mercredi 22 février 2017

Mourir pour le califat 74/Prenez exemple sur leur ligne de conduite-Wilayat Ninive

Titre : Prenez exemple sur leur ligne de conduite.

Durée : 26 minutes 44 secondes.

Lieu(x) : Mossoul et ses environs.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 14 février 2017. La photo du 2ème adolescent kamikaze yézidi a été publiée par l'EI le 14 décembre 2016, deux mois avant cette vidéo. Il est probable que les 6 kamikazes montrés dans cette vidéo correspondent pour la plupart à la période de la bataille avant la chute des quartiers Est.

Type de vidéo : c'est une vidéo thématique consacrée aux kamikazes sur VBIED.

Découpage (séquences) :

1 : 13''-2'11'', introduction.
2 : 2'11''-4'14'', propagande.
3 : 4'14''-6'37'', kamikaze Abu Islam Al Dameshqi.
4 : 6'37''-10'30'', kamikaze Abu Al Ghamdi Al Idlib.
5 : 10'30''-17'35'', kamikaze Abu Talab Al Baghdadi.
6 : 17'35''-22'40'', deux kamikazes yézidis adolescents.
7 : 22'40''-26'44'', kamikaze Abu Hamza Al Maslawi.

dimanche 19 février 2017

Soldats rebelles 5/La division Sultan Murad

La division Sultan Murad est le résultat d'une coalition de brigades rebelles constituées de Turkmènes, en décembre 2015. Les Turkmènes, minorité syrienne, ont rapidement formé plusieurs brigades dans l'opposition armée dans les provinces de Lattaquié et d'Alep, tandis qu'ils commençaient à se structurer politiquement. A partir de l'été 2015, alors que la Turquie s'engage plus nettement contre l'EI, l'appui américain puis turc à la brigade, puis division Sultan Murad est de plus en plus évident. La division Sultan Murad est cependant davantage alignée sur la Turquie : bien que combattant d'abord le régime, elle s'est aussi affrontée aux Kurdes de l'YPG/SDF, et à l'EI. Depuis le lancement de l'opération Euphrates Shield le 24 août 2016, la division Sultan Murad semble la figure de proue des rebelles regroupés derrière l'armée turque pour reprendre al-Bab. Bénéficiant de nombreux matériels fournis par Ankara, l'unité semble s'inscrire dans la logique « néo-ottomane » du président Erdogan.

samedi 11 février 2017

Mourir pour le califat 73/Des clients, pas des chefs religieux-Wilayat Ninive

Titre : Des clients, pas des chefs religieux

Durée : 23 minutes 23 secondes.

Lieu(x) : Mossoul. Dans la séquence 4, le 1er VBIED explose dans le quartier d'al-Intisar (sud-est) ; le 2ème explose dans le quartier de Muthana (nord-est) ; le 3ème à Bahwiza (nord-est) ; et le 4ème à al-Furqan (centre-est).

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 9 février 2017. Un des kamikazes de la séquence 4 s'est fait sauter le 7 janvier, un autre le 12 janvier. Certaines images de combat correspondent à des vidéos Amaq des 5,10 et 13 janvier.

Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, mêlant quelques images de combat et de VBIED à de la propagande.

Découpage (séquences) :

1 : 16''-3'38'', dénonciation de clercs sunnites « apostats ».
2 : 3'38''-8'34'', discours de jeunes combattants, victimes civiles des bombardements.
3 : 8'34''-10'13'', hommage aux cadres décédés de l'EI.
4 : 10'13''-15'55'', VBIED.
5 : 15'55''-16'56'', discours d' Abu Abd Albar Al Iraqi.
6 : 16'56''-18'11'', séquence variée.
7 : 18'11''-23'23'', propagande.

mercredi 8 février 2017

Frédéric PICHON, Syrie. Pourquoi l'Occident s'est trompé, Paris, Editions du Rocher, 2014, 132 p.

