rifat, Hafiz limite les compagnies de défense à une division et transfère le reste dans la Garde Républicaine ou les forces spéciales. La 569ème division blindée, qui prend la suite des compagnies de défense, devient plus tard la 4ème division blindée.

La 4ème division blindée a joué un rôle important dans la guerre civile depuis 2011. Elle est bâtie sur le modèle de la division blindée conventionnelle mais le régime a maintenu ses brigades à plein effectif et l'a renforcée d'un régiment de forces spéciales. Elle est théoriquement commandée par le général Durgham, mais beaucoup suspectent que le frère de Bashar, Maher, qui commande la 42ème brigade blindée, contrôle en fait l'unité. Quasiment tous les soldats de la division sont des professionnels et 80% des officiers seraient alaouites. La division, de par son histoire, est spécialisée dans le combat contre les insurrections intérieures : cantonnée dans le complexe de Mazzeh qui surplombe le sud de Damas, elle doit constituer le dernier rempart en cas d'invasion israëlienne.

La Garde Républicaine a été créée en 1976 par Hafez el-Assad. A l'origine, les hommes viennent tous de l'aviation, branche où les Assad ont officié avant de prendre le pouvoir. La Garde Républicaine passe progressivement à l'équivalent d'une brigade mécanisée, suite notamment à la réduction des compagnies de défense. En 2011, elle compte 3 brigades mécanisées et 2 régiments « de sécurité ». Cela représente l'équivalent d'une division mécanisée, mais la Garde Républicaine est aussi maintenue à plein effectif et bénéficie du meilleur matériel. Les commandants de brigade sont des proches d'el-Assad, et les soldats et les officiers sont quasiment tous alaouites. La division est orientée contre les menaces intérieures et stationne autour du palais présidentiel et dans le complexe de Quasioun, au nord de Damas, en bonne position pour contrecarrer un coup d'Etat, comme la 4ème division blindée au sud.

Les régiments de forces spéciales ont un statut d'élite car ils servent à la fois de force de protection au régime et de fer de lance de l'armée. Ce sont en fait des unités conventionnelles d'infanterie légère, mais les Syriens les ont baptisées forces spéciales en raison de leur entraînement aux opérations aéroportées et héliportées. Leur chef des années 1970 aux années 1990, le général Haydar, qui dirige le commandement des forces spéciales, a joué un rôle important dans l'échec du soulèvement des compagnies de défense, en 1983-1984. C'est pourquoi les forces spéciales sont devenues un pilier du régime, aux côtés des deux unités précédentes. Au milieu des années 1990, Haydar est éliminé car il s'oppose à la succession d'Hafiz par Bachar. Hafiz divise le commandement en deux divisions de forces spéciales, les 14ème et 15ème, avec trois régiments chacune. La première division sert avec le 1er corps au sud et la deuxième avec le 2ème corps sur la frontière libanaise. Il semblerait que seulement la moitié des forces spéciales soit composée d'alaouites : le taux de défection en 2011-2012 a d'ailleurs été plus important que dans la 4ème division blindée et la Garde Républicaine. Le commandement des forces spéciales, avec au moins trois régiments, se trouve dans les montagnes d'al-Dreij entre Damas et le Liban, derrière le palais présidentiel. La 15ème division et ses trois régiments sont sur la frontière jordanienne. Les forces spéciales opèrent notamment dans l'Anti-Liban au sud-ouest de la Syrie.

L'armée syrienne commence à former des corps d'armée au milieu des années 1980. Le 1er corps d'armée forme ainsi la première ligne de défense contre une invasion. Les 61ème et 90ème brigades d'infanterie indépendantes occupent des positions le long des hauteurs du Golan. La seconde ligne de défense est composée, au sud, de la 5ème division mécanisée, couverte à l'est par la 15ème division de forces spéciales, près de la frontière jordanienne, tandis que la 7ème division mécanisée sécurise l'approche la plus directe au nord entre le Golan et Damas, avec à l'ouest la hauteur du mont Hermon. La 9ème division blindée, en arrière, sert de réserve.




