jeudi 4 juillet 2013

Suppléments-2ème Guerre Mondiale n°49

Et voici les suppléments à deux ensembles parus dans le n°49 de 2ème Guerre Mondiale.

Celui pour le comparatif des 6 commandants d'armées de chars soviétiques est déjà en ligne : il s'agit d'un article paru sur le blog L'autre côté de la colline et qui présente en détails Mikhaïl Katoukov, l'un des 6 officiers en question, et qui dirige la 1ère armée de chars à partir de 1943. C'est par ici.

Pour le dossier sur Prokhorovka, je vous offre une partie coupée qui résumait le déroulement des opérations entre les 5 et 12 juillet, et qui faisait le lien entre les première et deuxième parties.


L'opération Zitadelle sur le flanc sud du saillant de Koursk démarre aux premières heures du 5 juillet. L'assaut initial est plutôt décevant dans le secteur du XLVIII. Panzerkorps, meilleur pour le II. SS-Panzerkorps. Hoth voit ses craintes confirmés par le blocage du III. Panzerkorps sur son flanc droit. La deuxième ligne de défense soviétique est loin d'être atteinte, mais Hoth reste confiant : les divisions allemandes n'ont visiblement pas encore rencontré d'éléments de corps blindés ou mécanisés soviétiques, et il pense avoir encore un jour supplémentaire avant l'arrivée des réserves opératives de l'Armée Rouge. Or, en réalité, Vatoutine a déjà mis en mouvement la 1ère armée de chars de Katoukov et les 2ème (à la jonction entre la 6ème et 7ème armée de la Garde) et 5ème (pour barrer la Psel) corps blindés de la Garde. Ce sont pas moins d'un millier de blindés que Vatoutine place à la fois dans un rôle offensif et défensif.

Le 6 juillet, le II. SS-Panzerkorps, dont les deux flancs sont exposés, est violemment contre-attaqué par les 2ème et 5ème corps blindés de la Garde et par les éléments de la 1ère armée de chars. Hausser envoie la Totenkopf pour essayer de franchir le Donetz Nord et soulager le III. Panzerkorps, mais elle ne peut venir à bout de la 375ème division de fusiliers soviétiques retranchée là. Les pertes soviétiques sont lourdes et Vatoutine demande, en fin d'après-midi du 6 juillet, le déblocage des réserves stratégiques pour repousser l'assaut de la 4. Panzerarmee. Staline ordonne le tranfert au Front de Voronej des 2ème et 10ème corps blindés, tandis que le Front de la Steppe met en mouvement la 5ème armée de chars de Rotmistrov et la 5ème armée de la Garde. Ce sont, à nouveau, plus d'un millier de blindés soviétiques qui rallient le champ de bataille. Hoth se rend compte que les réserves opératives sont entrées en action dès le deuxième jour de l'offensive, alors que le XLVIII. Panzerkorps n'est pas encore venu à bout de la deuxième ligne défensive soviétique.

Le 7 juillet, le II. SS-Panzerkorps avance davantage que son voisin de gauche : il emporte la deuxième ligne de défense et il n'est plus qu'à une dizaine de kilomètres des faubourgs de Prokhorovka. Mais Hoth choisit d'arrêter la progression au nord-est des Waffen-SS pour les réorienter à l'ouest, afin de soutenir le XLVIII. Panzerkorps. Or, Vatoutine a prévu de lancer une contre-attaque contre le II. SS-Panzerkorps le 8 juillet avec 4 corps blindés. Hoth cherche en fait à encercler avec les deux corps blindés les unités de chars soviétiques dans la boucle de la Pena. Le 10ème corps blindé s'attaque à la Leibstandarte, les 5ème corps blindé de la Garde et 2ème corps blindé à la Das Reich, tandis que le 2ème corps blindé de la Garde avance sur le secteur évacué par la Totenkopf. Ce sont près de 600 chars que les Soviétiques jettent contre les Waffen-SS privés de leurs blindés envoyés plus à l'ouest. Mais l'assaut de Vatoutine, qui aurait pu avoir des conséquences incalculables, n'est pas coordonné et dégénère en une multitude d'attaques tronçonnées que les Allemands vont pouvoir repousser, en profitant notamment des nombreux canons antichars présents au sein de la Das Reich. L'aviation allemande intervient aussi avec ses appareils d'attaque au sol Hs 129 et détruit un certain nombre de blindés soviétiques du 2ème corps blindé de la Garde, tandis que la brigade de tête du 10ème corps blindé est étrillée par les Tigres en réparation de la Das Reich. Manstein, inquiet de la situation sur son flanc est, fait déplacer deux des divisions du XXIV. Panzerkorps de réserve près de Kharkov. En face, l'Armée Rouge met en branle vers Prokhorovka la 5ème armée de chars de la Garde, et la 5ème armée de la Garde, qui rejoint le Psel, entre Oboïan et Prokhorovka : des divisions contre des armées.