L'auteur de cet ouvrage, Frédéric Pichon, est bien connu sur les réseaux sociaux quand il est question du conflit syrien. Vindicatif, agressif, surtout quand l'interlocuteur n'est pas de son avis, il n'hésite pas à déformer les propos de son vis-à-vis pour mieux marteler son message de soutien au régime Assad et à ses alliés, dont il ne s'est jamais vraiment caché. J'ai dû le bloquer sur Twitter en raison d'un de mes tweets détourné par lui, suivi d'une non moins creuse discussion sur le fil -ce qui arrivé à d'autres, au demeurant.

J'avais déjà lu ce livre, reçu en service presse il y a longtemps, avant de voir F. Pichon "en action" sur Twitter. Je n'avais pas l'intention de le ficher car il n'était pas très intéressant, à vrai dire. Mais comme son auteur se permet d'agresser tout un chacun sur Twitter, après tout, c'est faire oeuvre utile. Je l'ai relu pour en dresser la fiche. Mon avis n'a pas vraiment changé quant au contenu. On peut du reste admirer le site très fourni de l'auteur ici.

Le sous-titre donne le ton : il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique (l'auteur est pourtant chercheur, a soutenu une thèse sur la Syrie), mais d'un véritable pamphlet, appuyé par l'exorde du journaliste du Figaro. En résumé : la France a été en-dessous de tout, parce qu'elle aurait jeté aux orties le régime Assad, croyant à sa chute prochaine, alors "qu'il incarne à lui seul tout l'appareil étatique" (sic). Au lieu de donner des leçons de morale, la France aurait dû soutenir la Russie (re-sic). Une fois le ton du pamphlet posé, il n'y a pas grand chose à rajouter, malheureusement

dimanche 5 février 2017

David THOMSON, Les revenants, Paris, Seuil/Les Jours, 2016, 295 p.

David Thomson avait écrit, au début 2014, un premier livre consacré aux djihadistes français partis se battre en Syrie, que j'avais fiché ici même. Deux ans et demi plus tard, il publie un second ouvrage qui prolonge en quelque sorte le précédent. Entretemps, il y a eu la naissance de l'Etat Islamique (le premier livre était sorti initialement alors qu'existait encore l'ancêtre, l'EIIL), Charlie Hebdo, les attentats de Paris, ceux de 2016, etc. Le contexte est bien différent : alors que le sujet n'intéressait pas grand monde, quand j'ai moi-même commencé à travailler sur le conflit syrien (août 2013), écrivant également des résumés à partir des sources secondaires disponibles sur les djihadistes français au moment où David Thomson sortait son premier ouvrage, il occupe maintenant le devant de l'actualité.

Comme dans le premier livre, le journaliste se base exclusivement ou presque sur les entretiens avec les djihadistes français. C'est sans doute la principale force du livre -et la principale faiblesse, diront certains. Contrairement à David Thomson, je crois que les "sources secondaires" qu'il évoque à la p.8 (PV, d'interrogatoires, etc : il les qualifie "d'indispensables mais biaisées", de "lucarne") peuvent apporter des éléments intéressants, s'ils sont contextualisés et pris avec recul, bien sûr. De la même façon, le renfort d'une approche "universitaire", avec toute la littérature secondaire disponible sur le sujet, permettrait, encore une fois, de croiser les sources. Témoignages recueillis à la source, documents officiels (de justice ou autres), travaux universitaires ou de spécialistes : voici une combinaison qui permettrait d'écrire une histoire globale (pour ne pas dire totale) du djihadisme français au Levant. Une démarche qui me semble d'autant plus nécessaire que je suis moi-même passé par mon travail par plusieurs étapes : de compilateur de sources secondaires pendant près d'un an, j'ai fini par comprendre qu'il fallait, un peu à l'image de David Thomson, travailler à la source, en étudiant les documents originaux produits par les acteurs du conflit syrien (rebelles, régime, milices chiites irakiennes, je ne suis venu aux vidéos militaires de l'EI qu'en août 2015).