Le 2ème corps d'armée a servi de force d'occupation au Liban. La 1ère division blindée a joué un rôle clé dans l'échec de la tentative de coup d'Etat de 1983-1984. La 10ème division mécanisée fait également partie de ce corps, de même que la 14ème division de forces spéciales. Avant la guerre civile de 2011, le 2ème corps devait protéger la frontière libanaise et fournir une deuxième ligne de défense contre une invasion israëlienne. La 1ère division blindée, en particulier, couvrait l'approche sud de Damas, preuve que le régime lui accorde une certaine confiance.

Le 3ème corps d'armée regroupe des unités dédiées à la sécurité intérieure et destinées à servir de réserve en cas de conflit. La 11ème division blindée, stationnée près de Homs, protégeait le centre du pays et la 3ème division blindée défendait l'accès nord de Damas. Les 17ème et 18ème divisions, indépendantes, protégeaient le nord et l'est de la Syrie. La 3ème division blindée a notamment participé à l'écrasement de l'insurrection des Frères Musulmans : elle a nettoyé Alep et a engagé sa 47ème brigade blindée et sa 21ème brigade mécanisée contre Hama. Les trois-quarts des officiers seraient alaouites, de même qu'un tiers des soldats. Elle a également rallié les forces spéciales en 1983-1984 contre le coup d'Etat des compagnies de défense.


De la contre-insurrection à la guerre civile


Le conflit en Syrie s'est progressivement transformé à l'été 2012, passant d'une insurrection à une véritable guerre civile10. Bachar el-Assad a cherché à réutiliser les recettes de son père, mais la campagne de contre-insurrection a échoué. Cependant, l'armée syrienne conserve la capacité de soutenir pendant longtemps une guerre civile. Hafez el-Assad avait écrasé la révolte des Frères Musulmans en employant des unités d'élite de l'armée, en créant des milices pro-gouvernementales, les deux réunies ensemble servant à déloger les rebelles des zones urbaines et à installer dans celles-ci de fortes garnisons.



Bashar el-Assad a échoué en voulant reprendre la même stratégie. Les défections l'ont poussé à ne faire intervenir que le tiers le plus loyal de l'armée, ce qui était insuffisant pour garder le contrôle de tout le pays. Les défections et l'attrition ont affaibli l'armée, dans un sens, mais l'ont aussi renforcée, car ceux qui restent sont des inconditionnels du régime. Les milices pro-Assad, ou shabiha, dirigées par des proches du clan au pouvoir, ont commis parmi les pires exactions contre les rebelles. Les comités populaires locaux ont également formé leurs propres milices, et particulièrement dans les minorités. Les deux forces reçoivent le soutien du régime, des Gardes de la révolution iraniens et du Hezbollah. Les troupes de Bashar el-Assad ont procédé à des déplacements de population forcés dans les bastions de l'opposition, renforçant les clivages confessionnels. L'armée a utilisé l'artillerie, l'aviation, les bulldozers, les massacres purs et simples, voire les missiles balistiques pour chasser la population en dehors des zones rebelles. La stratégie vise à priver ceux-ci du soutien des habitants. Les forces conventionnelles loyalistes sont concentrées à Homs et à Damas. Les petites forces maintenues à l'est et au nord ont bloqué les rebelles, mais des postes isolés sont tombés alors que le régime cherchait à maintenir ses lignes de communication logistiques. L'armée reste indélogeable de Homs et de Damas. En contrôlant le corridor qui va de Damas à Homs et jusqu'à la côte, Bachar el-Assad est en mesure de tenir une guerre civile, soutenu par l'Iran et le Hezbollah. Il détruira probablement Damas plutôt que de la laisser à l'opposition.

En janvier 2013, Bachar affirmait que son armée allait écraser les rebelles. En réalité, ceux-ci ont porté le combat à Damas dès juillet 2012 et ont commencé à investir les faubourgs nord. Mais ce que Bachar voulait dire, c'est probablement qu'il avait compris que la contre-insurrection avait échoué, que les objectifs avaient changé : il s'agit maintenant de tenir le territoire « utile » en Syrie, non de contrôler tout le pays. Au début de l'insurrection, Bashar emploie donc les unités les plus fiables de son armée. Dans les premiers mois, trois régiments des forces spéciales partent à la reconquête de la province de Deraa. Les 41ème et 47ème régiments arrivent de la base d'el-Dreij et le 35ème régiment vient de la province d'as Suwayda. C'est Bashar lui-même qui a sélectionné les unités : d'ailleurs une brigade conventionnelle opère sous les ordres du 35ème régiment. Deux brigades conventionnelles opèrent aussi à Deraa : la 132ème brigade mécanisée de la 5ème division mécanisée, pour des raisons de proximité, et la 65ème brigade blindée de la 3ème division blindée, basée à 150 km de là, probablement choisie quant à elle pour des motifs politiques.



