jeudi 22 août 2013

François NEVEUX et Claire Ruelle, La cathédrale Notre-Dame de Bayeux, OREP éditions, 2012 (1ère éd. 2007), 33 p.

On connaît surtout Bayeux pour sa tapisserie (!), et aussi parce qu'elle est la première grande ville française libérée suite au débarquement du 6 juin 1944, mais l'on sait moins en revanche que sa cathédrale Notre-Dame est l'un des principaux édifices religieux de Normandie. Pour l'essentiel, c'est une cathédrale gothique du style normand, au XIIIème siècle. Il reste cependant des éléments d'une église romane antérieure. Elle a été complétée et agrandie jusqu'à la fin du Moyen Age et n'est définitivement terminée qu'au XIXème siècle.

Bayeux est le siège d'un des diocèses de la province ecclésiastique de Rouen dès le IVème siècle. Le quartier ecclésiastique s'installe dans le sud-ouest de la ville et Notre-Dame est l'une des trois églises initiales. La cathédrale romane est entamée au XIème siècle et terminée par Odon, évêque de Bayeux, frère utérin de Guillaume le Conquérant, qui joue un grand rôle dans l'expédition de 1066. Odon tire d'importants bénéfices de la conquête : c'est aussi lui qui commandé la tapisserie de Bayeux. Dédicacée en 1077, la cathédrale est incendiée par Henri Beauclerc, en guerre contre son frère Robert Courteheuse qui tient la ville. A nouveau incendiée en 1160, la reconstruction de la seconde moitié du XIIème siècle commence à introduire l'art gothique. Le gros de l'ensemble date du XIIIème siècle : la nef, au second étage gothique, ne comprend qu'un niveau et non deux, ce qui permet à la lumière d'inonder l'espace. Ce style rayonnant se répand en Normandie puis ailleurs ensuite.

Les chapelles latérales sont construites jusqu'au XIVème siècle. La tour centrale n'est terminée qu'au XVème siècle. La cathédrale est desservie par près de 50 chanoines dans ce dernier siècle, renforcés d'une centaine de vicaires et chapelains, ce qui n'est pas négligeable. Le chapitre cathédrale détient des maisons, des boutiques et perçoit la dîme. C'est aussi une puissance temporelle. La cathédrale souffre pendant les guerres de Religion. Les travaux ne redémarrent qu'à la fin du XVIIème siècle (un jubé est posé en 1700), suivis de la pose d'un dôme classique sur la tour centrale. Le bâtiment n'est pas trop touché par la Révolution : la tour centrale qui menaçait de s'effondrer est consolidée au milieu du XIXème siècle.

Le tympan du portail nord évoque la passion du Christ, celui du portail sud le Jugement Dernier. Le portail dit du Doyen raconte une partie de l'histoire de saint Thomas Beckett. Le choeur est sans doute la partie la plus intéressante de la cathédrale. La crypte romane, murée lors de la construction du choeur gothique, a été redécouverte en 1412 lorsqu'on a creusé la tombe d'un évêque. Il reste quelques beaux chapiteaux romans et au XVème siècle, on a rajouté des peintures.

Un monument à ne pas manquer si vous passez par Bayeux, où vous trouverez en vente ce petit guide bien illustré, muni d'une bibliographie indicative, et écrit par François Neveux, professeur d'histoire du Moyen Age à l'université de Caen qui a pris sa retraite en 2009.

2 commentaires:

  1. Bonjour, nous avons été à l'université de Bourgogne ensemble (avec un an d'écart je crois mais il semble que nous avons eu quelques cours communs avec M.Stein) enfin j'ai du avoir mon CAPES un an après toi. Je tenais juste à te féliciter pour ce remarquable blog c'est une mine d'information ,je vois que tu as abandonné l'EN, dommage . Voilà, bonne continuation et pour ta future carrière.

    Julien.G

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  2. Salut Julien G(uinart/d, j'ai un doute).

    Oui, je me souviens, ça ne me rajeunit pas (lol).

    Quant à ma carrière, ma disponibilité n'est pas éternelle (mdr) et pour l'instant je n'ai pas encore retrouvé d'emploi stable. Je serai donc sans doute contraint de retourner dans l'EN même si c'est pour financer la thèse, par exemple.

    Merci pour le commentaire et à bientôt.
    Stéphane.

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