Il est vrai qu'en France, les passerelles existent peu, voire pas, entre les différents niveaux. Ceux que l'on appelle maintenant les "jihadologues", dont fait partie David Thomson, et qui travaillent à la source, au contact des djihadistes, n'ont pas été forcément reconnus pour leur travail par la sphère universitaire ou les institutions gouvernementales (du moins au départ en ce qui concerne D. Thompson, les choses ont évolué depuis). En vérité, les journalistes comme David Thompson réalisent un travail à la source que n'ont pas fait (ou que ne font plus), jusqu'à présent, les universitaires : c'est aussi un problème. David Thomson a aussi eu le malheur de se faire écharper, pour rien ou presque, sur un plateau de télévision un mois à peine après la sortie de son premier livre. Vu la suite des événements, on mesure l'inanité de la chose.

samedi 4 février 2017

Soldats d'Assad [Mathieu Morant] 5/L'équipement de la 104ème brigade de la Garde Républicaine à Deir-es-Zor

Lors de leur déploiement à l'automne 2014 sur les lignes de front de Deir ez-Zor, les éléments de la 104ème apparaissent comme équipés d'un armement individuel de qualité : celui-ci est même au-dessus des standards de certaines des autres unités d'élite du Régime, qu'il s'agisse de la Garde Républicaine, de la 4ème Division ou encore de certains régiments de forces spéciales. Bien que les éternels AK-47, AKM, AKMS, et autres Type-56 semblent alors rester les fusils d'assaut standards, de nombreux soldats de Zahreddine sont équipés d'AK-74M, flambant neufs, pour certains équipés de lance-grenades GP-30. L'AKS-74U est lui semble-t-il réservé aux officiers, et à la garde rapprochée du général druze de la 104ème.



vendredi 3 février 2017

Mourir pour le califat 72/Le rugissement des lions-Wilayat al-Furat

Titre : Le rugissement des lions.

Durée : 10 minutes 49 secondes.

Lieu(x) : d'après les bandeaux, le raid de la séquence 2 a lieu au nord d'al-Rutba ; même secteur dans la séquence 5.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 30 janvier 2017.

Type de vidéo : c'est une vidéo de raids mécanisés/motorisés dans le désert. L'EI attaque de petites positions.

Découpage (séquences) :

1 : 16''-1'06'', introduction.
2 : 1'06''-3'41'', raid sur une petite position.
3 : 3'41''-4'28'', deux tués au combat de l'EI.
4 : 4'28''-5'23'', un tué de l'EI.
5 : 5'23''-10'49'', raid mécanisé.

mercredi 1 février 2017

Mourir pour le califat 71/Ecraser les adversaires-Wilayat ar-Raqqah

Titre : Ecraser les adversaires (sous-titre : Du côté des résultats de l'armée de l'EI contre les apostats du PKK dans les périphéries de la Wilayat).

Durée : 19 minutes 1 seconde

Lieu(x) : les combats de la vidéo se déroulent au nord et à l’ouest de Raqqa. Les tirs de missiles antichars de la séquence 4 se déroulent à l’ouest de la wilaya.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : Le premier combat de la séquence 3 correspond à un reportage photo du 13 novembre 2016. Les images de la séquence 3 avec Abou Jandal al-Koweiti correspondent à un reportage photo du 8 décembre 2016 de la wilayat al-Barakah (Hasakah), et non Raqqah (ce qui suppose qu'Abou Jandal était dans la wilayat al-Barakah à cette date ou peu avant, juste avant le début de l'offensive sur Palmyre). Le combat où Ryan Lock trouve la mort correspond à un reportage photo du 26 décembre dernier (le combat semble avoir eu lieu le 21). Les dernières images de combat de la vidéo correspondant à un reportage photo du 10 janvier dernier, et à un autre du 13 janvier.

Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque contre la poussée des SDF vers Raqqa au nord et à l’ouest de la ville.