Bashar met aussi sur la sellette les quatre services de sécurité pour prévenir les défections. Ainsi, le général Manaf Tlass, qui commande la brigade de la Garde Républicaine, est arrêté avant de faire défection. Les régiments et les brigades de l'armée syrienne opèrent dans des regroupements ad hoc composées pour prévenir ces incidents. Par exemple, une compagnie de la 4ème division blindée d'élite forme l'élément dominant d'une force ad hoc de la taille d'un bataillon : ce qui explique que cette unité soit souvent citée dans les médias. La 1ère division blindée, pourtant une unité supposée fiable, a vu ses trois brigades (91ème, 153ème, 58ème) opérer dans un rayon de 10 km seulement autour de sa base au sud de Damas. Des éléments de la division ont pourtant probablement été incorporés dans la 76ème brigade blindée qui a accompli une « chevauchée de la mort » dans la province d'Idlib, à partir de février 2012, marquée par de nombreuses atrocités et laissant derrière elle des graffitis évoquant une « brigade de la mort ».

Pour reprendre le faubourg Zabadani à Damas, le régime forme un groupe mixte d'éléments de la 4ème division blindée et des 3ème, 7ème et 10ème divisions. Mais chaque division ne fournit qu'une compagnie. Dans d'autres cas cependant, ce sont uniquement des formations d'élite qui sont employées : le siège de Homs, en février 2012, voit l'intervention de la 4ème division blindée, de la Garde Républicaine et des forces spéciales. Quand les rebelles sont délogés de Baba Amr à la fin du mois, c'est le 555ème régiment de forces spéciales qui monte à l'assaut. Il y a au moins deux bataillons de la Garde Républicaine tirés des 103ème et 105ème brigades. Au moins la moitié des forces spéciales, 6 régiments, sont également engagés sur place : les 3 de la 15ème division stationnée près de la frontière jordanienne et ceux de la 14ème qui attaquent les bastions les plus solides de la rébellion au sud-ouest de Homas, Baba Amr, Inshaat et Jobar. Deux régiments indépendants de forces spéciales, les 53ème et 54ème, sont également présents.

Le cas de Homs est emblématique de la stratégie choisie par le régime. Des unités d'élite sont engagées pour prévenir les défections. Le bombardement initial est suivi d'un engagement massif qui permet de reprendre la place forte des rebelles, d'y installer une forte garnison et d'empêcher sa reconquête en 2012. L'armée loyaliste utilise d'ailleurs plutôt l'artillerie en feu indirect depuis l'échec d'une première attaque contre le faubourg de Zabadani, à Damas. Début février 2012, les assiégeants creusent des tranchées de deux mètres autour d'une partie de Homs, matraquent la ville, puis la nettoient secteur par secteur, forçant les rebelles à l'évacuer en mars. Mais il n'y avait pas plus de 15 (!) pièces engagées contre Homs, soit une infime partie des 3 000 canons du régime... En 2012, contrairement à 2011, les unités de l'armée loyaliste occupent en force les zones qu'elles conquièrent. Les deux brigades de la Garde Républicaine restent à Homs et le génie construit une barrière de béton autour de Bab Amr, avec seulement quelques passages gardés par les forces de sécurité. Résultat : les accrochages avec les rebelles s'effilochent jusqu'en juillet, remontent jusqu'en octobre puis s'effondrent à nouveau. Cependant, la tactique utilisée à Homs, faute de troupes en nombre suffisant, n'est pas applicable partout.

En ce qui concerne les milices, Bashar se repose sur deux catégories différentes. La première est celle des Shabiha, ces gangs mafieux dirigés par des proches du clan au pouvoir. La seconde réside dans les comités populaires formés en particulier par les minorités pour se protéger des bandes rebelles. L'opposition ne fait pas la différence entre les deux groupes et appelle ces milices du nom de Shahiba. Le terme viendrait de la voiture emblématique des mafieux, la Mercedes Shabah, ou Fantôme. Les Shabiha sont des milices extrêmement décentralisées Il n'y a cependant pas que des Alaouites puisque des organisations criminelles sunnites, comme à Alep, soutiennent aussi le régime, soit pour l'argent, soit pour éviter la prison. Les milices des comités populaires sont plus nombreuses que les authentiques Shabiha.