Au 9 juillet, le XLVIII. Panzerkorps n'a toujours pas réussi à détruire les forces blindées soviétiques dans la boucle de la Pena. Hoth renvoie les blindés au II. SS-Panzerkorps, inquiet des contre-attaques de la veille. Il semble encore se soucier de détruire les réserves opératives soviétiques à l'ouest plutôt que de pousser vers le Psel, en parallèle de la progression des Waffen-SS. George Nipe pense que Hoth souhaite avant tout détruire la 1ère armée de chars de Katoukov avant d'envoyer le XLVIII. Panzerkorps soutenir la progression du II. SS-Panzerkorps au nord-est, vers Prokhorovka. D'après lui, Hoth, qui a bien prévu cette dernière progression dès le mois de mai, n'a pas déplacé l'effort vers le nord-est pour aller à la rencontre de la 5ème armée de chars de la Garde soviétique, puisqu'il n'a, selon lui, pas connaissance de l'arrivée de cette formation. Vatoutine, de son côté, renforce la 1ère armée de chars de Katoukov en retirant les 5ème corps blindé de la Garde et 10ème corps blindé du secteur de Prokhorovka pour les déplacer sur la route d'Oboïan.

Pour le 10 juillet, les deux objectifs restent l'encerclement des blindés dans la boucle de la Pena à l'ouest et la capture des hauteurs dominant Prokhorovka et le franchissement du Psel à l'est par les Waffen-SS pour attaquer la localité elle-même. La Totenkopf parvient finalement à prendre pied sur la rive nord du Psel, au prix de durs combats. Le lendemain, la division fait passer ses chars au nord de la rivière après avoir construit des ouvrages sur le cours d'eau. La Leibstandarte avance sur Prokhorovka malgré la tenace résistance du 2ème corps de chars de Popov, épuisé, qui est relevé dans la nuit du 10 au 11 par une des divisions de la 5ème armée de la Garde, la 9ème aéroportée du colonel Sazonov. Cette même armée envoie plusieurs divisions, dont la 95ème de fusiliers de la Garde, face aux hommes de la Totenkopf au nord du Psel.

Le 11 juillet, Hoth est confirmé dans son attention sur le flanc ouest par l'apparition du 10ème corps blindé soviétique dans le secteur, dont le commandant adjoint est d'ailleurs tué dans les combats, et son corps retrouvé par les Allemands avec certains documents importants. Hoth pense qu'il lui est finalement plus profitable d'écraser les réserves opératives soviétiques au sud du Psel, dans un terrain compartimenté, plutôt que d'aller franchir la rivière lourdement défendue et de détruire les blindés soviétiques au nord du cours d'eau. En outre, les contre-attaques blindées semblent cesser à l'est et le III. Panzerkorps a enfin débloqué la situation sur le Donetz Nord. Hoth enjoint à Hausser d'engager les forces soviétiques au nord du Psel et de nettoyer les approches de Prokhorovka.

4 commentaires:

  1. je n'ai pas encore acheté le mag mais ce supplément le rend allechant

    François Ginestet

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  2. Bonjour,

    Merci pour votre commentaire.
    Achetez le magazine, vous ne serez pas déçu !

    Cordialement.

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  3. Je suis abonné et donc je suis en train de lire le magazine. Très bon article sur "Zitadelle, paris risqué", qui diverge un peu du livre de Jean Lopez, avec deux tableaux saisissants sur les sous-effectifs en blindés du GA.Sud. Il est étonnant que les Waffen SS, aient encore une dominante Pz III dans leurs blindés !

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  4. Bonjour,

    Oui, l'arme blindée allemande n'est pas en bon état à Koursk, contrairement à ce que l'on peut lire ici ou là dans la presse spécialisée.

    Les derniers travaux, historiographiquement parlant, montrent combien la Wehrmacht s'use précocement et à l'inverse combien l'Armée Rouge est mieux adaptée à une guerre d'attrition par des facteurs qui remontent à l'avant-guerre.

    Il est vrai que je m'oppose assez à Jean Lopez qui, dans sa 2ème édition de son Koursk, n'a pas utilisé notamment les deux ouvrages clés que j'emploie. Mais il me faudrait davantage de lectures du côté allemand (je m'y emploie, à suivre dans le même magazine...).

    Sur le pari risqué, en fait c'est surtout que la question ne me semble pas faire sens du point de vue de l'historien (distribuer les bons ou les mauvais points). Les points que j'évoque rapidement (héritage de la Reichswehr, importance des réserves soviétiques, transformations structurelles de l'Armée Rouge) me semblent infiniment plus intéressants.

    Cordialement.

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