Découpage (séquences) :

1 : 14’’-1’52’’, introduction.
2 : 1’52’’-3’30’’, discours d’un cadre/clerc à la troupe.
3 : 3’30’’-9’58’’, combats, hommages à Abu Jandal al-Kuwaïti.
4 : 9’58’’-12’53’’, explosion d’un VBIED, combats.
5 : 12’53’’-19’01’’, combats, exécution.

mardi 31 janvier 2017

Mourir pour le califat 70/Les chevaliers des Dawawin-Wilayat Ninive

Titre : Les chevaliers des Dawawin.

Durée : 38 minutes 33 secondes.

Lieu(x) : Mossoul et ses environs immédiats.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 24 janvier 2017. Les derniers kamikazes de la vidéo se sont fait exploser le 7 janvier, soit une quinzaine de jours avant ; les images précédentes sont plus anciennes. Les séquences de combat remontent à début janvier ou fin décembre 2016.

Type de vidéo : c’est une vidéo thématique, dédiées à la fois aux kamikazes issus des bureaux administratifs de l’EI (diwans), et à l’utilisation, aussi, de drones armés.

Découpage (séquences) :

1 : 15''-1'56'', introduction.
2 : 1'56''-4'25'', bataille de Mossoul.
3 : 4'25''-9'08'', VBIED.
4 : 9'08''-13'52'', VBIED.
5 : 13'52''-16'42'', VBIED.
6 : 16'42''-18'14'', combats.
7 : 18'14''-18'44'', portraits de combattants.
8 : 18'44''-20'04'', VBIED.
9 : 20'04''-21'17'', blessés de l'EI.
10 : 21'17''-24'02'', VBIED.
11 : 24'02''-25'05'', reporters.
12 : 25'05''-29'19'', VBIED.
13 : 29'19''-29'57'', propagande.
14 : 29'57''-30'28'', 1 VBIED.
15 : 30'28''-32'17'', bombardement d'un B-52.
16 : 32'17''-38’33’’, attaques avec drones armés.

vendredi 27 janvier 2017

Soldats d'Assad 4/La 104ème brigade de la Garde Républicaine

Depuis 2014, la 104ème brigade de la Garde Républicaine syrienne et son chef légendaire, le général Zahreddine, sont associés à la défense de l'aéroport militaire et de la poche tenue par le régime syrien à Deir-es-Zor, face à l'EI. Pourtant, l'unité avait commencé, en 2011, par réprimer les manifestants descendant dans les rues au début de la révolution. L'unité, partie intégrante de la garde prétorienne du régime Assad, est largement maintenue à Damas et ses alentours dans les premières années du conflit pour parer à toute éventualité, fournissant ponctuellement des détachements pour certaines opérations dans le pays. Avec l'avènement de l'EI et sa conquête de la province de Deir-es-Zor, la 104ème brigade est jetée dans la bataille pour conserver ce bastion du régime dans l'Est du pays. Depuis deux ans et demi, Zahreddine et ses hommes tiennent, tant bien que mal, cette poche contre laquelle l'EI s'est jusqu'à présent usé : mais la récente offensive de janvier 2017 a pour la première fois réussi à couper en deux tronçons le territoire contrôlé par le régime. Isolés, ravitaillés uniquement par air, les hommes de la 104ème brigade constituent pourtant un symbole fort pour le régime, celui de la combativité. Il n'empêche que le succès de la défense doit aussi beaucoup au soutien aérien, renforcé par l'allié russe, dont disposent les combattants de la Garde.

mardi 24 janvier 2017

Mourir pour le califat 69/Entre deux Etats : tribulations et gains-Wilayat Halab

Titre : Entre deux Etats : tribulations et gains

Durée : 27 minutes 24 secondes

Lieu(x) : les combats de la séquence 6 se déroulent sur la colline Sheikh Aqil à l'ouest d'al-Bab, et à l'hôpital. Même localisation pour la séquence 7 sur le butin.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : les combats de la séquence 4 correspondent à un reportage photo du 1er novembre, et d'autres plans à des reportages des 8 et 13 novembre. Certains combats de la séquence 6 correspondent à une vidéo Amaq du 22 décembre 2016 de même que les images du butin de la séquence 7.

Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque différents adversaires autour de la ville d’al-Bab.

Découpage (séquences) :

1 : 15''-1'16'', introduction.
2 : 1'16''-9'19'', références historiques, discours.
3 : 9'19''-11'49'', propagande.
4 : 11'49''-15'36'', combats contre les Kurdes
5 : 15'36''-19'08'', tirs de missiles antichars.
6 : 19'08''-23'11'', combats sur le front d'al-Bab.
7 : 23'11''-24'58'', butin.
8 : 24'58''-27’24’’, exécution d’un prisonnier.

dimanche 22 janvier 2017

Nicolas HENIN et Kyungeun PARK, Haytham, une jeunesse syrienne, Paris, Dargaud, 2016, 80 p.

Cette bande dessinée a été réalisée à partir du témoignage d'Haytham al-Aswad, un jeune Syrien qui a vécu le début de la révolution syrienne en 2011 aux premières loges, pour ainsi dire. L'histoire est racontée par Nicolas Hénin, journaliste, ancien otage de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), l'ancêtre de l'EI, en 2013-2014. Le dessin est dû au Coréen Kyungeun Park.

Le destin d'Haytham permet de revivre, comme une histoire vraie, le début de la révolution syrienne. Haytham est né à Deraa, là où tout a commencé. Bastion du parti Baath, Deraa compte pourtant, avant la révolution, des activistes anti-régime, comme le père d'Haytham, très actif à partir du "printemps de Damas", de courte durée, qui suit l'avènement au pouvoir de Bashar el-Assad en 2000. Haytham lui-même, passé par le moule d'endoctrinement de l'école, raconte comme il était grisé par les manifestations organisées par le régime. Le dégrisement vient par l'action des moukhabarat, les services de renseignement, qui éliminent les opposants ; l'occasion d'évoquer le sinistre bagne de Palmyre, ville que l'EI vient tout juste de reprendre au régime syrien en décembre dernier (qui l'avait lui-même reconquise, avec l'aide des Russes, à grand renfort de propagande, en mars 2016, après l'avoir perdue en mai 2015). On parle beaucoup, à raison, des monuments antiques de Palmyre dynamités par l'EI, mais beaucoup moins des tortures et exécutions commises dans la prison par le régime syrien sous Hafez puis Bachar el-Assad.




Le père d'Haytham est mis à l'écart de son travail d'enseignant en raison de ses opinions politiques. Au moment du printemps arabe en 2011, les moukhabarat ne lui cachent pas qu'il disparaîtrait s'il se montrait trop virulent. Le 27 février, 15 écoliers sont arrêtés par la sécurité politique d'Atef Najib, cousin de Bachar, pour avoir dessiné des graffitis anti-régime. Le 18 mars, les habitants de Deraa manifestent après avoir appris la mort des écoliers, torturés et exécutés. Le régime fait venir par hélicoptère des renforts qui tirent des gaz lacrymogènes, puis à balles réelles, sur la foule, tuant les premiers manifestants. Haytham accompagne son père aux manifestations suivantes. Ce dernier, menacé par les shabiha, doit entrer dans la clandestinité.

Haytham transpose le combat de son père à l'école. Mais le 24 avril, le régime syrien envoie l'armée pour encercler Deraa. La mère d'Haytham décide faire quitter la ville à sa famille. Comme le montre l'épisode de la sortie de la ville, certains soldats syriens répugnent à accomplir la tâche qui est la leur, contrairement aux moukhabarat qui vont de plus en plus encadrer la troupe pour s'assurer de l'efficacité du cordon. Le père d'Haytham finit par quitter la Syrie via la Jordanie pour continuer le combat en France. Haytham et sa famille, à leur tour, franchissent la frontière.