Dans le premier quart de l'année 2012, les troupes d'Assad nettoient tous les centres urbains majeurs et restent pour contrôler le terrain, même si la stratégie ne s'étend pas à tout le pays. Après les nettoyages de Damas, Homs et Idlib, le régime stoppe la manoeuvre et se concentre sur le maintien dans les capitales provinciales. Le choix de déplacer la population dans les villes renforce l'insurrection en durcissant les séparations confessionnelles. En vidant Homs de ses habitants, l'armée syrienne a renforcé le nombre de réfugiés à Damas et lancé la contestation dans la ville. Dans le nord du pays, l'artillerie est utilisée pour matraquer les villes, faute de troupes suffisantes pour procéder au râtissage de tous les secteurs. Les rebelles sont pris au piège : ils ne peuvent augmenter l'échelle du combat à Alep ou Idlib par crainte de voir l'armée pulvériser les villes. Dans la zone côtière alaouite, le régime a procédé dès 2011 à l'expulsion des communautés sunnites. A l'automne 2012, des bulldozers sont employés pour raser des faubourgs de Damas, les milices achevant le travail de dépopulation en expulsant, voire en massacrant.

Fin mai 2011, les miliciens abattent 108 personnes du village sunnite de Taldou, dans la province de Homs, soutenus par l'artillerie de l'armée régulière. Fin août 2012, après trois jours de pilonnage, l'armée syrienne et les milices entrent dans le faubourg sunnite de Daraya à Damas et tuent plus de 300 personnes. Le lieu est un épicentre de la contestation et il est proche de la capitale et de l'aéroport militaire Mazzeh, d'où cette réaction très violente du régime. Quand les forces au sol ne sont pas disponibles sur les fronts ouverts par les rebelles, comme au nord d'Alep ou de Lattaquié au printemps 2012, ce sont les hélicoptères qui sont employés pour chasser les populations. Les hélicoptères d'attaque sont de plus en plus requis dans ce rôle en juin-juillet 2012. En août, durant la bataille d'Alep, ce sont les avions qui remplacent l'artillerie et bombardent des faubourgs derrière les positions rebelles. L'aviation est d'ailleurs plus employée pour ces frappes de terreur qu'en appui tactique, faute de précision ; c'est aussi un moyen de retourner la population contre les rebelles. L'aviation emploie même des barils d'essence modifiés au lieu des projectiles traditionnels, et cible les boulangeries. Ce qui force les rebelles à s'attaquer aux bases aériennes et à répliquer contre les appareils : 15 auront été abattus à la fin 2012. L'aviation syrienne connaît aussi des problèmes d'entretien et de ravitaillement en carburant. D'où l'emploi à partir de décembre 2012 des premiers missiles balistiques, contre des positions rebelles au nord du pays. Le 15 janvier 2013, un missile SCUD probablement tiré au jugé frappe l'université d'Alep, tuant 80 personnes. Quelques jours plus tard, un autre s'écrase sur Daraya. Jusqu'à la fin février 2013, ce sont pas moins de 40 missiles qui ont été tirés.

La domination aérienne explique aussi, pour partie, le maintien du régime de Bashar el-Assad11. Née en 1948, la force aérienne syrienne a bénéficié ensuite du fait que Hafez el-Assad lui-même était un ancien officier pilote. Comme on l'a dit, dès avril 2012, l'aviation déploie ses hélicoptères dans les provinces d'Idlip et Alep pour engager les villages contrôlés par les rebelles. Le 12 juillet, les hélicoptères de combat mitraillent la population du village de Tremseh. Pour compenser le faible nombre de Mi-25 disponibles et réserver ceux-ci aux secteurs stratégiques, l'aviation syrienne engage ses jets dès le mois d'août 2012. En outre, la DCA rebelle s'est améliorée et force à opérer à plus haute altitude. A l'été, elle compte déjà de 15 à 25 ZSU-23, 2 à 5 canons tractés de 57 mm, et de 15 à 30 SA-7, avec peut-être aussi des SA-16 et 24. En octobre, ce sont déjà au moins 5 hélicoptères et 6 avions qui ont été descendus. Les rebelles s'attaquent également aux bases aériennes : Abu ad Duhur au sud d'Alep, Minakh au nord d'Alep (où stationnent plus de 40 Mi-8, al-Qusayr près de Homs, etc. 4 des destructions d'appareils interviennent d'ailleurs près des bases aériennes. Les hélicoptères Mi-8 et Mi-17 commencent alors à larguer des bombes artisanales, y compris sur les civils.

