mercredi 21 août 2013

Emile GABORIAU, L'affaire Lerouge, Paris, Les éditions du Masque, 2013, 549 p.

Mars 1862, sous le Second Empire. Dans la petite commune de Bougival, la veuve Lerouge est retrouvée sauvagement poignardée, baignant dans son sang. Lecoq, jeune agent de la Sûreté parisienne, est envoyé sur les lieux pour accompagner son supérieur, le commissaire Gébrol. Il fait appel aux services du père Tabaret, un détective amateur connu pour ses méthodes peu orthodoxes, pour résoudre cette enquête qui s'annonce difficile. Tabaret se met rapidement au travail et pense avoir rapidement trouvé le coupable, l'affirmant à Daburon, le juge d'instruction chargé du dossier. Mais il est sur le point de commettre une terrible erreur et va devoir se rattraper dans l'urgence...

Emile Gaboriau (1832-1873), hussard en Afrique, s'installe ensuite à Paris et verse dans le journalisme. L'Affaire Lerouge est son premier roman à succès, paru en 1866. Ce succès lui vaut d'être embauché comme feuilletoniste au Petit Journal. Emile Gaboriau est considéré comme le père du roman policier français. Il a été fortement influencé par Poe et son travail a peut-être servi d'inspiration à Conan Doyle pour le personnage de Sherlock Holmes. Dans ce roman, c'est d'ailleurs plus le père Tabaret qui fait penser à Sherlock Holmes que le héros en devenir de Gaboriau, Lecoq. On sent également que l'auteur a pioché dans le parcours du célèbre Vidocq, qui avait inspiré d'autres romanciers avant lui. Gaboriau dépeint une enquête qui se veut réaliste, et par ses considérations sur les milieux sociaux, on peut même dire qu'elle s'accroche au naturalisme.

Le scénario est intéressant et rondement mené, si ce n'est les digressions naturalistes justement, qui peuvent lasser le lecteur. Pour ma part, cela ne m'a pas gêné, mais je comprends que l'on puisse trouver un peu lourd ce roman policier. Une oeuvre à lire, toutefois, ne serait-ce que pour son importance dans le genre.

Pour ceux qui sont veulent aller plus loin, on pourra lire cette brillante analyse sur le roman  de Jean-Louis Tilleuil pour la revue Romantisme (2005), histoire de mieux saisir la portée de L'Affaire Rouge et ce qu'elle révèle sur son temps, à la fois en termes littéraires et historiques.


2 commentaires:

  1. l'action est censée se dérouler sous le Second Empire mais la couverture évoque la Belle Époque. Petit détail qui me rebute.

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  2. Effectivement, c'est un peu décalé. Mais comme ce que dit le 4ème de couverture, d'ailleurs (cf l'article que je cite en lien qui démonte pas mal d'affirmations...).

    Cordialement.

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