En France, Haytham découvre la liberté, les barres chocolatées, le libre accès à Internet, Paris. L'apprentissage du français n'est pas évident, mais Haytham fait son chemin, ne rencontrant que peu de réactions racistes (il évolue dans une classe FLE), parfois les gabegies administratives. C'est à Paris qu'Haytham rencontre les premiers journalistes qui vont écrire les premiers articles sur lui. Via Internet, Haytham reste en contact avec la famille demeurée en Syrie. Un de ses cousins, engagé parmi les rebelles, est tué au combat. Un autre fait partie du front al-Nosra, et a également péri. Un autre a été torturé, avant d'être relâché par les moukhabarat.

Le témoignage d'Haytham, scénarisé pour la bande dessinée, est sans aucun doute précieux, car il sonne vrai. Une façon de se rappeler que la révolution syrienne n'a pas commencé avec les djihadistes de l'EI, ou du front al-Nosra, mais bien avec des manifestants victimes de la répression militaire d'un régime prêt à tout pour s'accrocher au pouvoir.

mardi 17 janvier 2017

Citizen X (1995) de Chris Gerolmo

1982, URSS, près de Rostov-sur-le-Don. Un corps est retrouvé dans le champ d'une ferme collective. La fouille des bois voisins entraîne la découverte de 7 autres cadavres à des états variés de décomposition. Viktor Burakov (Stephen Rea), un expert médico-légal, est chargé de l'enquête. Face aux errements et aux menaces de la bureaucratie soviétique, incapable d'admettre l'existence d'un tueur en série en URSS, il sera aidé et protégé par le colonel Mikhail Fetisov (Donald Sutherland), qui dirige la milice de Rostov.

Le téléfilm s'inspire d'un livre de Robert Cullen, The Killer Department (1993), qui raconte l'histoire du tueur en série Andrei Chikatilo. Surnommé "le boucher de Rostov", Chikatilo a reconnu 56 crimes (la plupart, des enfants de moins de 17 ans) et a été jugé pour 52 d'entre eux, avec abus sexuel et mutilation des victimes. Il a commis la plupart de ses meurtres dans l'oblast de Rostov, d'où son surnom. Il commet son premier meurtre en 1978, mais ce n'est qu'en 1983 que Moscou envoie une équipe spéciale dirigée par le major (et non colonel comme cela est montré dans le téléfilm) Fetisov, qui dirige 10 enquêteurs dont Burakov qui mène l'investigation. En septembre 1984, Chikatilov est arrêté pour un comportement suspect à une station de bus mais il est relâché car l'analyse de sang ne correspond pas au sperme prélevé sur les victimes. Il se fait discret et ne commet pas de meurtre pendant près d'un an. Burakov demande ensuite une expertise à un psychiatre, Bukhanovsky, une première en URSS sur les tueurs en série : il la baptise "Citoyen X" (d'où le nom du téléfilm). Ce n'est qu'avec la glasnost et les prémices de la chute de l'URSS que l'affaire se dénoue. Les médias soviétiques communiquent davantage sur l'affaire. Burakov a remarqué que plusieurs des meurtres les plus récents ont eu lieu près des lignes de train de l'oblast de Rostov : il fait investir les gares les plus importantes par des policiers en uniforme et n'en laissent que 3 plus petites surveillés par des policiers en civil. Le 6 novembre 1990, après avoir commis un autre meurtre, Chikatilo attire l'attention d'un agent qui établit un rapport. Les enquêteurs, au vu du nom qui est déjà apparu pendant l'enquête, établissent une surveillance et l'arrêtent au bout d'une semaine, le 20 novembre. C'est Bukhanovsky, le psychiatre, qui parvient à obtenir ses aveux. Condamné à mort, il est exécuté le 14 février 1994 d'une balle dans la tête dans une cellule de la prison de Novocherkassk.