A l'été 2012, l'armée de l'air syrienne aligne 200 appareils, 50 hélicoptères et 150 avions. Mais les problèmes de maintenance et les défections limitent encore le total. Les appareils ne sont pas vraiment conçus pour la contre-insurrection, d'où l'emploi de L-39 dans ce rôle. Fin novembre 2012, les premiers Su-17 et Su-22 apparaissent dans le ciel, preuve que le régime fait flèche de tout bois pour soutenir le conflit. La défense anti-aérienne, relativement puissante, se concentre sur le corridor Damas-Homs-Alep : 650 sites statiques, 300 équipements mobiles, dont des SA-11, 17 et 22. Un F-4E turc en fait probablement les frais le 22 juin 2012, prouvant l'efficacité du système antiaérien syrien. Fin octobre 2012, l'armée n'a pas hésité à détruire ses propres lanceurs mobiles dans la province d'Idlib de peur qu'ils soient capturés par les rebelles.

Après avoir attaqué les bases aériennes, ceux-ci changent à leur tour de tactique. Au lieu de s'en prendre aux villes ou aux villages, ils se dispersent pour éviter les frappes aériennes et le mécontentement de la population. Puis ils puisent dans les stocks des bases aériennes pour renforcer leur DCA en canons et en MANPADS. Ils mettent la main sur 40 lanceurs durant les offensives de l'automne 2012 et abattent pas moins de 2 hélicoptères et 1 chasseur au cours de la première semaine de décembre 2012, dans la province d'Alep. Ils continuent de maintenir la pression sur les bases aériennes. En janvier 2013, ils prennent celle de Taftanaz, au nord de la Syrie, assiégée depuis des mois, et mettent ainsi hors de combat 20 hélicoptères.

Depuis le début du conflit, l'armée syrienne se maintient à 60 brigades de manoeuvre12. Mais ces brigades n'ont pas été engagées en entier et seulement un tiers environ de l'armée a participé aux opérations. La 4ème division blindée et la Garde Républicaine ont opéré à plein effectif. Les forces spéciales, qui ont connu des défections, sont probablement aux deux tiers de leur capacité, soit 12 000 hommes – contre 16 000 pour les formations précédentes. Les divisions régulières ont souvent fourni une brigade, qui n'est pas restée très éloignée de sa base d'opérations. Soit 27 000 hommes environ sur les 9 divisions. Ce qui veut dire que le régime peut compter sur un corps de bataille solide de 65 à 75 000 hommes. Les défecteurs ont peut-être représenté 20 à 30% de l'effectif total de l'armée. Les services de sécurité ont prévenu les défections et la 4ème division blindée, par exemple, pourtant unité d'élite, a dû fusiller 10 soldats qui menaçaient de le faire. Les éléments peu sûrs sont emprisonnés ou maintenus dans les casernes. Les unités d'élite fréquemment engagées sont surmenées, ce qui a aussi conduit Assad à changer de stratégie. Les pertes commencent à augmenter sérieusement à partir de la mi-2012. De 500 soldats tués en novembre 2011, on passe à 2 300 morts en juin 2012. Les statistiques ne sont plus communiquées par le régime en juillet. En novembre, certains estiment les pertes à 7 000 morts et 30 000 blessés.




Pour compenser ses pertes, le régime recrute dès l'automne 2012 dans les cités alaouites, fait appel aux réservistes, encadrés par des étrangers, Iraniens ou membres du Hezbollah. La décentralisation des opérations et l'attrition de l'armée entraînent une fusion de plus en plus grande entre celle-ci et les milices. Les services de sécurité, qui compteraient selon certains jusqu'à 200 000 hommes, n'ont pas attendu cette phase pour opérer sur le terrain de la même manière que les milices. Selon les rebelles, 10 000 miliciens sont venus renforcer les défenses de Homs début 2013. Les Iraniens encadreraient l'Armée Populaire depuis août 2012. Bashar institutionnalise le processus début 2013 en regroupant les milices dans les Forces de Défense Nationale. Les miliciens pro-régime commencent à pratiquer des enlèvements.

