mardi 17 septembre 2013

Irène CHAUVY, La vengeance volée, Grands Détectives 4704, Paris, 10/18, 2013, 263 p.

1863, sous le Second Empire. Deux domestiques sont sauvagement égorgés, l'un au palais des Tuileries, l'autre chez la cousine de l'empereur Napoléon III. Le capitaine Hadrien Allonfleur, capitaine de l'escadron des cent-gardes, vétéran de la campagne d'Italie, flanqué d'un ex-inspecteur de la Sûreté à la retraite mais qui n'en démord pas, Amboise Martefon, doit résoudre les deux meurtres. Mais son passé ne va pas tarder à le rattraper au cours de l'enquête...

Irène Chauvy, juriste de formation, est cadre à l'université de Bourgogne. Passionnée de littérature et d'histoire, elle signe le début de cette série policière sous le Second Empire qui a été primée en 2011 sous les auspices de Jean-François Parot, auteur quant à lui de la fameuse série Nicolas Le Floch, adaptée à l'écran.

Comme je le dis souvent en ce qui concerne les 10/18 Grands Détectives, on oscille souvent entre trop-plein de description historique au détriment de l'intrigue ou vice-versa, selon les goûts. Ici l'équilibre est plutôt satisfaisant, et j'ai même été surpris par le dénouement, bien mené. A noter que la Bourgogne, où habite l'auteur, permet au scénario de sortir momentanément du cadre parisien, ce n'est pas un mal, et les connaisseurs du coin ne seront pas perdus.

Il y a, comme d'autres l'ont remarqué, une certaine parenté entre ce roman policier et les enquêtes d'Emile Gaboriau dont je commentais un exemplaire il y a peu, au XIXème siècle. La résolution de l'intrigue doit autant à l'enquête elle-même qu'aux personnages et à leur vécu, ce qui est astucieux car cela évite de tomber dans le trop-plein de description historique pour meubler, justement.

Plutôt un bon roman policier, mais j'y mettrai un bémol : cette focalisation sur le haut du pavé, l'empereur, la famille impériale, la cour, les grands du Second Empire, etc. Et même si les enquêteurs n'en sont pas et que l'on croise bien d'autres milieux, tout tourne finalement autour du gratin mondain. Un peu comme dans les Nicolas Le Floch où on quitte rarement l'orbite du pouvoir, Louis XVI, Marie-Antoinette etc. A force, ça lasse un peu...


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