Le téléfilm prend quelques libertés avec les faits, mais vaut pour l'interprétation remarquable de Stephen Rea et de Donald Sutherland, avec un aspect quasi documentaire. La relation entre les deux personnages tient tout le film, tout comme l'idée de surmonter les blocages de la bureaucratie soviétique. Sans parler de petits bonus comme l'intervention de Max von Sydow dans le rôle du psychiatre. Tout est effroyablement humain dans le téléfilm, de Burakov, inspecteur qui craque face à l'absurdité de sa hiérarchie, jusqu'au tueur, un "monsieur tout le monde", et aux meurtres montrés, réalistes dans être gore. Et les décors de la Hongrie post-soviétique font également très authentiques.

lundi 16 janvier 2017

Absence radar (Coded Hostile ; Tailspin Behind the Korean Airliner Tragedy) de David Darlow (1989)

Le 1er septembre 1983, un Boeing 747 de la Korean Air Lines (KAL 007) est abattu par un chasseur soviétique Su-15 non loin de l'île de Sakhaline après avoir pénétré l'espace aérien de l'URSS. Le téléfilm de Granada Television expose les faits et se concentre sur le côté américain, notamment l'action des services de renseignement et la réaction politique à l'événement via le département d'Etat.

Le téléfilm est basé sur le livre de Seymour Hersh sorti quelques années après l'événement. L'hypothèse développée est que les Soviétiques ont paniqué en raison des nombreuses missions SIGINT effectuées par les avions-espions RC-135 dans le secteur, n'ont pas identifié l'appareil comme un avion-civil et ont tiré. Les services de renseignement américains l'avaient compris, mais les décideurs politiques ont néanmoins utilisé l'incident pour faire croire à un acte délibéré et affaiblir ainsi la position de l'URSS. Comme un autre sur le même sujet, le téléfilm a été tourné avant la fin de la guerre froide et les documents fournis depuis par la Russie. En 1993, une version mise à jour du téléfilm a été réalisée par Granada.

L'incident survient en pleine crise des Euromissiles, alors que le président américaine Reagan avance le projet IDS, et que la flotte américaine du Pacifique a mené des manoeuvres agressives au large des îles Kouriles. Le fait que les Soviétiques aient d'abord nié avoir abattu l'avion, puis aient livré certaines informations après la chute de l'URSS (encore que des éléments importants soient manquants), ont fait de ce drame un cas d'école des théories plus ou moins farfelues sur ce qui 'est passé ce jour-là. Pour l'époque, le téléfilm était assez bien réalisé, un ave côté quasi documentaire.

jeudi 12 janvier 2017

Mourir pour le califat 68/La victoire de la constance-Wilayat al-Jaizrah

Titre : La guerre de la constance.

Durée : 21 minutes 55 secondes.

Lieu(x) : la séquence 2 se déroulerait au sud de Tal Afar. Même localisation dans la séquence 3. La séquence 4 se déroulerait à l'ouest du village de Bilwana. La séquence 6 se déroulerait dans le village de Kharab Jahsh. La séquence 7 se déroulerait à l'ouest d'Al A'amodiya. La séquence 8 montrerait le village d'al-Shaara.

Date (sûre par recoupement ou estimée) : Les images de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 18 décembre. du La séquence 4 correspond à un reportage photo du 29 novembre dernier. La séquence 7 correspond à un reportage photo du 22 décembre. Les images de la séquence 9 remontent au 3 décembre. La vidéo a été mise en ligne le 10 janvier 2017, il y a un peu plus de 15 jours d'écart avec les opérations les plus récentes qui sont montrées.

Type de vidéo : c'est une vidéo de raids et de harcèlement, l'EI attaque les positions des miliciens chiites à l'ouest de Tal Afar.

Découpage (séquences) :

1 : 14''-56'', introduction.
2 : 56''-3'53'', combats au sud de Tal Afar.
3 : 3'53''-5'43'', combats au sud de Tal Afar.
4 : 5'43''-10'27'', combats à l'ouest de Bilwana.
5 : 10'27''-12'05'', tirs de missiles antichars et IED.
6 : 12'05''-15'26'', combats dans le village de Kharab Jahsh.
7 : 15'26''-17'44'', combats à l'ouest d'Al A'amodiya.
8 : 17'44''-20'25, le butin au village d'al-Shaara.
9 : 20'25''-21'55'', conclusion.