Bashar el-Assad a dû répartir ses maigres forces géographiquement parlant. Depuis le début du conflit, il a privilégié Damas, Homs et le Sud plutôt que le nord ou l'est du pays. On ne sait parfois pas grand chose pour certains secteurs. La 11ème division blindée est censée être active près d'Hama mais on y voit surtout opérer une brigade de la 3ème division blindée et le 47ème régiment des forces spéciales. Près de Tartous et de Lattaquié, l'armée régulière n'est pas beaucoup présente, peut-être en raison de l'importance de la communauté alaouite et chrétienne, et parce que les organes de sécurité jugulent l'opposition. Les médias reflètent d'ailleurs ces questions géographiques en constatant un recul de l'armée au printemps 2012, là où il ne faut peut être voir qu'une disparité de l'engagement.

C'est dans l'est que les forces régulières sont les moins présentes. La 17ème division de réserve y a opéré en 2012. La 93ème brigade de cette division est venu d'Idlib. Le 54ème régiment de forces spéciales arrive au nord-est après avoir participé au siège de Homs en février 2012. Dès l'été, le régime abandonne les régions kurdes et la 17ème division est refoulée à la fin de l'année. Au nord, dans les provinces d'Idlib et d'Alep, le régiment de forces spéciales présent en 2011 est renforcé début 2012 par 3 autres régiments, une brigade blindée, et un détachement de la 4ème division blindée. La 76ème brigade blindée et le 41ème régiment de forces spéciales arrivent dans la province d'Idlib fin février 2012. Deux autres régiments de forces spéciales, le 35ème de la 15ème division et le 556ème de la 14ème division, également vétérans du siège de Homs, arrivent ensuite à Idlib. Début mars 2012, les éléments de la 4ème division blindée, de la 76ème brigade blindée et du 35ème régiment de forces spéciales nettoient la ville d'Idlib, chassant les rebelles dans les environs. Mais le régime, faute de troupes, ne peut poursuivre et n'est pas en mesure de répliquer à l'ouverture d'autres fronts au nord et à l'ouest. Quand les forces du régime sortent d'Alep en juillet 2012 pour pousser au nord, les rebelles les reconduisent dans la ville dès le mois d'août.

L'armée syrienne établit des postes pour contrôler les lignes de communication et disloquer les formations rebelles. Les troupes restent en garnison, évitent les embuscades et les défections par le contact avec la population. Mais les rebelles peuvent aussi concentrer des unités allant jusqu'à la brigade contre des postes isolés : pas moins de 17 sont tombés au nord jusqu'en mai 2012. En janvier 2013, l'armée n'a plus que 7 postes au nord des capitales provinciales. Pour ravitailler ses unités, l'armée syrienne emploie des Il-76 puis, devant la réaction de la DCA des rebelles, ses hélicoptères.



La garnison de Homs reste importante. Dans la province de Deraa, la moitié des formations du 1er corps sont encore présentes. La 9ème division blindée a envoyé sa 52ème brigade mécanisée combler les trous de la 15ème division de forces spéciales. La 7ème division mécanisée a envoyé des éléments renforcer les brigades d'infanterie indépendantes sur le Golan. Il faut dire que le 1er corps est moins fiable, les désertions y ont été nombreuses. Ce n'est que lors de la bataille de Damas, à partir de juillet 2012, que des unités renforcent la capitale.

A Damas, la Garde Républicaine et la 4ème division blindée ont affronté les rebelles dès le début de l'insurrection. Les manifestations dans les faubourgs entre mars et mai 2011 ont été dispersées par le 555ème régiment de forces spéciales, les 104ème, 105ème et 106ème brigades de la Garde Républicaine. Malgré des opérations à l'extérieur, l'essentiel de la 4ème division blindée et de la Garde Républicaine sont à Damas. L'offensive rebelle de juillet 2012 a réussi à tenir sur la durée malgré l'ampleur de la contre-attaque, l'emploi de l'artillerie et des hélicoptères.



Plutôt que de se replier dans un réduit côtier, il est fort probable que Bachar el-Assad cherche à conserver Damas, Homs et Hamas. La politique de terre brûlée à achever de faire basculer l'insurrection dans la guerre civile, marquée par des affrontements de plus en plus sectaires.


Bibliographie :


Lt Col S. Edward BOXX, « Observations on the Air War in Syria », in Air & Space Power Journal, Mars-avril 2013, p.147-168.

Anthony H. CORDESMAN, If Its Syria: Syrian Military Forces and Capabilities, Center for Strategic and International Studies, 15 avril 2003.

Joseph HOLLIDAY, The Syrian Army. Doctrinal Order of Battle, The Institute for the Study of War, février 2013.

Joseph HOLLIDAY, The Assad Regime. From Counterinsurgency to Civil War, MIDDLE EAST SECURITY REPORT 8, Institute for the Study of War, mars 2013.

Kenneth POLLACK, Arabs at War. Military Effectiveness, 1948-1991, University of Nebraska Press, 2002.

Eyal ZISSER, « The Syrian Army: Between the Domestic and the External Fronts », in Middle East Review of International Affairs Journal, Vol. 5, No. 1 (Mars 2001), p.1-12.


2« Syria », in Kenneth POLLACK, Arabs at War. Military Effectiveness, 1948-1991, University of Nebraska Press, 2002, p.447-552.
3Eyal ZISSER, « The Syrian Army: Between the Domestic and the External Fronts », in Middle East Review of International Affairs Journal, Vol. 5, No. 1 (Mars 2001), p.1-12.
4Eyal ZISSER, « The Syrian Army: Between the Domestic and the External Fronts », in Middle East Review of International Affairs Journal, Vol. 5, No. 1 (Mars 2001), p.1-12.
5« Syria », in Kenneth POLLACK, Arabs at War. Military Effectiveness, 1948-1991, University of Nebraska Press, 2002, p.447-552.
6Eyal ZISSER, « The Syrian Army: Between the Domestic and the External Fronts », in Middle East Review of International Affairs Journal, Vol. 5, No. 1 (Mars 2001), p.1-12.
7Eyal ZISSER, « The Syrian Army: Between the Domestic and the External Fronts », in Middle East Review of International Affairs Journal, Vol. 5, No. 1 (Mars 2001), p.1-12.
8Anthony H. CORDESMAN, If Its Syria: Syrian Military Forces and Capabilities, Center for Strategic and International Studies, 15 avril 2003.
9Joseph HOLLIDAY, The Syrian Army. Doctrinal Order of Battle, The Institute for the Study of War, février 2013.
10Joseph HOLLIDAY, The Assad Regime. From Counterinsurgency to Civil War, MIDDLE EAST SECURITY REPORT 8, Institute for the Study of War, mars 2013.
11Lt Col S. Edward BOXX, « Observations on the Air War in Syria », in Air & Space Power Journal, Mars-avril 2013, p.147-168.
12Joseph HOLLIDAY, The Assad Regime. From Counterinsurgency to Civil War, MIDDLE EAST SECURITY REPORT 8, Institute for the Study of War, mars 2013.

4 commentaires:

  1. Article vraiment passionnant, notamment sur l'utilisation des unités délite dans le conflit actuel. Il serait intéressant dans un plus ou moins proche avenir de faire une analyse des affrontements israelo-syriens au Liban

    Amicalement
    François Ginestet

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  2. Bonjour,

    Merci pour le commentaire. L'article est d'ailleurs en cours de reformatage pour une autre utilisation, pas très loin de chez vous (lol).

    Sur les affrontements israëlo-syriens au Liban, sujet intéressant, mais je ne m'y suis jamais frotté. Il me faudrait des lectures en plus et des livres, aussi...

    Cordialement.

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  3. Vraiment chapeau!
    A quand une analyse aussi pêchu du conflit israelo palestinien? Le "conflit" opposant le maroc à son voisin algérien me passionne également. Avec un tel niveau d'analyse, c'est un plaisir de survoler l'actualité géopolitique!

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  4. Bonjour,

    Merci. Encore que c'est en cours d'approfondissement (histoire d'élargir les sources notamment, qui sont réduites ici).
    Les sujets que vous proposez sont effectivement alléchants. C'est le temps qui me manque. Si je compare avec la rentrée d'il y a un an, je ne sais plus où donner de la tête (mdr).

    Cordialement.

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